MANIFESTATION ce vendredi 9/10/2015 à ‪‎Goma‬ contre intervention Rwandaise

MANIFESTATION ce vendredi 9/10/2015 à ‪#‎Goma‬ contre intervention Rwandaise en RDC.

Lisez notre déclaration ci-dessous.

Rappel : La manifestation pacifique se tiendra devant le quartier général de la Monusco à Goma (vers le lac, où opère Radio Okapi) à partir de 8h30. Rejoignez une jeunesse qui refuse de subir l’histoire de son pays, mais est déterminée à en être un acteur incontournable ! L’avenir de notre pays s’écrit maintenant, unissons-nos forces pour l’écrire ensemble, par nous-mêmes !

Besoin de contact ? Nos coordonnées se trouvent ci-dessous.

Photo : le Général James Kabarebe, ancien Chef d’Etat-major de l’armée rwandaise et actuel ministre de la défense du Rwanda. Responsable de multiples crimes graves sur le sol Congolais.

Téléchargez cette déclaration en PDF ici : https://drive.google.com/…/0B0r114rrPo25RlVqeUttdS13d…/view…

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DECLARATION n°45/102015

La problématique des FDLR et des réfugiés Hutu rwandais ne sera jamais résolue par des armes.

Général James Kabarebe1 – Notre mouvement citoyen suit avec beaucoup d’inquiétude les allégations persistantes depuis plusieurs semaines d’une possible nouvelle incursion de l’armée rwandaise sur le sol Congolais, avec l’accord voire à l’invitation du gouvernement Congolais. Nous avons recueilli plusieurs témoignages dans ce sens de paysans et d’autorités locales de plusieurs villages des territoires de Nyiragongo, Rutshuru et Masisi. D’expérience, nous savons que ce ne serait pas la première fois, et que les raisons avancées toutes les fois précédentes pour justifier une intervention de l’armée rwandaise sur le sol congolais demeurent quasi intactes, tout comme la facilité avec laquelle elle a pu intervenir par le passé, avec ou sans l’accord du gouvernement congolais.

2 – Ces allégations sont renforcées par la circonstance des déclarations et des résolutions signées à Kigali le 23 et le 24 septembre dernier, lors de la réunion des ministres Congolais et Rwandais de la défense, avec le concours des services des renseignements militaires respectifs des deux pays. Dans ces résolutions, les deux gouvernements affirment vouloir « renforcer la collaboration militaire » pour résoudre le problème des FDLR. Non seulement les modalités de cette collaboration sont inconnues, mais les Congolais, et les habitants du Nord-Kivu en particulier, ont fraîchement en mémoire les atrocités dont ils ont été les premières victimes lors des « opérations conjointes Umoja wetu » de 2009, qui ont causé plus de tort aux civils congolais qu’aux FDLR qu’elles étaient censées cibler.

3 – Nous voulons réaffirmer ici, de manière solennelle, à l’intention autorités de la RDC, des organisations de la sous-région et de la « communauté internationale » notre ferme opposition à toute nouvelle intervention de l’armée rwandaise sur le sol congolais, sous quelque prétexte que ce soit ; par quelque résolution que ce soit. La population du Nord-Kivu s’y opposerait par tous les moyens légitimes !

4 – Nous demandons à la CIRGL et à la MONUSCO, conformément à leurs mandats respectifs, d’enquêter sérieusement et immédiatement sur ces allégations persistantes de présence de l’armée rwandaise sur le sol congolais, en associant les autorités et la société civile congolaises, et de rendre public leurs conclusions.

