Notre analyse

NOTRE ANALYSE

Le problème de notre pays, la RDC n’est ni Kabila, ni Kagame, il est plus complexe que s’il n’était que ces deux hommes. Voici en quelques lignes comment nous synthetisons  :

Etat Congolais

Loin de sa définition académique, l’Etat congolais est particulier. Ses composantes, institution, territoire et population, qui lui donneraient sa valeur et ses fonctions, s’infectent les unes aux autres. Les textes légaux sont méprisés par ceux les régissent et transgressés par ceux qui doivent veuiller en leurs applications. D’où la faiblesse totale des institutions, qui par ailleurs ne fonctionnent pas de la manière sur toute l’étendu du pays. Loin des sièges administratifs urbains, différents groupes des personnes prêtres, hommes armés, pasteurs, rois … contrôlent des vastes territoires avec leurs lois et leurs pouvoirs. Les frontières héritées de la colonisation sont bousculées par les intérêts économiques régionaux.

De l’autre coté, les populations bantus, pygmées, nilotiques, soudanaises se prennent en charge pour survivre face à un Etat qui ne remplit pas ses fonctions régaliennes de défense de l’intégralité du territoire, de protection des citoyens et leurs biens, de redistribution des richesses, de garantie pour la justice équitable pour tous et pour une meilleure qualité de vie.

Les politiciens qui, pour la plupart, ont accédé au pouvoir par la violence, la corruption ou des négociations déséquilibrés s’occupent de leurs intérêts personnels. Les administratifs qui devraient fournir des services publics exaucent les désirs sentimentaux de leurs hiérarchies afin de garder leurs postes.

Aujourd’hui, en 2014, nous sommes bien loin des causes cette faiblesse de l’Etat ou de ses premières conséquences. Nous sommes enfermés dans les complexes problèmes et leurs conséquences.

La sécurité et la défense

L’histoire des services de sécurité congolaise est parsemée des événements inaccoutumés qui font de l’armée et de la police congolaise actuelle ce qu’elles sont : désordonnées, fragmentées, illogiques et par conséquent inefficaces. L’armée et la police ont été des outils au service des pouvoirs politiques. Ils ont servi les esclavagistes, les colonisateurs, les dictateurs et plus récemment elles sont devenues un consortium composite des groupes et individus armés qu’on appelle, selon les temps et les circonstances, « Forces Armées de la République Démocratique du Congo. » ou « police nationale congolaise».

L’éducation et la santé

Dans le secteur de l’éducation, l’Etat est démissionnaire. Les frais scolaires de l’école primaire, secondaire et professionnelle ainsi que les frais académiques pour l’université sont couverts par ceux qui en bénéficient. Les manuels actualisés sont indisponibles ou inexistants. Les pauvres, pourtant majoritaires, sont voués à l’analphabétisme

Dans la santé, les infirmiers, les médecins et autres professionnels, pour la plupart, sous éduqués mal payés ou impayés prestent dans les structures de santé sous équipées. Ainsi les taux de mortalité sont très élevés, particulièrement ceux infantiles et maternels.

Selon la banque mondiale, La RDC se classe avant-dernier sur l’indice de développement humain (186 sur 187 pays), et son revenu par habitant est parmi les plus bas dans le monde. http://www.worldbank.org/en/country/drc/overview

Justice sociale et justice juridique

L’appareil judiciaire est quant à elle, politisée, donnant raison aux plus influents. Les prestataires s’enrichissent sur le dos des plaignants et des prévenus coupables. L’impunité est souvent la règle alors que la sanction est une exception. Ainsi les cas de justices populaires,  avec le recours à des fortes violences sont fréquents.

Les droits des citoyens sont bafoués. L’accès aux besoins primaires de base est pénible. L’eau potable, l’électricité ou un repas journalier minimal de subsistance sont difficilement accessibles. A cela s’ajoute les moyens de transport et communication très difficile pour se déplacer sur une circonférence de plus de 2,3 millions km2.

Les défenseurs et militants de droit de l’homme sont la cible des  différents types des malfaiteurs actifs dans les FARDC, les groupes armés rebelles, la police, la politique ou le business.

