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Constat de la lucha sur le Bilan de la MONUSCO


Publié le : 12 juillet, 2019 à 16:16 | |


CONSTAT DE LA LUCHA sur le Bilan MONUSCO : 1999-2019 : note donnée à la délégation venue de New-York pour consulter les acteurs à propos du Bilan de la Monusco

La RDC a traversé des situations très difficiles qui menaçaient la partition et l’intégrité physique du pays. L’agression étrangère portée par le Rwanda avait secoué le processus de la transition de la RDC après la prise de pouvoir par le Président Kabila DESIRE. Pour se relever, nombreux acteurs nationaux, régionaux et internationaux avaient été impliqués. C’est à titre que les Nations Unies avaient été invitées en 1999 en RDC par les autorités afin de venir conduire et appuyer le processus de résolution de conflits et de mise en place des institutions.

La LUCHA se propose de passer en revue la mission des Nations Unies à travers les actions de la MONUSCO : il s’agit d’un constat qui porte sur les points ci-après.

  1. Sur le plan politique : l’action de Nations Unies en RDC à travers la MONUC puis la MONUSCO n’a pas été concluante 20 ans après. Si la MONUSCO a participé à la construction du processus politique et de réunification de la RDC depuis la transition jusqu’à l’organisation des premières élections de 2006 ; les institutions de la RDC sont toujours fragiles et tombent dans les crises à chaque cycle électoral. L’autorité de l’état n’est pas restaurée partout sur le territoire. Par conséquent, la paix est encore attendue dans certains centres ruraux occupés par les forces négatives.

Sur ce point de la mise en place des institutions de la république, et la mise en œuvre des accords politiques (des accords d’Addis-Abeba, la déclaration de Nairobi, l’accord global et inclusif de Sun-city, etc.), la MONUSCO a joué un rôle majeur mais incomplet. Toutes les résolutions adoptées n’avaient pas été exécutées et cela avait créé des frustrations/des conséquences sécuritaires énormes sur les populations et leur territoire.

  1. Sur le plan sécuritaire : la partie orientale de la RDC continue à être le terrain d’activisme des groupes armés nationaux et étrangers. L’état congolais est encore fragile sur le point sécuritaire dans plusieurs territoires de l’Est du pays. La mission de la Brigade d’intervention rapide créée en 2012 afin d’éradiquer et de neutraliser les groupes armés et les forces négatives en RDC, n’a jamais été atteinte malgré les avancées (surtout lors de la neutralisation du M23). A ce jour, les forces négatives continuent à opérer et à semer la désolation dans plusieurs régions (BENI avec les massacres qui ont débuté depuis 2014, les tueries et kidnappings dans autres territoires du Nord et Sud-Kivu) alors que les casques bleus de la MONUSCO sont largement présents dans ces régions. Au même, l’accompagnement de la MONUSCO de la réforme de services de sécurités (L’armée et la police) n’a pas donné des fruits. La police appuyée par la MONUSCO s’est toujours illustrée dans la répression des manifestations. Les FARDC sont toujours une myriade des rebelles aux intérêts divergents qui ne peuvent venir au bout une rébellion (bien que certains généraux soient dans l’affairisme militaire à l’instar de GABRIEL AMISI et JOHN NUMBI). Cela conduit à dire sans ambages que le bilan de l’action est négatif malgré les nombreuses résolutions.

  1. Sur le plan des droits humains : la MONUSCO via le BCNUDH a documenté des cas de violations de DH partout en RDC. La LUCHA a toujours salué et félicité les efforts pour la dénonciation et la documentation. Les rapports aussi pertinent et complexe avaient été publiés à l’instar du rapport Maping (publié en 2010) ou celui sur le groupe sur l’exploitation des ressources de la RDC (publié en 2002) mais qui n’ont jamais été exploités afin d’établir les responsabilités de ces atrocités humanitaires qu’a connu la RDC. La LUCHA clame toujours qu’un tribunal spécial pour le Congo soit créé afin d’assoir un mécanisme de réconciliation basé sur la justice transitionnelle qui corrige les bourreaux et les prédateurs de la RDC d’une part et répare les victimes d’autre part. Le rôle de la MONUSCO dans les massacres de KAMWENA NSAPU était controversé et la réponse était timide. La Monusco avait intervenu en retard quand la case avait déjà pris feu. La MONUSCO n’est pas impliquée dans les enquêtes de massacres de BENI, comme ça été le cas dans le conflit à YUMBI.