5 – Le problème FDLR ne sera jamais résolu par les armes. Il faut qu’il y ait pour les FDLR, comme pour tous les autres groupes armés et rébellions, des alternatives crédibles à la traque armée. Les combattants et les réfugiés Hutu rwandais sont des êtres humains à part entière, qui ont le droit d’avoir des aspirations politiques dans leur pays. Penser que le fait pour le gouvernement rwandais de se déclarer toujours « prêt à les accueillir » et à « leur assurer une intégration socio-économique réussie » n’est pas seulement irresponsable, c’est une insulte à leur humanité. C’est comme leur dire : « allez chez vous, oubliez votre doit d’opinion, d’expression, d’association, … et contentez-vous de planter vos champs et de manger à votre faim ». Encore que même cela est relatif ! La « communauté internationale » doit absolument peser de tout son poids – et elle en a les moyens – auprès des autorités rwandaises pour qu’elles garantissent au minimum l’ouverture de l’espace politique, l’équité de la justice et le respect des droits fondamentaux, notamment les droits civils et politiques. C’est à cette seule condition que l’on pourra dire aux réfugiés rwandais qu’ils peuvent retourner dans leur pays sans crainte et à y exister politiquement pour ceux qui le souhaitent et à qui la justice n’a objectivement rien à reprocher.

6 – D’autres options pour les réfugiés rwandais et les combattants FDLR ayant déposé les armes (et à qui la justice ne reproche rien objectivement) existent et pourront être explorées. Mais le point de départ doit être la démarche énoncée ci-haut. La « communauté internationale » et toutes les parties impliquées doivent choisir entre le courage d’oser la seule solution durable, le péril de la résignation et l’irresponsabilité des demi-solutions. De leur choix dépendra la fin réelle et durable des violences récurrentes à l’Est de la RDC, où la présence des FDLR et des réfugiés rwandais est, à n’en pas douter, un considérable catalyseur.

Fait à Goma, le 08 octobre 2015.
Pour la LUCHA,
Ghislain Muhiwa,
Militant.

Notre déclaration citoyenne

Retour sur le meeting de « soutien à Joseph Kabila » ce mercredi à ‪#‎Goma‬ : Notre déclaration citoyenne.

A l’instar des manifestations organisées dans tout le pays depuis la fronde du « G7 », le gouverneur du Nord-Kivu, Monsieur Julien Paluku Kahongya, a organisé ce mercredi 7 octobre 2015 un « meeting populaire de soutien à Joseph Kabila ».

Après une marche de quelque 4km depuis l’aéroport de Goma, le gouverneur s’est adressé pendant deux heures à quelque 2.000 sympathisants et autres curieux rassemblés sur la voie publique sur la Place de la République (ex Esplanade de l’ONC), en plein centre-ville de Goma. Le meeting s’est terminé vers 13 heures locale.

Principales observations :

1. Grave abus d’autorité :

A travers des communiqués diffusés à la radio publique et sur d’autres médias privés de la place, la Mairie de Goma et le service du Protocole d’Etat (cabinet du gouverneur) ont exigé la fermeture de tous les marchés, commerces, services publics, entreprises et établissements publics, banques, etc. « jusqu’à la fin du meeting du gouverneur ». S’il est légitime pour le gouverneur, comme tout citoyen, de soutenir qui il veut, comme il veut, et de le manifester publiquement, il est par contre inadmissible d’user de sa position et des moyens de l’Etat dans cette démarche privée et partisane. En l’occurrence, le gouverneur Julien Paluku n’aurait pas dû recourir aux moyens de l’Etat (y compris les agents et fonctionnaires de l’Etat qui ont été enjoints de fermer leurs services pour aller l’attendre à l’aéroport depuis le matin, et ensuite participer à son meeting). Le gouverneur n’avait aucun droit d’ordonner ou faire ordonner la fermeture des activités privées et des marchés publics afin d’aller participer au meeting de son camp politique. C’est non seulement une violation grave du principe de la neutralité politique de l’administration publique, mais aussi une atteinte aux droits reconnus aux particuliers et une négation de la liberté d’opinion. Cela rappelle les tristes décennies du Parti-Etat et de la pensée unique.

