AIRTEL : ARRETEZ DE NOUS VOLER, C’EN EST ASSEZ

MEMORANDUM DE LA LUCHA AU SUJET DE LA SURFACTURATION ET LA MAUVAISE QUALITÉ DE LA CONNEXION AIRTEL

En réponse à notre lettre vous adressez le 28 Mars 2019 et à l’annonce des sits in devant vos représentations à Beni et Bukavu le 01 Avril 2019, vous avez réduit le prix d’activation SMS le 02 Avril 2019. Bien que cela paraîsse comme la preuve d’une entreprise à l’écoute de sa clientèle, il s’agit là d’un aveu d’escroquerie dans votre chef. Cela prouve que 4 mois durant, vous nous avez intentionnellement et malignement privé du service d’activation SMS en un coût raisonnable. Il ne s’agit là malheureusement que d’un exemple d’irrégularité parmi une multitude d’autres qui caractérisent l’opérateur de télécommunication Airtel. Sans prétendez être exhaustif, l’opérateur de télécommunication Airtel est caractérisé ces derniers temps par:

  1. Le coût exorbitant des forfaits Internet, appels et SMS: 8 minutes et 5 megabytes pour 50 unités par exemple c’est extrêmement cher, comparativement aux tarifs antérieurs et à la tarification d’Airtel dans les pays étrangers (Rwanda, Ouganda,…)

  2. Du double payement lors d’une transaction financière par Airtel Money : Depuis un moment, lorsqu’on envoie l’argent à un proche via une cabine Airtelmoney, on est obligé de payer le frais d’envoi et celui qui reçoit la somme payera en plus les frais de retrait

  3. De la mauvaise qualité de la connexion Airtel: que ce soit pour les appels et, pire encore, pour Internet, la connexion Airtel est extrêmement mauvaise voir inexistante surtout aux heures vesperales,

  4. De la facturation à la minute: Cela fait que même lorsqu’on a un forfait d’une minute, on ne peut malheureusement communiqué pendant 60 secondes comme cela devrait être.

Cette surfacturation, double perception pour mobile banking, médiocrité de la connexion et comptage erroné du temps de communication frôlent le degré le plus élevé de l’escroquerie et du néocolonialisme des multinationales. Nous ne pouvons plus accepter que vous continuez à apauvrir notre peuple par des pratiques commerciales que vous ne pratiquez même pas dans d’autres pays, alors que ceux ci ne vous offrent pas un marché aussi immense que la République Démocratique du Congo avec ses 90 millions d’habitants.

Ainsi, nous vous appelons incessamment à :

  1. Baisser sensiblement le coût de vos services en fonction non seulement du niveau de vie du Congolais, de l’impératif d’un gain normal, de la diminution de vos charges fiscales et de vos tarifications antérieures.

Ainsi, nous vous appelons vivement à adopter la tarification suivante (conforme à vos tarifications antérieures) :

A) 20 unités: 4 minutes, 20 SMS et 2 mégas

B) 50 unités: 9minutes, 50 SMS et 10 mégas

C) 100 unités: 20 minutes, 100 SMS et 20 méga

D) 500fc: 100 megas

2. Rétablir le mode de travail antérieur pour le Mobile Banking en annulant sans délai le frais à payer lors du transfert via Airtelmoney 

3. Améliorer la qualité de la connexion aussi bien pour les appels que pour Internet

4. Rétablir la facturation honnête par seconde afin que celui qui a un forfait d’une minute communique effectivement pendant 60 secondes

Nous sommes conscients qu’en tant qu’entreprise, votre objectif premier est la réalisation d’un bénéfice. Néanmoins, les affaires, aussi bien en France qu’en RDC, doivent générer un profit normal et les entreprises ont, au delà de la recherche du gain, une responsabilité sociale dans le relèvement des communautés des entités géographiques dans lesquelles elles interviennent. À l’heure actuelle, vos charges fiscales sont en train d’être atténuées (nottament par l’annulation du contrat d’AGI le 01 Janvier 2019 par le président Félix Tshisekedi) et vos taris doivent suivre.

Cher opérateur de télécommunication AIRTEL,

Ce que nous vous avons recommandé est de l’ordre du réalisable. Réduire vos tarifs, améliorer la qualité de la connexion, rationaliser les mécanismes de transfert via mobile Banking et harmoniser le temps de communication vous fera gagner un bénéfice normal, fera respecter votre entreprise et accroitra le nombre de vos abonnés. AGISSEZ SANS ATTENDRE.

Si au bout de 5 jours, les recommandations émises ne sont pas rencontrées, nous reviendrons à charge le jeudi prochain non seulement à Beni et Bukavu mais aussi dans d’autres villes du pays.

Fait à Beni, le 04 Avril 2019

La cellule de communication

Cliquez ici pour télécharger : memo AIRTEL BENI, BUKAVU

L’INEXORABLE ALTERNANCE LE 19 DECEMBRE 2016 : APPEL PATRIOTIQUE AU PEUPLE CONGOLAIS !

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URGENT ! La LUCHA lance un appel à la résistance à partir du 19 décembre 2016, énumère la série d’actions citoyennes à entreprendre à cet effet en application de l’article 64 alinéa 1er de la constitution, et publie une liste de 35 principaux prédateurs de la démocratie et des droits de l’Homme en RDC, dont les biens et avoirs doivent être saisis. La dite liste comprend le président Joseph Kabila en personne et des membres de sa famille biologique, des membres du gouvernement, des membres du parlement, des membres du pouvoir judiciaire (Cour constitutionnelle et parquet général de la République), des membres des forces de sécurité et de l’agence nationale des renseignements, des gouverneurs, ainsi que des hommes d’affaires. La population est appelée à identifier leurs biens partout en vue de leur saisie, et de boycotter leurs affaires.

