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DECLARATION DE LA LUCHA OICHA AU SUJET DES MASSACRES RÉPÉTITIFS DANS LA REGION DE BENI


Publié le : 20 novembre, 2019 à 12:51 | |


PLUS DE 50 MORTS EN UNE DIZAINE DE JOURS A BENI: C’EST ASSEZ !!!!

Le samedi 16 Novembre 2019, la localité de Mbau en territoire de Béni a été la cible d’attaques armées de la part des présumés ADF. Au moins 15 corps de civils tués essentiellement à l’arme blanche ont été retrouvés. Cette attaque n’était ni la première ni la dernière dans la région mais juste un exemple du calvaire que vivent les populations de la région de Beni. Eringeti, Kokola, Oicha, Mayimoya, …, durant ce mois de Novembre, plusieurs localités ont été la cible d’attaques armées particulièrement cruelles. Le bilan Humain est effroyable: plus de 58 personnes mortes en seulement dix jours, des victimes qui, contrairement à leurs compatriotes morts récemment dans un crash d’un avion présidentiel ou dans un accident de route sur l’axe Kinshasa-Kongo Central, n’ont pas eu droit à un quelconque hommage de la République.

Des opérations militaires ont certes débutées dans la région de Beni depuis le 30 octobre 2019 et ont permis de reprendre des zones rurales jadis sous le contrôle de l’ennemi. Triste est de constater qu’elles n’ont jusque là pas permis d’arrêter l’hémorragie sécuritaire en cours dans la région de Beni et les tueries de masse qui s’y vivent depuis plus de 5ans. Ces opérations ne se déroulent que sur un axe rural et inhabité (Beni-Mayangose) laissant à la merci des assaillants l’axe à forte densité (Beni-Mavivi-Mbau-Oicha-Maimoya-Kokola-Eringeti). Il s’agit là d’une erreur opérationnelle qui ne cessera de faire de victimes parmis les civils.

Par ailleurs, nous sommes très consternés par l’inactivité de la MONUSCO dans les opérations en cours en territoire de Beni, qui s’avèrent comme celles de la dernière chance et qui doivent conduire à la pacification de la région. Connaissant son mandat, sa forte logistique militaire et s’inspirant de l’exemple de la traque du M23, la mission des Nations Unies aurait pu être un allié de taille dans la conduite des opérations. Bien plus, des informations venant des rescapés de première ligne font état des collisions entre les soldats dit de la paix et les assaillants qui tuent la population.

Ainsi, nous appelons de toute urgence à :

A. Aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo :

1. Poursuivre les opérations militaire en profondeur tout en mettant en place un plan de sécurisation des agglomérations et routes principales situées dans les zones où les assaillants sont actifs.

2. Établir les responsabilités des militaires situés près des localités attaquées ces derniers jours,

3. Prendre aux sérieux toutes les informations reçues de la population au sujet des mouvements suspects et agir en conséquence en amont,

B. A LA MONUSCO:

1. Participer activement aux côtés des forces armées de la République Démocratique du Congo, à la traque des présumés ADF à Beni,

2. Fournir des explications très claires à la population au sujet des informations crédibles de complicité entre certains casques bleus et les assaillants.

3. A défaut de mettre en oeuvre les deux premières recommandations, quitter sans attendre la région de Beni.

C. AUX AUTORITÉS POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES

1. D’apporter une assistance de première urgence aux milliers de déplacés qui ont abandonnés leurs maisons et leurs champs, principales sources de revenus,

2. Honorer la mémoire des victimes et immortaliser cette période tragique par la construction d’un mémorial en ville ou territoire de Beni.

D. À LA POPULATION LOCALE:

1. Rester vigilant, dénoncer tout mouvement suspect auprès de l’armée et de services habilités

2. Exiger des autorités de manière permanente, un engagement réel dans la pacification de la Région de Beni.

Nous avons été à la première ligne pour mener le plaidoyer en faveur du lancement des opérations militaires contre les présumés ADF. Nous avons été également à la première ligne pour accompagner les forces loyalistes et manifester publiquement notre soutien par la remise symbolique des biens. Nous savons que ces opérations militaires présentent une réelle opportunité de paix pour la région mais elles doivent être conduites avec pragmatique, sérieux et intelligence. Elles doivent pouvoir arrêter les tueries de masse dans la région, permettre aux populations d’accéder aux zones jadis sous forte influence des assaillants (champs, route Mbau-Kamango, …) et récupérer tous les bastions des assaillants.

Fait à Oicha, le 20 Novembre 2019

Pour la LUCHA

La cellule de communication


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