Lettre ouverte adressée à Monsieur l’auditeur militaire de garnison Beni-Butembo,

Mise en ligne le 9 janvier, 20 à 22:40


Monsieur l’auditeur militaire de garnison Beni Butembo,

Du 20 Novembre 2019 au 02 décembre 2019, des manifestations se sont déroulés dans les villes de Beni et Butembo et Goma ainsi que dans plusieurs localités du territoire de Beni en vue de dénoncer la persistance des tueries à Beni et demander le départ de la MONUSCO jugée inefficace. En effet, malgré les promesses des autorités politiques et militaires, le déploiement massif des militaires ainsi que la collaboration intense entre la population et les forces de sécurité, Beni a connu à partir du 05 Novembre 2019 une série des tueries attribués aux présumés ADF comme c’est devenu la coutume depuis 2014. Certains massacres se sont même déroulés près des bases de la mission Onusienne et de la position militaire à l’exemple de Nobili début décembre. Tout cela est inacceptable et soulève une colère réelle.

En réponse à cette expression d’une colère légitime et d’un cris de détresse des populations meurtries par une guerre inutile, la police et les casques bleues de la MONUSCO ont fait recours à une violence qui n’a rien de différent de celle des assaillants ADF. On ne peut pas nier le fait que certains manifestants ont fait preuve des violences notamment en incendiant la mairie et la base de la MONUSCO, en obligeant les citoyens à prendre part à certaines manifestations, en imposant des tenues vestimentaires spécifiques,… Nous déplorons cette violence et avions tenté de la décourager pour que, comme nous le faisons toujours, la non violence soit la règle au cours des manifestations. On aurait assisté à plus pire si notre mouvement avait approuvé, même de manière implicite ces pratiques ou n’avait rien fait pour l’arrêter, allant même jusqu’à nous interposer entre protagonistes pour éviter l’escalade de la violence. Il faut néanmoins noter que la violence de la police et de la MONUSCO contre les manifestants était disproportionnée, évitable, inopportune, provoquée et délibérée. Premièrement, il est clair pour tous que les manifestants, même le plus virulents, n’avaient pas d’armes à feu. Pourquoi alors la police et la Monusco ont il fait recourt aux armes à feu ? On aurait pu les maîtriser sans faire recourt aux moyens létaux. Deuxièmement, il faut noter que la vague des violences de la part des manifestants a commencé le lundi 25 Novembre 2019 par l’incendie de la mairie en représailles à la fusillade par les policiers des manifestants transportant les corps des huit civils tués à Masiani dans la nuit du 24 Novembre au 25 Novembre. Si la police avait agit de manière professionnelle et sérieuse en laissant les manifestants amenés calmement les corps à la morgue, les violences des manifestations n’auraient pas été remarquées. Troisièmement, dès le 23 Novembre 2019, deux jours avant même que les dérapages ne soient enregistrés du côté de manifestant, notre camarade OBADI MUHINDO KANZOGHA avait déjà été tué d’une balle dans la tête par un policier. Personne n’ignore pourtant que notre mouvement croit et pratique la résistance non violente. L’argument consistant à justifier les morts pendant les manifestation par le fait que celle ci était violente est donc absurde, lâche et ne tient pas debout. Il en est de même de personnes arrêtés et actuellement détenus dans le cadre des enquêtes sur ces violences. La plupart n’ont pas été arrêtés pendant les faits et sur le lieu de leur commission. Ils ont été arrêtés dans les rues par la police parfois après plusieurs heures et jours ou alors vu sur une photo prise parfois après la commission des faits quand les vrais auteurs sont déjà partis et il ne reste que des curieux. En plus, le fait que nombreux d’entre eux aient été libérés après avoir payé d’énormes amendes est la preuve que même la justice militaire est consciente de leur innocence et essaie juste de les utiliser comme vaches à traire, ce qui est extrêmement mauvais et inadmissible.

C’est ainsi qu’à travers cette manifestation, nous voulons vous demander de procéder à la libération des citoyens arbitrairement arrêtées dans les récentes manifestations de Beni ainsi que des poursuites judiciaires contre les auteurs des meurtres et blessures par balle des manifestants à Beni entre le 23 Novembre et le 02 décembre 2019.

Nous voudrions aussi avoir de vous un échanges et les réponses aux questions qui nous tourmentent l’esprit au sujet du meurtre de notre camarade Obadi Kanzogha et de tous les autres manifestants :

1. Combien sont les personnes qui ont été tuées par la police et les casques bleues de la MONUSCO pendant les récentes manifestations à Beni ?

2. Les auteurs directs et indirects de ces incidents sont ils déjà identifiés ? Si oui, qui sont ils (leurs noms et qualités)?

3. Quelles sont les mesures prises pour l’instant à l’égard de ces présumés assassins ?

4. Quelles sont les mesures prises par les autorités pour aider les familles à organiser les obsèques et à réparer les préjudices subies à la suite de ces dérapages des forces de sécurité ?

Monsieur l’auditeur militaire de garnison Beni Butembo,

Le traitement des dossiers liés aux dernières manifestations à Beni appele de vous un peu plus de responsabilité et de grandeur d’esprit. Il s’agit de gens qui sont tués par des assaillants depuis 5ans sous le regard silencieux et même complice de l’Etat censé les protéger, qui sont par la suite tués par les mêmes préposés de l’État (police et Monusco) lorsqu’ils veulent s’en plaindre et qui de ce fait commettent quelques actes répréhensibles par désespoir. Faites preuve de responsabilité et d’ego grandeur.

Fait à Beni le 09 janvier 2019

Pour la LUCHA

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