 

 

Déclaration n° LUCHA/03916

Congolaises, Congolais, chers compatriotes,

1 – L’article 64 de notre constitution dispose que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente constitution. »

2 – Le 19 décembre 2016 à minuit, c’est la fin du second et dernier mandat du président de la République Joseph Kabila. Notre peuple a tout fait, tout donné, y compris le martyr de ses nombreux fils et filles, pour persuader le président Joseph Kabila et les institutions dont il est le garant d’organiser notamment les élections dans le respect des délais constitutionnels. Mais la réponse qui lui a été réservée a été la répression, l’arrogance, et tout dernièrement un méprisable arrangement politicien pour se partager le « gâteau » du pouvoir comme si la constitution n’était qu’un vulgaire texte facultatif.

3 – Pourquoi ? Parce que le président Joseph Kabila croit pouvoir rester le plus longtemps possible au pouvoir, et avec lui une poignée d’individus dont la plupart ont des comptes à rendre pour leurs crimes de sang ou économiques, quitte à hypothéquer l’avenir de septante millions de Congolais, à brader les maigres progrès difficiellement réalisés sur le plan de la paix et de la stabilité du pays. Il a gâché toutes les occasions d’honnorer le serment solennel qu’il a fait devant Dieu et la Nation de respecter et défendre cette même constitution qui fixe son mandat à cinq ans renouvelables une seule fois. Il mise sur notre peur ou notre résignation face au fait accompli qu’il a délibérément conçu pour rester au pouvoir en violation de la constitution. Il veut ainsi prolonger ces trop longues années d’agressions et d’humiliations contre notre pays, de massacres de Congolais, d’impunité, de corruption, de détournements, de chômage, de pauvreté et de misère. Il veut ainsi briser le rêve de toute une génération pour un Congo meilleur, paisible et démocratique, après des décennies de colonisation, de dictature, et de guerres qui ont emporté des millions de vies et failli éclater le pays en morceaux.

4 – Face à cette situation, notre peuple est face à un choix historique entre se résigner, ou au contraire se lever et faire échec à la confiscation de sa souveraineté ; entre courber l’échine face à ces prédateurs qui lui promettent la terreur et le sang, ou au contraire braver la peur et défendre dignement sa démocratie et sa liberté. Nous n’avons cessé de démontrer à la face du monde que nous étions un peuple debout, capable de s’assumer et de se battre pour ses idéaux. Nous résigner aujourd’hui serait trahir la mémoire de nos héros et nos martyrs, qui ont versé le sang pour notre liberté et notre dignité.

5 – Personne ne va sauver le Congo à notre place : ni les Nations-Unies, ni l’Union européenne, ni les Etats-Unis, et encore moins l’Union africaine. Tout en sensibilisant la soi-disant « communauté internationale » pour notre cause, nous ne devons nous faire aucune illusion quant à sa volonté ou sa capacité de s’occuper de notre sort à notre place. Lumumba l’avait dit, nous devons et nous allons écrire nous-mêmes notre histoire, quel qu’en soit le prix !

6 – Concrètement, la Lucha lance un appel solennel au peuple Congolais, hommes et femmes, jeunes et vieux, au pays comme au sein de la diaspora, pour se lever et faire échec à l’exercice du pouvoir en violation de la constitution de la République à partir du 19 décembre 2016 à minuit, de la manière suivante :

A. Entre le 1er et le 19 décembre 2016 :

– Mobilisation générale : chaque Congolais où qu’il se trouve est appelé a mobiliser autour de lui les citoyens sur la nécessité de nous lever et empêcher par tous les moyens légitimes le président Kabila de rester au pouvoir au-delà du 19 décembre 2016, par le bouche-à-oreille, par écrit, par les médias traditionnels et les réseaux sociaux, … A cet effet le slogan est : Bye Bye Kabila !
– Poursuite de l’identification des avoirs (maisons, commerces, concessions, capitaux, …) des « prédateurs de la démocratie » à travers le pays et à l’étranger, en vue de leur confiscation pour dédomager les victimes de la répression politique ou renflouer les caisses de l’Etat après le départ du président Joseph Kabila. La liste des principaux prédateurs de la démocratie identifiés par la Lucha est publiée en annexe du présent communique, et fera l’objet d’actualisation régulière au cours des jours et des semaines à venir. L’argent et la richesse, c’est la principale raison qui pousse à s’accrocher au pouvoir. Ceci ne doit en aucun cas être interprété comme un appel à casser ou piller ces biens. C’est une démarche citoyenne qui doit rester absolument pacifique.
– Démissions en cascade : la Lucha appelle les membres du gouvernement, de l’assemblée nationale, du Sénat, des assemblées provinciales et des gouvernements provinciaux, indépendamment de leurs obédiences politiques, à choisir dès aujourd’hui leur camp, entre le peuple et Kabila. Ceux qui choisissent le camp du peuple doivent le déclarer publiquement et commencer à déposer leurs démissions avec effet le 19 décembre 2016 à minuit. Tous les autres seront considérés comme n’étant pas du côté du peuple et, à compter du 19 décembre 2016, ils en assumeront toutes les conséquences sans possibilité de repentance, y compris en ce qui concerne leurs biens et avoirs (voir point précédent).
– Positionnement de la « communauté internationale » : la Lucha appelle les partenaires de la RDC à prendre également position, de manière directe et sans équivoque, pour dire qu’ils ne reconnaîtront plus les institutions actuelles de la RDC après le 19 décembre 2016 à minuit, et ainsi prendre fait et cause pour le peuple. Tout en saluant leurs efforts en faveur de la paix et la démocratie dans notre pays, la Lucha encourage notamment les Nations-Unies et l’Union européenne à imposer des sanctions individuelles rigoureuses contre les prédateurs de la démocratie en RDC dès aujourd’hui afin de les empêcher de mettre la RDC en feu et en sang au nom de leurs intérêts égoïstes.
– Violence policière et armée : la Lucha appelle les hommes et les femmes en uniforme (militaires, policiers, et par extension les agents de l’ANR) à refuser d’obéïr à l’ordre de quiconque leur demandera de tuer, blesser, enlever ou plus généralement causer à leurs concitoyens avant ou pendant les manifestations publiques pour s’opposer à la forfaiture au sommet de l’Etat. C’est le sens même de leur serment au drapeau, et, par-delà tout, c’est cela le patriotisme.
– Provisions : la Lucha encourage les Congolais, chacun comme il peut, à constituer des provisions pour leurs familles dès aujourd’hui, par mesure de précaution, et à cultiver la solidarité avec ceux qui n’ont pas les moyens.