 Economie

Dans un monde ouvert, où les intérêts économiques sont ceux qui régissent les amitiés entre individus ou Etats, où les échanges commerciaux sont facilités par des nouvelles technologies qui ne cessent de se moderniser, le rôle de l’Etat devrait être primordial.

Malencontreusement, l’Etat congolais joue un rôle moins positif. Les tracasseries légitimées dans les institutions étatiques compliquent et bloquent la créativité des jeunes entrepreneurs, dissuadent les potentiels investisseurs et favorisent une évasion et une fraude fiscale faisant perdre à l’Etat d’énormes sommes d’argent au profit des quelques personnes « agent de l’Etat ». Ainsi, de plus en plus d’employés de directions dans les entreprises étatiques ou des ministères sont plus riches que les institutions qu’ils dirigent.

Dans le secteur des ressources naturelles, c’est dramatique, on se limite à l’extraction des matières non renouvelables, on l’exporte en partie par la fraude et quelques compensations sont donnés à ceux qui sont censés récoltés les taxes. L’agriculture et l’élevage sont extensifs et souffrent des mauvais états de routes et de l’absence d’un accompagnement adéquat.

Dans tous les cas, la corruption, les injustices, les fraudes et divers inégalités scandaleuses sont tolérées, entretenues, expliquées et comprises. Un système de prédation qui enfonce les pauvres aux extrémités de la survie et les nantis dans la peur pour leurs vies.

Le secteur privé et informel

On voit par ailleurs le secteur informel florissant, il est celui qui encadre des millions des « chômeurs » déguisés en employés et employeurs sans contrats et sans droits. Il est fondamental dans une économie où les emplois formels sont difficilement accessibles.

Et un secteur privé dans lequel quelques « téméraires » nationaux et étrangers risquent leurs fonds pour répondre aux multiples attentes d’une population oubliée par l’Etat.

 La communauté internationale dans tout ça !

Par souci d’empathie, pitié, positionnement stratégique ou simplement des transactions économiques sur les fonds d’aide « humanitaire » il y a de plus en plus des personnes, des institutions, des pays qui interviennent en RDC  sans un but lucratif.  Leurs priorités sont divers et vont des actions d’urgence comme la distribution des  nourritures, jusqu’au aux thématiques les plus complexes comme ceux liés à la sécurité ou au développement intégral.

La communauté internationale mal définie et mal comprise par les congolais a su construire un vrai système parallèle à l’Etat, financièrement et diplomatique plus fort que lui. Elle intervient essentiellement là où l’Etat a échoué, et prétentieusement, elle le déresponsabilise davantage. Pourtant, l’Etat congolais malade et la confuse communauté internationale sont des partenaires stratégiques. Ensemble ils gèrent les problèmes. Ils se soutiennent mutuellement pour maintenir leurs hégémonies ou se désolidarisent momentanément pour distraire un peuple qui meurt de soif du voir autre chose que des jeux hypocrites.

Les congolais n’ont d’autres choix que de se battre

La liste des rois et des héros qui se sont opposés aux systèmes d’oppressions est longue  quand on se fie à la tradition orale véhiculée par les devinettes, les comptes, les chants et les danses de différentes tribus congolaises. L’histoire écrite ne parle brièvement que de Simon Kimbangu et de Patrice Emery Lumumba. Pourtant les congolais sont des combattants. Actuellement, plus que jamais, les batailles sont inévitables.

  1. Ceux qui se battent pour le pouvoir et les richesses. Ils utilisent l’oppression pour avoir plus de richesse et du pouvoir et les conserver le plus longtemps possible. Ils sont souvent des politiciens, des militaires, quelques hommes d’affaires et leurs suiveurs.
  2. Ceux qui se battent pour la survie : Ils inventent quotidiennement des mécanismes contre la mort. Ils sont les déplacés de guerre, les pieux dans les églises, des pauvres citoyens soumis à l’oppression, les traumatisés qui sombrent dans le cynisme, le pessimisme ou le désespoir sans pour autant se suicider. Ils sont majoritaires,
  3. Ceux qui se battent pour le Changement. Ils se lèvent pour dénoncer, critiquer, proposer et agir pour réaliser le rêve d’un Nouveau Congo. Ils sont encore minoritaire, ils sont partager partout dans le système politique, économique et social. Nombreux parmi eux sont regroupé au sein du mouvement LUCHA

 La cause profonde de la crise congolaise : Le cercle vicieux à briser

Longtemps, on s’est posé la question sur les causes profondes du problème et on est perdu dans les descriptions, les énumérations des conséquences, les analyses et les échecs des réponses. On tourne en rond dans les critiques et la recherche des boucs émissaires.

