La LUCHA n’est pas de connivence avec un quelconque groupe armé

Mise en ligne le 5 mai, 20 à 10:15


Mise au point N° LUCHA/2020005

C’est avec une grande surprise que la LUCHA a pris connaissance du communiqué de presse N°01/20 du 04 mai 2020 des FARDC signé par le commandant secteur ad intérim de l’opération Sokola II, le General Yamba Kabangu Willy, accusant la section rurale de Nyamilima d’être « de connivence avec un groupe armé ». Cette accusation est fausse et dénouée de tout fondement.

En effet, c’est depuis février 2020, la section de Nyamilima mène des activités pacifiques pour demander une démarcation participative du Parc National des Virunga et permettre à la population d’accéder à leurs champs que l’ICCN aurait illégalement incorporés dans les limites du parc dans un processus de délimitation unilatérale et policière. Toutes les actions menées par la section de NYAMILIMA auxquelles la population a largement participé ont toujours été non-violentes quoique souvent réprimées par les forces de sécurité ou parfois les éco-gardes de l’ICCN. Nous avons su insuffler une dynamique non-violente dans cette région du pays qui a vécu plus de deux décennies de conflits armés, où sont encore actifs des nombreux groupes armés et où, souvent faces à des nombreux abus, les jeunes étaient fortement tentés de rejoindre ces forces négatives. Plutôt que d’être combattue et vilipendée, la présence de la Lucha dans cette partie du pays devrait être encouragée par les autorités locales et provinciales dans les efforts de pacification à travers cet engament citoyen non-violent. Dans ce sens, La LUCHA estime que la déclaration de l’armée est infondée, dangereuse et irresponsable en plus d’être mensongère.

Pour rappel, la section à Nyamilima avait organisé quelques actions pacifiques pour protester :

  • Le 04 février 2020 : sit-in

  • Le 15 février 2020 : sit-in 

  • 04 mars 2020 : marche pacifique

La répression dont la section de Nyamilima est victime et la campagne de diffamation qui suit semblent s’inscrire dans une démarche coordonnée des certaines autorités locales, particulièrement le « fonctionnaire-délégué », le commandant locale des FARDC, et certains groupes au sein de l’ICCN. Ces manœuvres ne visent qu’à décourager toute expression, pourtant légitime, des frustrations de la population au sujet de la démarcation du Parc des Virunga. En effet, depuis un mois, à Nyamilima, les militants de la LUCHA sont victimes d’un harcèlement de la part du commandant FARDC, le colonel Zaïre, un ancien rebelle accusé des violations de droits de l’Homme et qui a intégré l’armée après le brassage des groupes armés avec les FARDC. Ce dernier, l’auteur de ces affabulations et a ainsi délibérément induit en erreur sa hiérarchie. A la suite de ce harcèlement notre collegue Delcasse Muhindo s’était réfugié à la base de la MONUSCO. Il a été rendu à l’auditorat militaire et est détenu à la prison centrale de Munzenze à Goma depuis deux semaines. A ce jour, Samson Kasereka, l’un de nos militant et 14 autres civils ont été arrêtés à leur domicile par les FARDC et détenus sans accès à leurs avocats et leurs familles.

Par ailleurs, le conflit entre la population riveraine et le parc est aussi vieux que ce dernier. La superficie du parc qui s’est élargie au fil du temps est source de cette controverse. L’arrêté royal du 15 mai 1950 qui modifie l’ordonnance du 6 janvier 1944 constitue le texte de base sur lequel l’ICCN fonde toutes ses prétentions territoriales. Cependant le texte est aussi imprécis car ne donnant pas les limites identifiables sur terrain. Depuis l’année passée, l’ICCN procède à la construction d’une clôture sur des limites qui reprend en son sein les champs de la population. Cette dernière remettant en cause les limites de l’ICCN, revendique l’accès aux champs pour la récolte en ce temps critique du Covid-19. Cette démarcation unilatérale avait été suspendue par la décision du ministre provincial de l’environnement en attendant la participation de la population. Cependant, l’ICCN a refusé obtempérer en poursuivant la construction.