2. Gaspillage des ressources de l’Etat et manques à gagner :

Toute cette mobilisation coûte de l’argent, et de l’argent du Trésor Public, alors que la province et le pays font face à de multiples problèmes et vivent sous perfusion internationale sur pratiquement tous les plans. Le projet de budget de l’Etat congolais pour 2016 est estimé à 8 milliards de dollar américain, soit autant que le budget annuel d’une seule université américaine ! Quant aux commerçants et autres « débrouillards » forcés de stopper leurs activités, leur manque à gagner est énorme. Ce qui implique là encore un manque à gagner pour l’Etat en termes de taxes et redevances sur les activités économiques. Tout cela pour une réunion partisane d’un camp politique !

3. Deux poids deux mesures :

Les rassemblements et manifestations pacifiques des organisations de la société civile comme notre mouvement citoyen ou encore ceux des partis d’opposition sont constamment « interdits » ou réprimés par les autorités. Celles-ci prétextent toujours des « raisons de sécurité » ou « l’ordre public ». En réalité, elles ne tolèrent pas, ou très rarement, toute opinion différente de la leur ni toute voix critique, et utilisent tous les moyens à leur disposition pour les étouffer ou les réprimer. Mais là, comme il s’agissait d’une manifestation de la coalition au pouvoir, qui défend une certaine idée à sa convenance, la police et les services de sécurité étaient tous en alerte maximum pour assurer un déroulement sans faute du meeting. Ils ont même fermé des voies entières à la circulation.

4. Une mobilisation très faible malgré tout :

En dépit de toutes les pressions exercées par les autorités et les services de sécurité sur la population ; en dépit des offres d’argent, de cadeaux, de transports gratuits pour inciter les gens à venir participer à la manifestation, il n’y avait que quelque mille cinq-cents personnes à ce meeting. Parmi eux des centaines de badauds payés pour tenir les drapeaux des partis politiques et donner une impression de « masse », et des simples curieux. Une présence remarquée, tout de même : une délégation et des drapeaux du CNDP (Congrès national pour la Défense du Peuple), la funeste rébellion, ancêtre du M23. Ces deux rébellions ont, dans un passé très récent, endeuillé la province du Nord-Kivu, et leurs actions étaient présentées par Julien Paluku comme la raison principale de la non-tenue des promesses électorales de Joseph Kabila et sa « majorité » à la population congolaise.

5. Un discours purement politicien et irresponsable :

Le discours du gouverneur Julien Paluku, comme les autres membres de la « majorité » qui ont pris la parole, n’a consisté qu’en des accusations et des insultes contre les membres du « G7 », ainsi qu’en des louanges envers le président Joseph Kabila qui serait un « grand patriote qui a refusé la balkanisation du pays », un « grand démocrate qui a permis l’organisation d’élections dont les opposants se prévalent aujourd’hui », etc. Alors que des bombardements des hélicoptères de la Monusco près de Pinga (territoire de Walikale, Nord-Kivu) ont fait lundi et mardi plusieurs victimes parmi la population civile, aucun mot pour elles. Aucun mot non plus pour les compatriotes de Beni massacrés sauvagement et continuellement depuis un an déjà, sans que les responsables de ces massacres soient clairement identifiés, traqués, et empêchés de poursuivre leur sale besogne. Aucun mot sur la psychose en cours dans plusieurs parties de la province, à la suite d’allégations persistantes d’une possible nouvelle invasion de l’armée rwandaise sur le sol Congolais, avec la bénédiction du gouvernement. Aucun mot sur l’insécurité récurrente à Goma qui fait chaque nuit de nouvelles victimes, ou encore sur les problèmes d’eau, d’électricité, de routes de la province, etc. Enfin, aucun mot concret pour ce « messager du président de la République » pour rassurer la population de la tenue effective d’élections transparentes dans le respect des délais constitutionnels, et sans Joseph Kabila qui est à la fin de son dernier mandat constitutionnel. Un signe non seulement de mépris pour ses administrés, mais aussi et surtout une preuve d’inconséquence et d’irresponsabilité.

