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MEMORENDUM DE LA LUCHA DU 17 JUILLET


Publié le : 20 juillet, 2019 à 11:21 | |


Mémorandum de la LUCHA du 17 juillet à l’intention de la direction générale de la migration DGM

Conformément aux dispositions légales portant création et organisation de la Direction générale de migration reprises dans le décret-loi No 002/2003 à son article 3, il est conféré à la Direction générale de Migration la responsabilité de l’exécution de la politique nationale en matière d’immigration et d’émigration. Ce service est donc un miroir qui reflèterait l’image interne et externe de la RDC.

Considérant les impératifs de l’intégration régionale et la nécessité d’appartenir à un univers ouvert, la RDC a toujours prouvé sa volonté de ne point vivre en autarcie mais de s’ouvrir au monde en ratifiant différents traités et en intégrants des structures régionales et continentales afin de se tailler une place dans un monde globalisant et à multiple mutation.

Elle a entre autre intégré plusieurs structures de la sous-région dont la plus anciennes est celle de la Communauté Economique des Pays de Grands Lacs et regroupant en son sein la RDC, le Rwanda et le Burundi mais aussi africain comme la SADC dans l’objectif de permettre la circulation efficiente des personnes et de leur bien, l’élargissement de son marché intérieur et la possibilité de garantir et de pérenniser un climat de stabilité au niveau national et au niveau des organisations dont elle est membre. La Direction Générale de Migration ayant pour mission d’exécuter la politique nationale migratoire a donc un rôle de premier rang à jouer et ainsi faire de cette volonté nationale une réalité en adoptant une méthode de travail basée sur la rigueur et le sérieux.

Cependant, il est déplorable de réaliser qu’en dépit de la noble mission lui confiée par l’Etat congolais et les moyens alloués à son fonctionnement, les résultats du travail fourni par ce service public ne sont toujours pas à la hauteur et ne répondent pas aux objectifs nationaux de redorer l’image extérieure de la RDC en d’en faire une plaque tournante au cœur de l’Afrique.

Il est à rappeler que la RDC est membre de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs depuis 1976, cette intégration a été nourrie par la volonté de facilité la libre circulation des personnes et de leur bien et ainsi faire de cette institution une opportunité garantissant à la fois le développement économique et la stabilité dans la région.

Cette volonté a été renouvelée au cours de la dernière réunion des Etats membre, à l’issu de laquelle il a été reconnu trois types de document pour la libre circulation des personnes au sein de la communauté entre autre : le guide d’utilisation des documents de voyage, la carte spéciale CEPGL et enfin l’autorisation spéciale de circulation entre les trois pays membres. Selon les conclusions de cette réunion, le prix de ce document a été uniformisé dans toute la région à 10$ ou son équivalent en FC, FRW ou FBU. Ce prix est unique et son payement est automatisé dans un logiciel permettant à un ressortissant de la région de pouvoir effectuer le payement ou le retrait de ce document dans n’importe quel pays membre.

La LUCHA en particulier et la population congolaise en général, sont bouleversés par la perception illégale d’une somme supplémentaire de 3000FC non reconnue par aucune disposition légale et dont le payement ne présente aucune justification. Cette pratique ternie à la fois l’image de la république et remettent en cause notre capacité à respecter les dispositions légale ratifiées par l’Etat congolais. Le payement de cette somme de 3000FC serait justifié selon certains agents de la DGM par l’octroi d’une fiche de demande du document alors que le cout de cette fiche serait incorporé dans le prix même du document. Cette situation n’est que la dernière étape d’une succession des prix largement supérieurs au prix réel du document allant jusqu’à 15$ ou 18$ selon l’urgence du demandeur.

En outre, les agents de la DGM commis dans différents ports et barrières se donnent aux actes de rançonnage officialisé en exigeant le payement de redevance même aux personnes effectuant des mouvement interne d’une province à une autre en les assimilant aux personnes traversant des frontières alors qu’elles ne voyagent que dans leur propre pays. Le cas le plus frappant étant le payement de 500FC exigé par les agents de la DGM à tout voyageur allant au Sud-Kivu. Ce comportement ne donne pas l’espoir et révolte plus qu’une personne dans le chef de la population.

Bordant toujours dans le sens de vouloir faciliter le mouvement de la population, il est important de rappeler que même le prix de 45$ pour un tenant lieu du passeport dont la durée de la validité est de 3 mois reste exorbitant comparativement à la moyenne régionale.

Eu égard aux éléments évoqués tantôt, la LUCHA exige ce qui suit :

  • L’arrêt immédiat de la perception illégale de la somme de 3000FC qui n’honore pas ce service public considéré comme la porte d’entrée et de sortie pour les étrangers et les nationaux. De respecter scrupuleusement les résolutions de la dernière réunion des Etats membres de la Communauté Economique des Pays des Grands lacs fixant le prix de l’autorisation de circuler au sein des pays membres à 10$.

  • De faire un audit sérieux et éclairer l’opinion sur l’affectation de ces sommes perçues de manière illicite et dégager les responsabilités.

  • De mettre fin aux pratiques de rançonnage et la perception illicite des redevances dans les ports et barrières en instaurant une gestion basée sur la rigueur. Punir sévèrement les agents embourbés dans les actes de corruption et de rançonnage à leur poste respectif.

  • De mettre en place un mécanisme d’information afin de permettre à la population de mieux connaitre la mission, le champ d’action et la responsabilité de ce service public et ainsi limiter le risque d’incompréhension entre la population et les agents de la DGM.

  • De réduire considérablement le prix de certains documents comme le tenant lieu du passeport dont le prix est de 45$ et largement supérieur à la moyenne régionale.

Rendons au Congo la place qu’elle mérite dans le concert des nations. Seule la lutte libère.s

Fait à Goma, le 17 juillet 2019

La cellule de communication


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