  1. A ce titre, LUCHA soutient pleinement le retrait de la MONUSCO dans les prochaines années (2021) et formule les demandes/vœux ci-après :

  1. La Radio Okapi devrait être offerte au peuple congolais car elle est indépendante et neutre. Elle est écoutée partout en RDC. C’est la voie du peuple. Les modalités de sa remise au congolais peuvent être discutées avec le gouvernement congolais et les acteurs de la société civile.

  2. Le BCNUDH devrait encore rester (2023) dans le but de renforcer les capacités du CNDH afin que ce dernier joue pleinement son rôle d’une part, et que le BCNUDH continue à documenter et de dénoncer les abus et violations de DH commis sur tout le territoire.

  3. Durant les 20 dernières années, seule la MONUSCO a documenté, archivé toute la trajectoire politique et sécuritaire de la RDC avec tous les acteurs. Les archives jouent un rôle majeur pour un peuple qui veut se développer, qui veut bifurquer et tracer des nouveaux horizons politiques ; elles permettent de ne pas commettre les erreurs du passé et de créer une mémoire collective (un rôle symbolique). « Elles font partie de l’héritage de tous et forment le patrimoine et l’identité d’un pays et ses habitants ». A partir des archives, on doit reconstituer l’histoire du pays et enseigner aux générations futures la trajectoire politique de la RDC. La LUCHA demande à la MONUSCO de remettre les archives au peuple congolais. Les modalités de remise peuvent être discutées avec les autres acteurs et les experts y compris le gouvernement congolais.

S’agissant de la collaboration de la MONUSCO avec le nouveau pouvoir, la LUCHA soutient :

  1. Que la MONUSCO doit remobiliser la brigade d’intervention rapide et collaborer avec les FARDC pour éradiquer les groupes armés nationaux et étrangers. Dans cette option, la MONUSCO doit faciliter la démobilisation et la réinsertion des rebelles et leur intégration dans l’armée après des périodes de formation dans les académies militaires.

  2. Qu’elle doit accompagner la réforme de l’armée et la police afin de les rendre professionnelles et efficaces.

  3. Qu’elle doit exiger que les généraux impliqués dans les violations des DH et des crimes économiques soient traduits devant la justice. A ce titre, le Rapport Maping doit être exploité pour établir les responsabilités ;

  4. Qu’elle doit s’impliquer pour que les enquêtes indépendantes soient menées dans les dossiers des massacres de Beni, de Kiwanja, de Mutarule, de Kasika, etc. d’une part et dans les dossiers d’assassinat commis contre les militants de DH et de crimes économiques orchestrés par l’ancien régime d’autre part.

  5. Qu’elle soutienne les réformes de la CENI afin que le processus électoral de 2023 devienne transparent, démocratique, crédible et inclusif. Les enquêtes et audit de la gestion de la CENI actuelle doivent être menés.

S’agissant de l’appréciation de LUCHA à propos du nouveau pouvoir, LUCHA constate :

  • La ferme volonté de changer affichée dans les discours mais qui ne se traduit pas encore dans les actes.

  • La formation du gouvernement traîne et cela suspend le pays en dépit des défis sociétaux majeurs.

  • Les mesures liberticides et restrictives commencent à hanter le nouveau pouvoir : la répression des manifestations, interdiction de la marche des opposants (le 30 juin avec un mort d’homme à Goma) ;

  • Faible transparence dans la gestion de finances publiques. L’explosion du Budget de la présidence, des dépenses excessives sont engagées pour tantôt les voyages du président ou les cérémonies ;

  • Bref, la LUCHA reste prudente et attend que les reformés sécuritaires, économiques, sociales et politiques soient engagées afin de démocratiser et de pacifier le pays, d’améliorer les conditions de vie de congolais, de diversifier l’économie du pays et de rétablir la RDC dans le concert de la Nation.

Fait à Goma, le 8 juillet ;

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