Suite à l’indignation suscitée par la destruction des champs par les éco-gardes, l’ICCN a fini par autoriser la récolte avec sous des strictes conditions qui rendent impossible l’exécution de la mesure. Il a notamment exigé que la population accède aux champs par une seule entrée. Il s’agit des milliers de personnes qui doivent se procurer chaque jour des jetons pour effectuer leurs activités champêtres entre 7h00 et 16h00 dans les champs qui leurs appartiennent.

Il est toutefois à noter que dans la même agglomération, certains cas d’attaque contre les clôtures installées par l’ICCN ont été signalés. La LUCHA n’est pas liée ni près ni de loin à ces derniers.

Eu égard à ce qui précède :

  1. La LUCHA réfute toutes les accusations portées à son égard par le commandant FARDC a.i. Sokola II, General Yamba Kabangu Willy et exige la suspension du Colonel Zaïre accusé des nombreuses violations de droits de l’Homme et qui a délibérément induit sa hiérarchie en erreur en fabriquant ces accusations.

  2. La LUCHA rappelle son attachement à la non-violence et le respect des lois de la République et exige la libération des tous ses militants qui sont détenus à Goma et à Nyamilima pour avoir défendu pacifiquement les droits de la population à la terre.

  1. La démarcation participative du Parc National de Virunga sanctionnée par un décret du ministre de l’environnement délibéré en conseil de ministres tel que revu aux articles 33 et 34 de loi 14/003 du 11 février 2014 portant conservation de la nature prévoit à ces articles 33 et 34.

  1. La LUCHA est convaincue que la gestion efficiente et rationnelle de la terre est un faisceau irréductible de la paix et source du développement durable. Ainsi, l’harmonisation du droit positif congolais et la mise en place des politiques publiques relatives au système foncier sur le plan économique et social doivent être une priorité du gouvernement afin des limiter ce genre des conflits récurrents dans plusieurs milieux, entre autres, à Vitsumbi, Kanyabayonga, Ngitse-Kyavirimu, Kyavinyonge, Nyakakoma, …

  1. La Lucha exige l’application de la procédure d’enquête préalable à la concession, afin de respecter le droit foncier de la population locale de Nyamilima, comme partout ailleurs où le même problème se pose. Ainsi, l’Etat devrait avoir en esprit que sa mission est celle d’apporter les solutions efficientes et durables aux diverses réclamations de la population. Le droit foncier perdu par les populations locales de Nyamilima doit être compensé.

  1. La LUCHA soutient le dialogue sincère entre les populations locales, ICCN et le gouvernement afin de trouver les solutions idoines de sécurité de la tenure foncière inclusive dans les entités lisières des parcs, en intégrant ainsi les dynamiques coutumières dans la gestion de la terre et faire participer activement la population locale dans la gestion des parcs.

  1. La LUCHA réitère son attachement à la protection de la nature, et considère que l’homme fait partie de cette nature et doit être protégé par-dessus tout.

Pour rappel, la Lucha célèbre cette année sa huitième année d’engagement citoyen non-violent et non-partisan pour les droits humains, la démocratie et l’avènement d’un État de droit en RDC. Pendant ces années, la Lucha a subi une forte répression de la part du gouvernement et de ses services de sécurité. Cela ne nous a pas empêché d’élever la non-violente comme principe sacré de notre lutte et de l’inscrire dans l’acte d’engagement que chaque militant doit signer. Cet acharnement, y compris de la part de l’armée ne nous a pas empêché de nous mobiliser pour venir en aide à notre armée lorsque cela était nécessaire. Les intimidations actuelles ne vont rien changer en notre engagement non-violent.

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Fait à Goma, le 5 mai 2020,

Pour la LUCHA

La cellule de communication


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