 

B. A partir du lundi 19 décembre 2016 :
– Descente dans les rues partout dans le pays et dans la diaspora jusqu’au départ effectif de Joseph Kabila. La Lucha appelle les Congolaises et les Congolais à occuper pacifiquement alors les sièges et les symboles des institutions de la République (à Kinshasa : le palais de la Nation, le palais du Peuple, l’immeuble du gouvernement, la RTNC, etc. ; en provinces : les gouvernorats, les sièges des assemblées provinciales, les bureaux des adminitrations des territoires, … ; à l’étranger : les chancelleries et représentations de la RDC dans différentes capitales à travers le monde). L’occupation pacifique devra se poursuivre jour et nuit jusqu’au départ effectif de Joseph Kabila.
– Désobéissance civile et fiscale : les Congolais vont arrêter le travail au sein de toutes les administrations publiques (sauf service minimum dans les secteurs vitaux comme la sécurité publique et les frontières, la santé, l’adduction d’eau potable, la fourniture d’électricité et les transports). Les Congolais vont par ailleurs s’abstenir de s’acquitter des impôts et taxes de toutes natures jusqu’à l’installation d’un gouvernement légitime qui aura principalement la charge de restaurer l’ordre et organiser les élections dans les meilleurs délais.
– Saisie des biens et avoirs des prédateurs de la démocratie qui auront été entretemps identifiés (leurs noms seront régulièrement communiqués (voir plus haut).
– Renforcement du contrôle de toutes les frontières nationales pour empêcher la fuite des prédateurs de la démocratie et le transfert des biens et capitaux de la RDC.

7 – La question de l’exercice du pouvoir à partir du 19 décembre 2016 à minuit est clairement réglée par les dispositions des articles 75 et 76 de la constitution du 18 février 2006.

8 – Notre histoire s’écrira dans la sueur, peut-être dans le sang : en tout cas elle s’écrira par nous, Congolaises et Congolais, pour nous-mêmes et pour les générations futures. Assumons-nous avec courage et dignité !

Fait à Kinshasa, Bukavu, Goma, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Butembo, Beni, Bunia, le 1er décembre 2016.

 

Pour la Lucha,
La Cellule de Communication.

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ANNEXE : Liste des principaux prédateurs de la démocratie et des droits de l’Homme en République Démocratique du Congo (Première partie):

N° Civilité Noms Fonction/position Observations
1 M. Bahati Lukwebo ModesteD3:D21 Ministre de l’économie et président du parti AFDC
2 M. Barnabé Kikaya bin Karubi Conseiller diplomatique de Joseph Kabila
3 M. Bisengimana Charles (Général) Commissaire général de la PNC
4 M. Boshab Evariste Vice premier ministre (Interieur et Sécurité)
5 M. Dan Gertler Homme d’affaires de nationalité Israélienne
6 M. Funga Molima Mwata Evariste Prince Juge à la Cour constitutionnelle
7 M. Ilunga Kampeta (Général) Commandant de la GR
8 M. Kabange Numbi Felix Procureur général de la République
9 M. Kabila Jaynet Députée nationale et sœur jumelle du président de la République
10 M. Kabila Kabange Joseph Président de la République
11 M. Kabila Zoé Député national élu du Tanganyika et jeune frère du président de la République
12 M. Kalev Mutond ADG de l’ANR
13 M. Kalonda Kele Oma Yvon Juge à la Cour constitutionnelle
14 M. Kanyama Célestin (Général) Commandant de la Police nationale ville de Kinshasa
15 M. Kazembe Jean-Claude Gouverneur de province du Haut-Katanga
16 M. Kigwa Jean-Claude (Général) Commandant militaire dans l’ex Katanga
17 M. Kilomba Ngozi Mala Noël Juge à la Cour constitutionnelle
18 M. Kimbuta Yango André Gouverneur de la ville de Kinshasa
19 M. Lembe Disita Kabila Olive Epouse du président de la République
20 M. Lwamba Bindu bya Mangaza Benoît Juge à la Cour constitutionnelle
21 M. Matata Ponyo Augustin Premier Ministre
22 M. Mavungu Mgumbi di-Ngoma Jean-Pierre Juge à la Cour constitutionnelle
23 M. Mende Omalanga Lambert Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement
24 M. Minaku Ndjalanjoko Aubin, Président de l’Assemblée nationale et coordonnateur de la MP
25 M. Mova Sakanyi Secrétaire Général du PPRD
26 M. Mwilanya Néhémie Directeur de Cabinet de Joseph Kabila
27 M. Nangaa Corneille President de la CENI
28 M. Norbert Nkulu Mitumba Kilombo Conseiller de Joseph Kabila, membre fondateur du PPRD, et ancien ambassadeur de la RDC à Kigali
29 M. Numbi John (Général) Ex-Commissaire Général de la PNC et proche du président Kabila
30 M. Paluku Kahongya Julien Gouverneur de province du Nord-Kivu
31 M. Shadari Emmanuel Secrétaire Général adjoint du PPRD
32 M. She O’Kitundu Léonard Sénateur et membre influent de la MP
33 Mme Sifa Mahanya Kabila Mère du président Joseph Kabila
34 M. Thambwe Mwamba Alexis Ministre de la Justice
35 M. Yuma Albert Président du Conseil d’Administration de la Gecamines

Les sanctions citoyennes qui s’appliquent à eux, leurs familles et leurs partenaires d’affaires comprennent, outre la saisie des avoirs après le 19 décembre 2016, le boycott de leurs affaires (commerces, hôtels, restaurants, compagnies, etc.). Une liste de leurs biens sera publiée progressivement. Tous les citoyens sont appelés à les signaler anonymement, par SMS, par email (info@luchacongo.org & lucha.rdc@gmail.com) et sur les réseaux sociaux de la Lucha (Facebook, Twitter, …)

Fait à Kinshasa, Bukavu, Goma, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Butembo, Beni, Bunia, le 1er décembre 2016.
Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA).

