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COMPOSITION DU PREMIER GOUVERNEMENT DE FELIX TSHISEKEDI : NOTRE REACTION


Publié le : 27 août, 2019 à 17:04 | |


La LUCHA a pris connaissance de la composition du premier gouvernement de Félix Tshisekedi telle qu’annoncée ce lundi après plus de sept mois de marchandages politiciens.

Nous avons noté, avec une satisfaction mesurée, la mise à l’écart de la plupart de personnalités ayant joué un rôle de premier plan dans des violences, des atteintes graves aux droits de l’homme et à la démocratie, ainsi que des crimes économiques au cours des dernières décennies. C’est un signe de la réduction lente mais certaine de la toute-puissance et de la marge de manœuvre prédateurs et criminels de tous bords, passés maîtres dans l’art de se recycler au gré des régimes successifs. C’est aussi pour nous et pour tous ceux et celles qui luttent avec conviction pour un Congo nouveau, une raison de plus de ne pas baisser les bras face à ce système de prédation qui est plus affaibli qu’il n’en a l’air : son effondrement complet est à notre portée, pourvu que nous restions lucides et déterminés !

Notre satisfaction est d’autant plus mesurée et notre appel à la lucidité plus ferme que la rupture tant voulue par notre peuple reste illusoire.

En effet, malgré le rejet total de Joseph Kabila et son régime par notre peuple, ils restent omniprésents sur la scène politique grâce à une majorité factice qu’ils se sont fabriquée au parlement et dans les assemblées provinciales ainsi qu’à leur « deal » occulte avec Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe. Ils gardent une part belle dans ce gouvernement, avec deux-tiers des membres, dont les portefeuilles de la défense et de la justice, essentiels pour lutter véritablement contre les conflits armés et l’impunité endémique qu’ils ont promus 18 ans durant.

Par ailleurs, nous regrettons que Félix Tshisekedi ait été incapable de réduire sensiblement la taille de ce gouvernement (67 membres, le premier ministre y compris) et à lui donner une structure cohérente comme cela lui été demandé à cor et à cri par de nombreux Congolais, y compris par notre mouvement. C’est davantage une mosaïque incongrue d’individus conviés comme toujours au « partage du gâteau » du pouvoir en récompense de leur zèle et leur loyauté aux chefs de partis, qu’une équipe cohérente où des responsabilités seraient partagées entre les plus compétents et les plus vertueux des Congolaises et des Congolais pour accomplir des missions d’intérêt général ! Sur ce coup, le président de la république et le chef du gouvernement doivent rapidement diminier significative des émoluments et autres avantages alloués aux membres afin que le trésor public ne soit éternellement une vache à lait au détriment du peuple.

Sur un plan purement symbolique, la parité homme-femme inscrite dans la Constitution (article 14) n’a pas non plus été respectée comme c’est déjà le cas dans toutes les institutions publiques (présidence de la République, assemblée nationale, sénat, assemblées et gouvernements provinciaux, institutions judiciaires…). Ce gouvernement ne compte que 17% de femmes ! A cet égard aussi, c’est la continuité. Quant au rajeunissement tant vanté, il est à craindre qu’il soit plus cosmétique que qualitatif, avec certains personnages « jeunes » d’âge mais aussi vieux que leurs mentors de par leur médiocrité, leur frivolité, leur brutalité ; bref leur façon d’être et d’agir.

Cela dit, autant nous ne faisons pas d’illusions quant à ce qu’un tel gouvernement peut réellement réaliser pour le bien du peuple, autant nous ne le ménagerons sous aucun prétexte. C’est ici l’occasion de rappeler les principales priorités du quinquennat de Félix Tshisekedi, pour lesquels nous ne laisserons à son gouvernement aucun répit, et dont il devra, solidairement avec tous ses alliés sincères ou de circonstance, assumer entièrement le bilan :

-Le rétablissement de la sécurité et de la paix sur l’ensemble du territoire national ;

Des réformes institutionnelles audacieuses pour, notamment, assurer la stabilité et la légitimité des institutions, renforcer la séparation des pouvoirs et les contre-pouvoirs, garantir l’indépendance de la justice, protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales et bannir l’arbitraire, renforcer la démocratie basée sur la volonté souveraine du peuple, assurer la régularité et la crédibilité du processus électoral, renforcer la décentralisation et l’accès équitable aux services publics, combattre la corruption et ses corolaires ;

-Améliorer de manière sensible et inclusive les conditions de vie des Congolais, y compris sur le plan économique et financier et en matière de sécurité, de nutrition, d’habitat, de santé et d’hygiène, d’éducation et de formation, d’emploi, de protection sociale.

-Moraliser la vie publique en promouvant la méritocratie et la responsabilité.

Fait à Kinshasa, le 27 août 2019

Pour la LUCHA,

La Cellule de Communication.


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