Pour le cas spécifique du pouvoir politique. Hier c’était la chasse contre le blanc belge ensuite contre le dictateur Mobutu, aujourd’hui, on court derrière son Joseph Kabila. Pourtant le système d’oppression qu’ils ont représenté, personne ne l’a combattu. Nos problèmes quotidiens on ne les a jamais adressés.

  • Soit on se contente d’accuser les autres d’être à la base du malheur du Congo : « c’est la faute aux grandes puissances étrangères, aux occidentaux », « ils veulent morceler notre pays pour mieux l’exploiter » ;
  • Soit on s’accommode aux vices contre lesquels on devrait se battre : l’assimilation de la corruption, du vice et de la bassesse « puisque tout le monde en use » ou « tant qu’on en profite »  « Article 15 – Débrouillons-nous ! » ;  la recherche inconsidérée et égoïste d’un « droit au chapitre »;
  • Soit on se résigne,  tout en jugeant inacceptable la situation, les résignés sont convaincus qu’ils n’y sont pour rien. Qu’un jour le changement viendra « si Dieu le veut », que « le Congo est maudit » et qu’ils en sont les victimes, que « la situation ne changera pas de toutes façons », … Ceux-ci s’estiment impuissants ou attendent naïvement que se produise un miracle salutaire, qu’ « un autre » apporte le changement et pas eux-mêmes.
  • Soit on se sauve, fuir, essayer de trouver mieux à l’étranger, là où ça semble marcher. D’où la problématique des immigrés congolais même là on les imaginerait le moins (En République du Congo, en Angola, au Danemark, au Brésil, en Indonésie, aux Etats Unis, en Inde, en Australie,…)

La solution viendra du peuple

Elle est celle d’imposer un nouveau système qui prend en compte les problèmes du peuple congolais avec sérieux. Une seule voie sera efficace :

La mobilisation du peuple pour l’instauration d’un autre système plus légitime et plus redevable. Elle se construira sur un intérêt partagé par tous les congolais où qu’ils soient. Il appartient au peuple congolais de couper le cordon qui relie les défectuosités de notre temps de leurs causes et de leurs conséquences. Elle exigera les grandes reformes dans les secteurs clefs de la vie d’un état commençant par la sécurité et la justice, l’éducation et la santé, …

La solution immediate: L’évolution d’une nation ne passe pas essentiellement par les mouvements des masses. Chaque individus où qu’il soit peut changer le cours de l’histoire. La naissance d’une nouvelle société congolaise exige  des nouvelles personnes. Elle se construira par la prise de décision par chaque congolais de refuser personnellement ou collectivement les us et habitudes toxiques communément acceptés, d’imposer sur soi, d’influencer autour de soi les valeurs patriotiques. Ceci aura une influence très marquée sur l’amélioration des institutions existantes et la fondation d’un Etat Congolais sur la base de la diversité des  richesses culturelles congolaises : UN CONGO NOUVEAU

Ce Congo que Lumumba a rêvé, ta ferme décision va le rendre vivant.

Chaque seconde, des millions des congolais sont victimes d’une quelconque injustice, d’autres millions en sont les observateurs. Silencieusement, on perpétue le crime. Par notre silence, nous le légitimons. Par notre silence nous le nourrissons, nous l’engraissons. Avec le temps, il est devenu, à nos yeux, plus grand que Nous.

Nous sommes les seuls qui peuvent l’arrêter. Un à un, nous devons sortir de son emprise. Où que nous soyons, la petite corruption, nous la dénonçons, nous nous éloignons d’elle. L’injustice la plus banale, nous la condamnons et nous exigeons qu’elle s’arrête. L’histoire du Congo, c’est l’histoire de notre quotidienne vie, l’histoire du Congo Nouveau, c’est celle de notre courage. Le pouvoir est dans nos mains. L’espoir c’est Nous.

Chaque geste que tu poseras désormais, sera un pas vers le Congo Nouveau.