Mouvement citoyen non-partisan & non-violent
des jeunes de la République Démocratique du Congo
Tel.: +243 97 42 33 390.
Email: lucha.rdc@gmail.com / info@luchacongo.org
Page Facebook : www.facebook.com/lucha.rdcongo
Twitter: @luchaRDC / Skype: lucha.rdc
www.luchacongo.org

Lettre ouverte de la Lucha à Monsieur Badibanga Ntita Samy, Premier Ministre nommé en RDC

 

 

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capture d’écran d’un des multiples messages militants de @SamyBadibanga sur Twitter.

 

Monsieur Badibanga,

Nous venons d’apprendre votre nomination par ordonnance présidentielle en tant que nouveau Premier Ministre de la République Démocratique du Congo.

Nous aurions aimé vous en féliciter, et nous en féliciter nous-mêmes, d’autant plus que vous avez toujours dénoncé les manœuvres intentionnelles pour ne pas organiser les élections, les atteintes aux libertés publiques, les crimes incessants et impunis contre les congolais (Beni, Maluku, Tshimbulu, …), etc., du moins publiquement. Hélas, comme vous n’avez cessé vous-même de le rappeler, le second et dernier mandat constitutionnel du président de la République de qui vous tenez la nomination prend fin le 19 décembre 2016. C’est dans 32 jours seulement ! Même avec toutes les compétences et toute la volonté du monde, vous auriez à peine le temps de composer un cabinet et d’élaborer un programme de gouvernement. Vous le savez très bien, le prétendu « accord politique » du 18 octobre 2016 n’a aucune valeur supra-constitutionnelle pour vous donner éventuellement plus de temps.
Si vous tenez toujours au bien de la RDC et des Congolais ; si vous croyez toujours aussi fortement aux vertus de la démocratie et de l’alternance politique pacifique ; si vous n’avez pas hypothéqué la nuit dernière votre dignité et votre probité au nom de nous ne savons quel appât ; alors renoncez à cette nomination ! Dites poliment au président de la République : « Merci de votre confiance, mais la trentaine de jours qu’il vous reste au pouvoir c’est bien trop insignifiant pour me permettre de former un gouvernement et de réaliser une quelconque mission en tant que Premier ministre ! »

Par ce geste simple, vous aurez beaucoup réalisé pour la RDC. La
postérité – la vôtre tout comme celle du Congo en général – retiendra votre nom comme l’une des personnalités politiques qui auront défendu les valeurs républicaines et se seront rangées du côté du peuple, y compris en résistant à la tentation du pouvoir et des avantages qui vont avec !

Fait à Kinshasa, le 17 novembre 2016.

La Lutte pour le Changement (Lucha) – mouvement citoyen non-partisan et non-violent des jeunes de la République Démocratique du Congo.

15 jours déjà depuis que 3 militants de la Lucha sont injustement détenus à Goma.  Communiqué nº Lucha/03116

Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.
Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.

 

Goma, 8 novembre 2016 – Quinze jours se sont écoulés depuis l’arrestation à Goma de plusieurs militants du mouvement citoyen la Lutte pour le Changement (Lucha). Si la plupart ont été relâchés depuis, trois d’entre eux ont été inculpés et transférés à la prison centrale de Goma où ils croupissent encore à ce jour.

Il s’agit de :
1. Faustin Dunia, 24 ans, licencié en communication, et travaillant comme marketeur dans un super marché de Goma;
2. Glody Ntambwe, 23 ans, étudiant en troisième année à l’Institut Supérieur d’Informatique de Goma (ISIG) et animateur à une radio local;
3. Jacques Muhindo, 26 ans, ingénieur agronome.

Faussement accusés d’être rentrés à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC) de Goma sans autorisation et d’avoir tenté d’y administrer le cours d’Education à la Citoyenneté aux nouveaux étudiants en lieu et place des enseignants habilités – ce qui est totalement faux -, nos trois camarades ont été inculpés de « violation de domicile », « usurpation de fonctions » et « menaces de mort ». Ils encourent jusqu’à 2 ans de prison ferme.

Le lundi 24 octobre 2016, Faustin, Glody et Jacques faisaient partie des militants de la Lucha qui sensibilisaient la population de Goma à participer au sit-in devant le quartier général de la Monusco/Goma les mercredi 26 et jeudi 27 octobre, afin de protester contre le soutien de l’Union Africaine et des Nations-Unies au coup d’Etat constitutionnel résultant de l’accord signé à la Cité de l’OUA à Kinshasa le 18 octobre 2016. Ces manifestations pacifiques étaient prévues pour coïncider avec la tenue du sommet de Luanda sur la RDC. Ils étaient 6 à etre arrêtés le 24 octobre, torturés en plein air au bureau de la police (P2), avant d’être transférés au parquet de grande instance 48 heures plus tard. Trois d’entre eux furent libérés le soir du 26 octobre 2016, en même temps que 9 autres militants arrêtés le 25 et le 26 octobre dans le même cadre de ces manifestations projetées.

Ces trois braves camarades sont aujourd’hui comme des otages pris pour payer à la place de tous les autres, le péché d’être des citoyens engagés pour le respect de la constitution et la défense de la démocratie.

