COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA LUCHA RELATIF A LA DETERIORATION DE LA SITUATION SECURITAIRE A L’EST DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Mise en ligne le 22 juillet, 22 à 07:03


Depuis près de 40 jours, la cité de Bunagana et plusieurs autres localités du territoire de Rutshuru au Nord Kivu sont sous occupation du M23, une rébellion défait à 2013 et dont on ne parlerait plus si Félix Tshisekedi n’avait pas assuré à ses membres l’impunité totale et la réintégration dans la gouvernance du pays. Un peu plus au Nord, les ADF et des CODECO poursuivent tranquillement et avec intensité la vague de massacres de grande ampleur ciblant des civils en territoire de Beni au Nord Kivu et dans une partie de la province de l’Ituri. Depuis plusieurs années, de pans entiers du territoire national sont contrôlés par des groupes armées à l’Est de la République Démocratique du Congo sans que les autorités Congolaises ne semblent saisir la gravité de la situation et n’agissent à la hauteur du danger.  

Au vu de la détérioration continue de la situation sécuritaire au pays, les autorités Congolaises ont semblé avoir finalement pris conscience de l’inefficacité de l’état de siège en écartant ce mois-ci le gouverneur militaire du Nord Kivu de la conduite des opérations militaires dans sa province. Mais plutôt que de lever carrément l’état de siège qui détourne l’armée de ses responsabilités régaliennes, les autorités Congolaises s’obstinent à maintenir en vigueur ce régime spéciale qui a largement montré ses limites. Au delà de l’insécurité qu’il peine à endiguer, l’état de siège a maintenu les provinces du Nord Kivu et de l’Ituri dans une gouvernance anarchique où les dirigeants militaires ne sont soumis à aucun contrôle et les voix critiques sont farouchement réprimées. A ces jours, 13 militants de notre mouvement sont détenus à Beni depuis Novembre 2021 et à Goma depuis Avril 2022 pour avoir dénoncé l’inefficacité de l’état de siège à rétablir la paix et la sécurité. 

Pire encore, dans le cadre du déploiement de la force régionale, les autorités Congolaises s’apprêtent à ouvrir les frontières de notre pays aux troupes des sept Etats de l’EAC alors qu’au moins trois d’entre eux, notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, sont impliqués depuis plus de deux décennies dans l’agression, le pillage et la déstabilisation de notre pays à travers des interventions directes de leurs armées ou des groupes armés agissant par procuration. Cette tendance à faire dépendre continuellement notre sécurité du bon vouloir des autres est une atteinte grave à notre souveraineté nationale et une humiliation à l’égard de nos forces armées qui, si elles sont reformées, assainies et soutenues, peuvent mieux protéger la nation que quiconque. 

La LUCHA constate avec regret que la situation sécuritaire se dégrade fortement à l’Est de la République Démocratique du Congo sans que les autorités Congolaises ne s’en émeuvent et mettent en œuvre des actions adéquates pour endiguer la violence armée. Nous sommes également préoccupées par la restriction croissante de l’espace civique ainsi que la gouvernance par la terreur et la prédation instaurée dans les provinces sous état de siège. Nous appelons les autorités Congolaises à sortir du mutisme en prenant de manière urgente les mesures suivantes pour rétablir la paix et la sécurité :   

  • Mettre immédiatement un terme à l’état de siège, à l’opération Shujaa de l’armée ougandaise et à toute éventuelle autre opération d’une armée étrangère sur le sol Congolais. A la place, il faudrait lancer des opérations militaires fortes en écartant les officiers, militaires et unités de l’armée soupçonnés de collision avec les groupes armés et en dotant l’armée des moyens financiers, logistiques et militaires conséquents ;  
  • Exiger le retrait immédiat de la MONUSCO qui s’est avéré inefficaces au fil des années et requérir du Conseil de Sécurité des nations unies pour son remplacement, le renforcement de la Brigade d’Intervention en troupes ainsi qu’en moyens logistiques, avec un commandement autonome, des règles d’engagement plus souples, des objectifs plus clairement énoncés et assortis d’un chronogramme fixe. 
  • Mettre en œuvre de toute urgence le Programme de Démobilisation, Désarmement, Réinsertion Communautaire et Stabilisation (PDDRCS) et lui doter d’un cadre légal et opérationnel plus approprié ainsi que d’un leadership consensuel et crédible en remplacement de l’ex-chef rebelle pro-Rwanda et pro-balkanisation, Tommy Tambwe.
  • Saisir les Nations-Unies en vue de la création urgente d’un tribunal pénal international pour la RDC ou tout autre mécanisme judiciaire équivalent pour juger les principaux auteurs Congolais et étrangers des crimes graves commis en RDC depuis 1990, assurer à toutes les victimes le droit à la vérité, aux compensations, aux réparations, à la mémoire et aux garanties de non-répétition. 
  • Faire de la réforme de nos forces de défense et de sécurité une priorité nationale absolue et tout mettre en œuvre tous les moyens légaux, politiques et financiers nécessaires pour avoir des forces de sécurité puissantes, véritablement professionnelles et apolitiques, capables de défendre notre territoire et ses citoyens contre toute menace intérieure ou extérieure. Nous réitérons notre proposition de la réduire d’au moins 30% les budgets de fonctionnement et de personnel politique des institutions de la République et allouer les ressources économisées à nos forces armées dans le cadre du récent projet de loi de programmation militaire. 
  • Libérer les opposants politiques et les activistes de la société civile arrêtées en raison de leurs opinions critiques vis-à-vis de la gouvernance du pays, veiller au respect des libertés publiques et s’assurer que le processus politique devant aboutir aux élections générales de 2023 soit ponctuel, transparent, démocratique et inclusif pour ne pas générer des nouveaux foyers des conflits. 

Chers compatriotes, comme nous avons pu le constater ces dernières années, notre mobilisation en tant que peuple est le seul rempart efficace contre les agresseurs externes et les prédateurs internes qui veulent la disparition de notre nation. Ainsi, nous appelons tous les Congolais à demeurer vigilant et mobiliser, chacun autant qu’il peut, pour défendre l’intégrité de notre pays et la dignité de notre peuple. Rappelons-nous que « sans la lutte, nous n’obtiendrons rien » comme le disait notre héros national Patrice Lumumba,

Fait à Goma, le 21 juillet 2022

Pour la LUCHA,

La cellule de communication


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