Au regard de tout ce qui précède, nous :

1. Dénonçons la dérive autoritaire digne des régimes de parti et de pensée uniques, et demandons au gouverneur ainsi qu’aux autres autorités à tous les niveaux (y compris au niveau national) de mettre fin à de tels agissements anti-démocratiques, surtout en cette période pré-électorale.

2. Félicitons la population de Goma pour sa maturité et son comportement digne, et l’encourageons à continuer à être première garante de ses droits et libertés si méprisés par les politiciens.

3. Constatons que les « soutiens » à Joseph Kabila exprimés jusqu’ici tentent d’opposer la loyauté à sa personne à une loyauté supérieure et non-exclusive à la constitution de la République. A notre connaissance (et loin de nous l’intention de prendre fait et cause pour eux), les membres du G7 et Monsieur Moïse Katumbi ont juste demandé des garanties que le président Kabila respectera la constitution, et dénoncé un certain nombre de faits faisant croire qu’il existe une stratégie de réviser ou de ne pas respecter la constitution. Leurs inquiétudes, partagées par un grand nombre de Congolais, mériteraient des réponses sans ambiguïté, plutôt que des exclusions et des attaques.

4. Regrettons le gaspillage des ressources de l’Etat et la corruption qui l’accompagne, au nom d’intérêts partisans et égoïstes, alors que le pays a besoin de faire des économies pour notamment financer ses élections.

5. Exhortons le président Joseph Kabila, « garant de la Constitution », à honorer son serment en mettant un terme à toutes ces dérives faites pour et en son nom, et en assurant publiquement le Peuple Congolais de sa détermination de quitter pacifiquement et à temps le pouvoir. Ca ne lui coûte rien de s’exprimer solennellement et clairement. Par contre son silence et ses demi-mots risquent de coûter trop cher à cette Nation, qui a déjà payé un lourd tribut pour s’aligner sur le rail encore fragile de la démocratie.

Fait à Goma le 7 octobre 2015.

Pour la LUCHA,
Parfait Muhani et Phoïbe Kahambu
Militants.

Notre manifestation de ce lundi

Notre manifestation de ce lundi est terminée. Aucun incident signalé. La police déployée sur le lieu n’est pas intervenue comme à son habitude pour intimider, agresser ou arrêter. Et nous-mêmes, comme à notre habitude, nous avons manifesté pacifiquement, dans le respect de l’ordre public, et avec beaucoup de dignité. Nos messages étaient on ne peut plus clairs :
1. Il faut un processus électoral régulier (respectueux des délais constitutionnels) et démocratique, ainsi qu’une alternance politique apaisée en 2016 pour garantir la consolidation de cette paix que notre peuple veut de tous ses vœux.
2. Il faut mettre fin aux massacres de nos compatriotes dans la région de Beni, ainsi qu’on phénomène de kidnappings qui est apparu au Nord-Kivu, en démantelant tous les groupes armés et les réseaux criminels qui opèrent jusqu’ici en toute impunité. La MONUSCO, qui ne fait rien depuis une année, doit jouer le rôle défini dans son mandat.

3. Il faut libérer nos camarades Fred Bauma et Yves Makwambala, qui sont à leur septième mois de détention arbitraire et injustifiée à Kinshasa, et assurer le libre exercice des droits et libertés publiques à tous les Congolais, dans la diversité de leurs idées et leurs opinions. Il est inacceptable que le système judiciaire se soit aussi mué en un instrument de répression des citoyens, alors qu’il devait être leur dernier rempart contre l’injustice et l’arbitraire.Merci à toutes celles et tous ceux qui ont répondu très nombreux à notre appel en se joignant à la manifestation pacifique. La lutte continue !

2015 09 21 Lucha 2

Légende photo : Quelques militantes et militants de la Lucha ce matin, lors d’une concertation après la manifestation place de la République (ex esplanade de l’ONC) à Goma. Les photos de la manifestation proprement dite vont suivre.