Déclaration sur la situation au Burkina Faso

Une dizaine de mouvements citoyens africains, dont la @LuchaRDC, se prononcent sur la situation au Burkina.

Notre communiqué conjoint ici :

NON A UNE TRANSITITON AU BURKINA AVEC LE PUTSCHISTE DIENDERE

Les mouvements citoyens africains signataires du présent communiqué suivent avec une attention soutenue les développements de l’actualité politique au Burkina Faso avec la tentative de coup d’état en cours.

Nous sommes particulièrement préoccupés et indignés par les arrestations et les agressions des dirigeants de la société civile mais également le saccage de leurs biens.

Ces actions extrêmement brutales et ciblées, démontrent clairement la volonté délibérée des putschistes d’intimider et de museler les citoyens, en s’attaquant à ces symboles de la lutte du peuple burkinabè pour la Libération et la

Construction d’un avenir meilleur.

Nous condamnons ces pratiques antidémocratiques avec la dernière énergie.

En octobre 2014, le peuple burkinabè nous a inspiré par sa mobilisation citoyenne pour le respect du pacte républicain du Burkina-Faso. Depuis, il n’a cessé de se montrer solidaire envers toutes les luttes africaines pour la liberté, la dignité et le respect des peuples.

Au rang des victimes de l’infamie de ce combat d’arrière-garde, anachronique, perpétré par un corps militaire perdu et dévoyé, se trouvent nos frères du mouvement « BALAI CITOYEN ».

Par ce communiqué nous voulons assurer ces frères de lutte, ainsi que tout le peuple-citoyen burkinabè, que la jeunesse africaine leur est solidaire, soutient leur mobilisation héroïque et les encourage à tenir bon pour redonner à la voix du peuple son poids et sa valeur.

Avec le peuple burkinabè nous rejetons l’idée en cours aujourd’hui d’une participation du Général putschiste Diendéré aux institutions de la transition. Il est inacceptable de récompenser les assassins de la démocratie.

La CEDEAO ne peut pas faire moins que l’Union africaine. Nous attendons d’elle qu’elle rétablisse les autorités du Conseil National de Transition. Sa responsabilité est engagée devant l’histoire.

Dans la droite ligne de notre « Déclaration de Ouagadougou », nous, mouvements citoyens africains frères mettons en commun nos forces afin de mener des actions communes en soutien à nos frères du Burkina Faso.

Notre nombre est notre force.

La lutte continue. Nous vaincrons.

Organisations signataires :

Y’en a Marre (Sénégal)

Filimbi (RDC)

Lucha (RDC)

Jeunes et Forts (Cameroun)

Wakat info/RCI (Thinking Africa)

Asrafo Records (Togo)

Tournons la page et ça suffit (Gabon)

Les Sofas (Mali)

2015 09 21 Lucha 2

RDC: Une trentaine de personnalités du monde entier signent une lettre ouverte demandant la libération de deux jeunes militants détenus à Kinshasa depuis plus de trois mois

A qui de droit

Libérez Fred Bauma et Yves Makwambala.

Ne laissez pas mourir les aspirations démocratiques de la jeunesse congolaise

Le 15 mars 2015, Fred Bauma et Yves Makwambala ont été arrêtés à Kinshasa. Ils appartiennent aux mouvements citoyens La Lucha (Fred) et Filimbi (Yves). Ces deux mouvements de jeunes mettent la bonne gouvernance au centre de leur action et souhaitent conscientiser la population sur les droits et les obligations de toutes les parties concernées dans une démocratie. Ils exigent des autorités qu’elles disent ce qu’elles font et fassent ce qu’elles disent. Ils encouragent la population à exiger ses droits. Ils mettent la redevabilité au centre et ils utilisent leur propre génération comme levier : une jeunesse qui est démographiquement importante mais qui est marginalisée dans le processus démocratique.
Le crime de Fred et Yves : se réunir avec une trentaine d’activistes pro-démocratie venus de différents pays d’Afrique pour un échange d’expériences sur le thème « Jeunesse et Citoyenneté ». La réunion avait pourtant été autorisée par les services étatiques compétents et bénéficiait du soutien de l’ETATS-UNISID, l’agence de développement américaine.
Aujourd’hui, plus de trois mois plus tard, Fred et Yves sont toujours en prison. Ils ont été transférés à la prison centrale de Makala à Kinshasa début mai, après avoir passé presque deux mois au secret dans des cachots de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Durant cette période ils ne purent être visités par leurs avocats.