La Lucha dénonce un N-ième cas d’instrumentalisation de la Justice à des fins de répression des droits et libertés fondamentales des citoyens, et spécialement des activistes pro-démocratie.

La Lucha exige leur libération immédiate, l’abandon des poursuites infondées à leur encontre, et la fin du harcèlement policier et judiciaire contre ses militants, à Goma et ailleurs en République Démocratique du Congo.

La Lucha rappelle le Communiqué de la Rapporteure spéciale de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples du 29 octobre 2016 et ses recommandations pertinentes à l’endroit des autorités congolaises (https://t.co/gSbFD90PR1), et demande à cette dernière de faire le suivi en vue de leur mise en œuvre effective.

Nous continuons à encourager la jeunesse congolaise et les citoyens en général à ne pas baisser les bras pour autant; à imiter le courage et la détermination des militants de la Lucha qui, malgré les arrestations et le harcèlement, continuent à se battre pacifiquement pour la liberté et la dignité de notre peuple.

Fait à Goma, le 8 novembre 2016.

Pour la Lucha,
La Cellule de communication.

 

COMMUNIQUÉ LUCHA N°03016 LA LUCHA N’EST PAS MEMBRE DE LA PLATEFORME DÉNOMMÉE  »FRONT POUR LE RESPECT DE LA CONSTITUTION »

 

En date du 29 Octobre dernier, la LUCHA a reçu l’invitation de madame Ève BAZAIBA, Secrétaire Générale du parti politique Mouvement de Libération du Congo (MLC), pour prendre part à la cérémonie du lancement officiel d’une nouvelle plateforme politique initiée par le MLC en collaboration avec d’autres politiques et sociales.

La Lucha salue toutes les actions et initiatives sincères et non-violentes pour faire respecter la constitution, y compris en ce qui concerne l’alternance politique pacifique au sommet de l’Etat le 19 décembre 2016. Elle tient cependant à faire la mise au point suivante :

1. Contrairement aux informations qui ont circulé dans certains médias, la Lucha dément catégoriquement faire partie de la plateforme « Front pour le respect de la constitution » et de toute autre plateforme politique, y compris le « Front Citoyen 2016 », le « Rassemblement » etc.

2. La Lucha réitère son ouverture et sa disponibilité à prendre part à toute discussion constructive pour faire avancer la cause du Congo, pour autant que son indépendance et ses caractères non-partisan et non-violent sont strictement respectés. C’est à ce titre qu’elle a par le passé participé à des rencontres et discussions, au pays ou à l’étranger, avec plusieurs partis politiques, plateformes et personnalités politiques, toutes tendances confondues.

3. Désabusé par l’inconstance, l’inconséquence et la mauvaise foi qui caractérisent la classe politique congolaise en général, la Lucha tient à réaffirmer son indépendance, sa liberté d’action et son approche non-partisane; à éviter tout amalgame nuisible à son combat purement citoyen et désintéressé.

4. La Lucha reste profondément attachée au respect de la constitution de la République. Nous restons ouverts à toute discussions sincères, sans arrières-pensées politiciennes, afin d’épargner à la RDC une N-ième effusion de sang tout en préservant l’ordre constitutionnel, suivant la feuille de route du 21 octobre 2016 des mouvements citoyens et des organisations de la société civile congolaise.

5. Pour la Lucha, ce qui importe aujourd’hui à la RDC c’est davantage la convergence des actions concrètes et crédibles pour sauver la démocratie, que la multiplication de plateformes et d’annonces de tous genres.

Fait à Kinshasa, le 06 Novembre 2016

Pour la Lucha
La cellule de communication

Ca y est ! Le coup d’Etat constitutionnel tant redouté vient de se produire

Ça y est ! Le coup d’Etat constitutionnel tant redouté vient de se produire : Kabila peut rester indéfiniment au pouvoir, car s’il a violé sans réserve la constitution, quel scrupule aura-t-il à violer un simple accord signé avec une horde d’assoiffés de postes?

Alors qu’à la Cité de l’OUA les participants au pseudo-dialogue politique adoptaient leur accord de partage de pouvoir au mépris total de la constitution et de la mémoire de nos compatriotes morts en martyrs pour la défendre (pour ceux des 19 et 20 septembre le deuil n’est même pas terminé), 5 des 9 membres de la Cour constitutionnelle étaient en train de donner un blanc-seing à la CENI, en violation flagrante de la loi régissant cette Cour et au-delà des pouvoirs que leur confère la constitution. Un arrêt manifestement écrit à l’avance à Kingakati, qu’ils devaient à tout prix avaliser pour satisfaire la volonté de leur « autorité morale ».

Ce qui va suivre ? Un nouveau gouvernement des fossoyeurs de la démocratie va etre mis en place et sera investi par une Assemblée nationale acquise à la « majorité présidentielle ». Et lors du sommet de Luanda la semaine prochaine, le fait accompli sera juste constaté par une Union africaine et des organisations régionales animées par ces dictateurs de qui Kabila ne fait que s’inspirer, et qui ne peuvent donc que le soutenir. Les occidentaux vont dénoncer, se plaindre, peut être prendre quelques sanctions complaisantes, et puis c’est tout. Un peu de temps, et Kabila aura gagné son pari. Dans deux ans que vaudra encore la constitution? Pas grand chose. Qu’est ce qui garantit que ce qu’on n’a pas réalisé en 5 ans on va le réaliser en 2 ans ? Absolument rien !

To #Telema, ne laissons pas faire cette grave forfaiture. Montrons au monde que nous sommes un Peuple mature, prêt à se pendre en charge; à défendre sa dignité et sa liberté !

