MONUSCO : choisissez de ne plus faire du business as usual !

Mise en ligne le 2 décembre, 20 à 10:05


Mesdames et Messieurs les ambassadeurs des Etats

Membres du Conseil de sécurité des Nations unies

New-York, Etats-Unis d’Amérique

MONUSCO : choisissez de ne plus faire du business as usual !

Mesdames, Messieurs,

Il y a tout juste une année, lassés par les tueries récurrentes et la passivité coupable des forces armées Congolaises et des casques bleus des Nations Unies, des habitants de la ville de Beni s’étaient levés pour exiger le départ de la MONUSCO, allant jusqu’à saccager une de ses bases à Boikene. Le mandat de la MONUSCO avait tout de même été renouvelé avec à nouveau l’engagement de protéger les civils et de neutraliser les groupes armés négatifs. Aujourd’hui, la situation n’est guère meilleure. Notre mouvement a comptabilisé 1028 civils tués dans la région de Beni ces douze derniers mois, sans compte ceux blessés, kidnappés, ou déplacés de force.

La situation de Beni est loin d’être un cas isolé. Djugu, Minembwe, Mwenga, Tanganyika, Walikale,… des pans entiers du territoire national sont laissés à la merci des groupes armés illégaux qui commettent des crimes graves contre les populations civiles. Dans son rapport d’octobre 2020, le Baromètre Sécuritaire du Kivu révélait avoir documenté 2127 civils tués, 1450 enlevés et 938 kidnappés entre Janvier 2019 et octobre 2020 au Kivu.1

Au moment où vous serez assis pour délibérer sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO) pour la 22ème année d’affilée, quelque part à l’est du Congo des civils seront encore en train d’être tués, violés ou pourchassés. Ils seront en train de l’être sans pouvoir compter sur aucune protection : ni des forces de sécurité Congolaises qui font plus partie du problème que de la solution ; ni des Casques Bleus qui depuis 22 ans sont davantage des témoins passifs que des protecteurs proactifs et efficaces.

Si vous le voulez, vous pouvez arrêter de faire semblant ; vous pouvez choisir de cesser de faire du « business as usual », et vous assurer qu’à son départ du Congo la MONUSCO laisse derrière un pays plus stable et capable d’assurer la sécurité et la paix pour sa population. Ci-après, nous formulons à votre intention quelques recommandations à cet effet :

  1. Mettre fin au mandat de la MONUSCO dans une période ne depassant pas 12 mois et instruire le Secrétaire général de demander le transfert de ses activités civiles et humanitaires aux autorités locales, aux agences des Nations-Unies, aux ONGS internationales et locales pour assurer la continuité.

  1. Maintenir et renforcer le mandat et les effectifs de la Brigade d’Intervention (FIB), avec des troupes africaines (hormis les pays engagés militairement en RDC actuellement), un mécanisme de renseignement efficace, un commandement et un leadership politique (SRSG) volontaristes, et des moyens adéquats pour 1) neutraliser les groupes armés; 2) participer effectivement aux opérations de protection des civils et neutralisation des groupes armés refusant de rendre les armes ; et 3) l’appui technique et logistique aux FARDC et de la police nationale congolaise. Le mandat de la nouvelle FIB devrait être échelonné sur trois ans le temps et contenir une obligation de résultat par rapport aux objectifs assignés.

  1. Demander au président Félix Tshisekedi et à son gouvernement d’écarter de la chaîne de commandement de l’armée, de la police et des services de renseignements les officiers soupçonnés de violations graves de droits humains ou de trafics divers et les mettre à la disposition de la justice, notamment à la lumière des rapports des experts mandatés par le Comité des Sanctions du Conseil de Sécurité.

  1. Voter une Résolution spécifique sur la réforme du secteur de sécurité et de la justice, et mettre en place un mécanisme international intégré pour soutenir techniquement et financièrement lesdites réformes ainsi qu’un vrai programme de démobilisation, désarmement, réinsertion et éventuellement rapatriement des membres de groupes armés et de certains éléments FARDC ne répondant pas aux exigences d’une armée professionnelle et républicaine.

  1. Ordonner une enquête internationale indépendante et transparente sur les massacres des civils dans la région de Beni depuis 2014 et en établir les responsabilités. L’enquête devrait être étendue sur l’usage excessif de la force contre les manifestants en lien avec les tueries de civils à Beni par la police, l’armée et les Casques bleus de la MONUSCO, qui ont fait au moins 9 morts, ainsi que sur les violences commises par certains manifestants.

Fait à Goma, le 30 novembre 2020

Pour la LUCHA

Le Foyer Stratégique.


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