Leur procès s’est finalement ouvert le 26 juin. Ils sont inculpés d’appartenance à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens ; d’avoir comploté contre la vie ou contre la personne du Chef de l’Etat ; et d’avoir tenté de détruire ou de changer le régime constitutionnel, ou d’avoir incité des personnes à s’armer contre l’autorité de l’Etat. Les autorités ont aussi accusé Fred d’avoir troublé l’ordre public, et Yves d’avoir publiquement offensé le chef de l’Etat.
Fred et Yves n’ont jamais comploté contre le président en place. Ils n’ont trahi personne, et certainement pas la nation congolaise, à laquelle ils sont profondément attachés. Fred et Yves sont des jeunes congolais engagés pour une citoyenneté active. Comme nous, ils sont profondément attachés aux valeurs démocratiques. Ils symbolisent les espoirs de changement vers plus de paix, de démocratie et de développement en RDC.
A ce titre, nous, citoyens congolais et non-congolais qui tenons la démocratie en RDC au coeur, considérons leur détention comme arbitraire, injuste et indigne. Elle constitue une violation grave de la liberté d’expression, d’association et de réunion prônée par la constitution de la RDC et la déclaration universelle des droits de l’homme dont la RDC est signataire. Nous soutenons dès lors l’Assemblée nationale de la RD Congo qui, selon des membres du parlement qui ont assisté au débat sur la question, a recommandé une « solution politique » pour libérer ces deux activistes. Nous demandons ainsi que Fred et Yves soient immédiatement libérés, sous aucune condition, et qu’ils soient autorisés à continuer leurs activités civiques dans le cadre de leur mouvement respectif, sans être inquiétés.

Signataires :
1. Arnaud Zacharie, Secrétaire Général du Centre National de Coopération au Développement (CNCD-11.11.11) – Belgique
2. Bart Staes, Eurodéputé – Belgique
3. Bob Kazadi Kabamba, Professeur à l’Université de Liège (ULG) – RDCongo
4. Christiane Kayser, Consultante internationale spécialisé dans la Région des Grands Lacs – Allemagne
5. Christoph Vogel, Chercheur spécialisé dans la Région des Grands Lacs – Allemagne
6. Claudy Siar, Journaliste et panafricaniste – France
7. Clément Boursin, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, ACAT/France – France
8. David Van Reybrouck, Chercheur et écrivain, auteur du livre « Congo une Histoire » – Belgique
9. Devon Curtis, Professeur en Politique Internationale à Cambridge University – Royaume Uni
10. Dirk Van der Maelen, Parlementaire Belge – Belgique
11. Dominic Johnson, Journaliste – Allemagne
12. Elizabeth Barad, New York City Bar Association – Etats-Unis
13. Emanuela Baio Dossi, Sénatrice italienne, Membre de la Commission spéciale pour la protection et la promotion des droits de l’homme – Italie
14. Flaubert Djateng, Coordonateur de Zenü Network – Cameroun
15. Herbert Weiss, Professeur émérite à la City University of New York – Etats-Unis
16. Isabelle Durant, Députée bruxelloise – Belgique
17. Jason Stearns, Chercheur et écrivain, Directeur du Programme Oussalama – Etats-Unis
18. Jean Claude Willame, Professeur et écrivain, Spécialiste de l’Afrique centrale – Belgique
19. Juvénal Munubo Mubi, Député national RDCongo – RDCongo
20. Kris Berwouts, Consultant et analyste indépendant sur la sécurité, les conflits et la démocratie en Afrique Centrale – Belgique
21. Letieia de Torre, Parlementaire italienne, Chambre des députés – Italie
22. Mark Demesmaeker, Eurodéputé – Belgique
23. Maria Pia Garavaglia, Sénatrice italienne – Italie
24. Micheline Mwendike Kamate, Militante de la LUCHA – RDCongo
25. Muhindo Butondo Nzangi, Député National RDCongo – RDCongo
26. Mvemba Phezo Dizolele, Ecrivain, analyste sur la politique internationale et journaliste indépendant, professeur à John Hopkins University SAIS de Washington DC – RDCongo
27. Paul Higate, Professeur à Bristol University – Royaume Uni
28. Paul Kirby, Professeur à Sussex University – Royaume Uni
29. Philippe Hensmans, Directeur de Amnesty International Belgique – Belgique
30. Philippe Lamberts, Eurodéputé – Belgique
31. Sabine de Bethune, Sénatrice et ex-présidente du Sénat belge – Belgique
32. Sharath Srinivasan, Directeur du Centre de Gouvernance et de Droits de l’Homme à Cambridge University – Royaume Uni
33. Teresio Delfino, Ancien Député, Sénateur et Ministre italien – Italie

 

 

234 organisations exigent la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala

15 Juin 2015.

234 organisations (dont 14 organisations internationales et 220 organisations Congolaises) ont exigé la libération de nos camarades Fred Bauma et Yves Makwambala, celle de tous les autres activistes de la société civile et acteurs politiques détenus sans motif valable, ainsi que le respect de la liberté d’expression, d’opinion et de rassemblements pacifiques à la veille des élections.

Le 15 juin 2015 marquait 3 mois, jour pour jour, depuis que Fred et Yves ont été arrêtés et détenus d’abord au secret à l’ANR, et ensuite à la prison de Makala à Kinshasa. Samedi 13 juin, le Parlement a adopté une Résolution appelant à une « solution politique » pour leur libération pure et simple, après avoir constaté que cette affaire n’avait rien de judiciaire. Les organisateurs de l’atelier ont tous été libérés, d’autres ont dû s’exiler.

Merci à toutes ces organisations pour leur inestimable soutien. La justice doit triompher !


Lire la déclaration de ces organisations en Français ici, et en Anglais ici.