Si le Peuple laisse faire maintenant, alors on est partis pour des décennies d’une dictature pire que celle de Mobutu, pour un nombre Indéterminé de décennies. En 15 ans de présidence de Kabila nous avons connu les pires massacres, les pires humiliations, la corruption a atteint des niveaux jamais égalés, Kabila et son clan ont accumulé plus de richesses que Mobutu n’en a accumulés en 32 ans de règne, des criminels ont été protégés et défendus, le chômage et la pauvreté se sont creusés, etc. Sommes-nous prêts à continuer de supporter cette situation, ou voulons-nous le changement ?

Si nous voulons le changement, levons-nous pour défendre notre constitution et exiger le départ de Joseph Kabila immédiatement. On n’a plus de raison d’attendre décembre 2016, parce qu’il a deja démontré qu’il se moque éperdument des lois, y compris la constitution qu’il a pourtant juré de défendre.

À partir de ce mardi 18 octobre, mobilisons nous donc dans nos villages et nos villes pour obtenir son départ. Trop c’est trop ! Marchons, crions, mobilisons-nous sans ménagement jusqu’à ce qu’il parte !

Nous ne pouvons compter que sur nous mêmes, car les politiciens cherchent tous leurs propres intérêts, et la communauté internationale ne fera pas plus qu’observer et s’apitoyer sur notre sort.

L’application de l’article 64, c’est maintenant ou jamais ! Étudiants, élèves, fonctionnaires, commerçants, débrouillards : c’est notre destin qui est en jeu.

A la Lucha !

Contact :
+243 97 42 33 390

R.D.Congo: Alerte sur l’imminence d’un coup d’Etat constitutionnel.  Déclaration nº Lucha/03416.

 

GOMA, le 15 octobre 2016 – Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha) alerte les congolais et les amis du Congo sur l’imminence d’un coup d’Etat constitutionnel aux conséquences graves, sous couvert d’un pseudo « accord politique » sans aucun fondement légal et sans aucune légitimité.

En effet, la Facilitation, la « majorité présidentielle » et l’ « opposition » participant au prétendu « dialogue politique » en cours depuis le 1er septembre à la cité de l’OUA ont annoncé ce weekend à travers les médias qu’ils étaient parvenus à un compromis qui permettrait notamment :
– Le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà de son second et dernier mandat constitutionnel le 19 décembre 2016;
– La tenue hypothétique des élections présidentielle, législatives et provinciales en avril 2018;
– Le partage de pouvoir entre les participants à ce « dialogue », y compris avec l’octroi du poste de Premier ministre à une certaine opposition.

Une « plénière » censée clôturer ce dialogue à huis-clos, avec à la clé pareil accord, ppourrait avoir lieu ce lundi 17 octobre à Kinshasa.

La Lucha dénonce ce hold-up constitutionnel qui se trame, et met sévèrement en garde ses auteurs et leurs complices. Ils seront seuls liés par leur accord et devront assumer l’entière responsabilité du chaos qu’ils cherchent à tout prix à créer, en ignorant obstinément les nombreux avertissements de notre Peuple contre toute atteinte au Pacte républicain consacré par la constitution du 18 février 2006, et contre toute tentative pour le président Joseph Kabila de rester au pouvoir au-delà du 19 décembre 2016.

La Lucha met particulièrement en garde la « communauté internationale », y compris l’Union africaine, l’Organisation des Nations-Unies, et l’Organisation internationale de la Francophonie, contre toute caution directe ou implicite à ce qui se trame à la cité de l’OUA, et appelle les vrais amis du Peuple congolais à dénoncer publiquement tout arrangement politicien qui violerait non seulement la constitution de la RDC, mais également la résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU.

La Lucha rappelle au Facilitateur Edem Kodjo les termes et le fondement juridique de son mandat, et l’enjoint de se garder de s’en écarter. Nous le prévenons personnellement, ainsi que l’Union africaine qui l’a mandaté : un accord dans le sens annoncé dans les médias serait ni plus ou moins une provocation et une incitation à la révolte vis-à-vis de notre Peuple. Le but d’un dialogue politique était de résorber l’impasse politique, hélas il est en passe de l’aggraver, voire de précipiter le chaos tant redouté.

La Lucha saisit l’occasion pour rappeler les juges de la Cour constitutionnelle au sens élevé de responsabilité, et à la mesure de la gravité de leur décision pour la Nation, pour eux mêmes et pour leur descendance, lorsqu’ils auront à prononcer sur la requête tendancieuse de la CENI au sujet de l’élection présidentielle dont la non-convocation le 19 septembre dernier a constitué une violation grave de la constitution dont ils sont légalement les gardiens.

Des centaines de congolais sont morts, notamment en janvier 2015 et en septembre 2016, en défendant la constitution; en défendant la liberté et la dignité de notre peuple. Combien de morts et de destructions la classe politique congolaise veut-elle encore provoquer au nom de ses intérêts égoïstes et de sa boulimie du pouvoir ? La « communauté internationale » dira-t-elle qu’elle n’a rien vu venir ? Le temps d’empêcher la RDC de sombrer dans le chaos c’est maintenant ou jamais !

Sur la foi de l’article 64 de la constitution, qui fait de la résistance à l’imposture politique un droit et un devoir sacrés pour tout congolais, la Lucha appelle les citoyens à se mobiliser partout et à résister par tous les moyens pacifiques à tout plan de confiscation de la souveraineté populaire et d’abrogation de l’ordre constitutionnel chèrement acquis, que pareil plan émane de la cité de l’OUA ou d’ailleurs.

La Lucha reste convaincue que malgré la mauvaise foi, l’égoïsme des politiciens, et la léthargie de la « communauté internationale », une issue à l’impasse politique actuelle est possible, tout en préservant l’ordre constitutionnel. La Lucha continuera à y œuvrer avec les autres forces sociales de bonne volonté. Le Peuple aura le dernier mot !

Fait à GOMA, le 16/10/2016.

Pour la Lucha,
Miel Kaghulalo,
Militant

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Réprimés pour avoir entrepris de nettoyer un des lieux insalubres de Kinshasa. Communiqué de presse nº Lucha/03016

 

Kinshasa
Des Luchéens en train de curer un caniveau près du rond-point Victoire ce matin à Kinshasa.

Kinshasa, le 8 octobre 2016 – La police a violemment dispersé des militants de la Lucha qui participaient lors d’une activité de salubrité publique (Salongo) ce matin à Kinshasa. Un militant a été grièvement blessé à la cuisse et au ventre par l’éclat d’une bombe lacrymogène lancée par des policiers en furie. Le blessé a été pris en charge, et sa vie n’est heureusement pas en danger. Plusieurs autres militants et des habitants du quartier venus s’associer à cette activité civique s’en sont sortis avec des égratignures et des douleurs causées par le gaz lacrymogène.

L’activité de ce samedi matin s’inscrivait dans le cadre du « Salongo » (travail bénévole et d’intérêt général), une culture civique que notre mouvement citoyen a entrepris de restaurer depuis 2015. Il s’agit pour tous les citoyens de consacrer quelques heures par semaine à des travaux manuels d’intérêt public, comme par exemple le nettoyage des rues et d’autres places publiques, le curage des canalisations des eaux des pluies, etc. Non seulement l’activité permet aux citoyens de contribuer au bien être général, d’aider les pouvoirs publics dans l’accomplissement de leur mission de salubrité publique, mais elle permet également aux gens dans les villages et les quartiers de se côtoyer, de se parler, de résoudre ensemble leurs problèmes immédiats avec les moyens du bord.
Dans certaines villes comme Goma, les autorités se sont carrément appropriées cette activité et ont décrété que chaque samedi de 6h00 à 10h00 les activités commerciales sont fermées afin de permettre aux habitants de faire le « Salongo ». Il en est de même pour la ville de Kinshasa où le gouverneur de province recommande le même programme chaque samedi.

 

La Lucha discute avec la police venue interdire le Salongo
Des Lucheens discutent avec la police venue interdire le Salongo

Comme dans plusieurs villes du pays, ce samedi matin, les militants de la Lucha s’étaient mobilisés avec d’autres citoyens pour faire le Salongo afin aussi de répondre à l’appel de l’autorité. À Kinshasa nous étions donc réunis au rond-point Victoire, dans la commune de Kalamu, l’un des endroits les plus insalubres de la capitale, afin de nettoyer la Place des Artistes ainsi que les rues et caniveaux environnants. Vers 9h15 la police est intervenue pour nous interdire de poursuivre le nettoyage de cet endroit, car, d’après elle, c’est une tâche qui incombe aux autorités municipales et urbaines. Les militants sont alors allés voir le bourgmestre de la commune pour protester contre cette attitude et lui demander si c’était lui qui avait réellement ordonné à ces policiers d’interdire un travail de salubrité publique. Ne l’ayant pas trouvé, les militants ont rapidement nettoyé l’enclos tout aussi insalubre de la commune avant de retourner sur la Place des Artistes pour poursuivre le travail en attendant l’arrivée du bourgmestre. Mais au moment de leur arrivée sur les lieux, les policiers qui avaient entre-temps renforcé leurs effectifs ont délibérément tiré des bombes lacrymogènes sur ces militants afin de les disperser.

La Lucha dénonce et condamne avec la dernière énergie cette répression injustifiable d’une activité purement civique et d’intérêt général. La Lucha demande au gouverneur de la ville de Kinshasa et au commandant de la police de condamner publiquement ces incidents, d’identifier et sanctionner sévèrement les responsables, et de s’assurer qu’à l’avenir cela ne se répète jamais.

Nettoyer un endroit insalubre n’est pas seulement suppléer à la carence des autorités, il en va aussi de notre propre santé en tant que citoyens. Faut-il encore être « sous l’impulsion ou sous le patronage de… », pour veiller à notre bien être et à celui de nos concitoyens?

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Les immondices en cours d’évacuation Place des Artistes, commune de Kalamu, à Kinshasa à ce matin. 

Plutôt que de nous réprimer, les autorités devraient encourager et promouvoir le Salongo, doter les brigades de jeunes dans les villes et les villages d’outils afin de rendre optimale leur contribution.

La Lucha va poursuivre et intensifier le « Salongo » et demande aux congolais de s’impliquer massivement. Le changement commence par l’implication de tous, localement, chacun comme il le peut.

Fait à Kinshasa, le 8 octobre 2016

Pour la Lucha,
La Cellule de Communication.

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N.B. A Goma, Bunia, Kisangani, Beni et ailleurs, le Salongo d’aujourd’hui s’est déroulé sans incident.

Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou

 

Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou
Crapaud fou, aujourd’hui, 14h04

Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou

Né au Kivu il y a 28 ans, Remy Mumbere Mukweso n’a connu que la guerre, les pillages et les viols. Avec ses camarades de la Lucha, « Lutte pour le changement », qui se revendique non violent et sans affiliation politique, il s’engage aujourd’hui pour que les choses changent. Quitte à mettre en jeu sa liberté et sa vie puisque le gouvernement actuel du président Kabila n’hésite pas à recourir à la force pour mater ces jeunes Congolais. Alors pour se donner du courage, il lit Gandhi, Martin Luther King et Alexandre Jardin.

http://www.rts.ch/play/radio/-/audio/remy-mumbere-mukweso-militant-a-la-lucha-et-crapaud-fou?id=7838435

INTERVIEW DU MILITANT DE LA LUCHA Marcel Héritier KAPITENE

 

Marcel, militant congolais en prison : « Je préfère affronter mes bourreaux en face »

Propos recueillis par Fiston Mahamba (contributeur Le Monde Afrique, Kinshasa)

LE MONDE Le 07.07.2016 à 17h10 •

Les autorités congolaises ont libéré plusieurs opposants et militants de la société civile, mercredi 6 juillet, mais pas Marcel Héritier Kapitene. Ce dernier, 27 ans, licencié en économie, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), a été condamné à douze mois de détention. De sa cellule du centre pénitentiaire de Makala, à Kinshasa, il a répondu à nos questions.

Comment avez-vous été arrêté ?

Marcel Héritier Kapitene Le 15 février, Bienvenue Matumo et moi avons été reçus par le sous-secrétaire d’Etat américain aux droits humains. Nous avons plaidé en faveur de la libération de trois collègues arrêtés à Kinshasa, Fred Bauma, Yves Makwambala et Godefroy Mwanabwato.

En sortant de cette réunion, nous avons appris l’attestation de Victor Tesongo, du parti Union pour la nation congolaise (dirigé par l’opposant Vital Kamerhe) avec qui nous travaillions pour organiser la journée « ville morte », le lendemain, qui exigeait le respect du délai constitutionnel quant à l’organisation de la présidentielle. Alors nous avons pris la décision d’entrer dans une clandestinité partielle. Nous avons pris une chambre dans un hôtel peu connu de la commune de Bandalungwa. Cette nuit-là, nous avons été alertés par nos collègues de Goma. La police et les services des renseignement forçaient les domiciles de certains de nos militants et les amenaient vers des destinations inconnues.

Le matin du 16 février, vers 5 heures 30, nous avons été arrêtés par des hommes armés, en tenue civile. Aucun motif ne nous a été signifié. Ils nous ont fouillés au commissariat et ont confisqué nos téléphones. Comme ils ont vu une carte bancaire, ils nous ont proposé de négocier notre libération. Ils nous ont conduits à un distributeur automatique où nous leur avons remis 200 dollars. Mais, au lieu de nous relâcher, ils nous ont amenés au commissariat de Funa puis à l’inspection provinciale de la police de Kinshasa.

Avez-vous été assisté par un avocat ?

Non. Les interrogatoires se sont déroulés sans accès ni à nos avocats, ni à nos familles. Puis nous avons passé deux jours sans manger et sans boire dans une cellule humide. Le matin du 19 février, nous avons été transmis au parquet général de la République, qui nous a à son tour transmis au parquet de grande instance de la Gombe. C’est là que nous avons pu avoir accès à l’un de nos avocats et à nos familles. Le 23 février, nous avons été transmis au centre pénitentiaire et de rééducation de Makala où nous sommes toujours détenus et condamnés à douze mois de prison pour « incitation à la désobéissance civile » et « propagation des faux bruits ». Durant les audiences, la cour peinait à démonter ces infractions, mais elle n’a pas pu nous acquitter, craignant peut-être les représailles de l’exécutif.

« J’APPARTIENS À UNE GÉNÉRATION QUI N’A JAMAIS CONNU LA PAIX. UN MOMENT, J’AI PENSÉ QUE LA PRISON ÉTAIT MON DESTIN. MES AMIS Y ÉTAIENT DÉJÀ » MARCEL HÉRITIER KAPITENE

J’ai été maltraité. Mais l’important n’est pas de sauver sa peau. Dans un combat, il n’y a rien d’autre qui compte que le combat lui-même.

Qui sont vos codétenus ?

Dans ma cellule, nous sommes trois. Je suis avec un général de l’armée congolaise arrêté dans une affaire immobilière et un jeune garçon condamné pour viol.

La prison a-t-elle radicalisé vos engagements ?

La prison n’est pas pire que ce qui se passe au Congo. J’ai perdu des amis d’enfance, des anciens collègues et des voisins dans les massacres de civils à Béni. J’ai perdu un ami dans le sud du territoire de Lubero. C’est cela qui me radicalise, les Congolais qu’on tue chaque jour dans ma région. J’appartiens à une génération qui n’a jamais connu la paix. Un moment, j’ai pensé que la prison était mon destin. Mes amis y étaient déjà. Je savais que j’étais suivi. Lorsque j’ai dénoncé le silence du premier ministre face aux massacres de Béni en 2015, un député m’a conseillé de quitter le pays. Mais je préfère affronter mes bourreaux en face.

Combien de temps en prison avant d’être condamné ?

J’ai dû attendre trois mois pour être fixé sur ma peine. J’espère que ce temps sera pris en compte. Je n’ai jamais pris possession de mon jugement écrit. La procédure est longue. Je me concentre plutôt sur l’appel qui sera probablement fixé ce mois.

Votre famille vous reproche votre engagement ?

J’ai toujours eu des ennuis avec certains membres de ma famille et de ma communauté. Mais il m’arrive de penser que la cause globale transcende nos individualités et nos appartenances. C’est à moi de prêcher le bon exemple. Un engagement est d’abord personnel. J’appartiens à ma famille oui, mais aussi à mon pays. Je lis Martin Luther King et Nelson Mandela. Vu la manière dont chacun est parti vers les étoiles, il m’arrive parfois de croire que le destin existe.

Que faites-vous en prison ?

Je passe mon temps à lire et à écrire. La prison a bloqué la sortie de mon premier livre, mais c’est aussi un tournant décisif dans ma vie. Je ne pense plus comme avant. J’ai appris à vivre au-delà des simples questions physiques. J’ai dû faire une pause dans la mise à jour de mon blog. Chaque jour, j’essaie de sacrifier une partie de moi-même pour le plus grand nombre. J’aimerais demander à tout Congolais de contribuer à sa manière et à sa mesure à l’avènement d’un nouveau pays, potentiellement riche mais avec une population très pauvre suite à la mauvaise gouvernance depuis plusieurs décennies.

Que ferez-vous en sortant ?

J’ai dû interrompre mon master en économie, c’est à cela que je me consacrerai en premier. Mais il n’est pas question d’arrêter le combat pour la démocratie. La prison ne m’a pas ébranlé.

Article du journal: @lemonde

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/07/07/marcel-militant-congolais-en-prison-je-prefere-affronter-mes-bourreaux-en-face_4965710_3212.html