Julien Paluku reconnaît publiquement sa résponsabilité directe dans la répression systématique

URGENT ! Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, reconnaît publiquement sa résponsabilité directe dans la répression systématique de nos actions, sous couvert de la « Justice » qui agit donc sous ses ordres. Mais au-delà, il reconnaît que la restriction systématique des libertés publiques dans le pays est une politique délibérée du gouvernement pour anéantir tout éveil citoyen de la jeunesse, au moment où les manœuvres pour maintenir Joseph Kabila au pouvoir en violation de la constitution se poursuivent. Suivez attentivement cet enregistrement des propos de Julien Paluku ce vendredi 18 février 2016 à son retour à Goma, après un long séjour à Kinshasa, et ses entretiens privés avec le president Joseph Kabila : https://m.youtube.com/watch?v=MR909pCV20g&feature=youtu.be. Suivez jusqu’au bout svp !

Quand nous disions que toutes les arrestations arbitraires et les condamnations des jeunes à Goma étaient l’œuvre de Julien Paluku, certains en avaient douté. Ses aveux tombent à propos !

Les dernières victimes en date de Julien Paluku sont nos 18 camarades arrêtés depuis mardi dernier pendant une marche silencieuse, et qui viennent de passer une troisième nuit au misérable cachot du parquet de grande instance. Otages d’une Justice aux ordres, leur liberté nous est proposée au prix de 100.000 francs congolais la tete, exactement comme dans les cas de kidnapping qui sont devenus courants au Nord-Kivu. Un ranconnage aussi honteux qu’indécent d’autant plus qu’il n’émane pas de bandits « non autrement identifiés », mais des pouvoirs publics !

En vue de montrer que nous n’avons pas peur et témoigner de notre solidarité envers ces 18 braves jeunes, retrouvons nous très nombreux au parquet de grande instance ce samedi à partir de 7h30. Informez vos amis et faites circuler l’information aussi loin que possible afin que nous disions haut et fort au monde que nous, les jeunes congolais, n’allons renoncer à notre liberté pour rien au monde !

A la Lucha !

 

 

Répression violente de notre manifestation du 28 novembre 2015 à Goma : nous brisons le silence !

#RDC: Des centaines de morts à Beni, et on n’a même pas le droit de faire leur deuil !? Retour sur la répression ce samedi 28 novembre 2015 de la manifestation pacifique que nous avions organisée à Majengo au nord de Goma.

  1. RAPPEL DES FAITS : Depuis plus de 12 mois, il ne se passe pas une seule semaine sans que nos compatriotes de la région de Beni soient la cible de tueries barbares (à la machette et autres armes blenches, mais parfois aussi par balles, incendies de maisons et de véhicules, etc.). Ce massacre continuel a déjà fait près de 600 victimes en seulement une année : enfants, femmes, hommes, commerçants, villageois, …

  2. Depuis le début, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) dénonce ces massacres qui se commettent souvent au nez et à la barbe de l’armée, la police, les services de renseignement, et la Monusco tous présents dans la zone. Notre question est celle de tous les Congolais, et en premier lieu de nos compatriotes qui subissent nuit et jour cette situation dans leur chair : nos autorités sont-elles incapables de mettre fin à ces massacres; de trouver et juger ses auteurs ? Ou sont-elles complices ? Car comment expliquer que pendant plus d’une année les auteurs de ces massacres continuent leur besogne et qu’aucun d’entre eux n’a été présenté à la population et jugé ? On nous dit que ce sont les ADF/NALU ougandais, peut-être bien. Mais pourquoi n’engage-t-on pas une offensive de grande envergure pour les déloger de cette région et mettre définitivement fin au calvaire de la population ? On dit qu’il y aurait des complicités locales : mais combien a-t-on arrêtés et jugés parmi ces complices, de façon transparente et objective ? Pourquoi la mort du Colonel Mamadou et du Général Bahuma en pleine opération Sukola 1, dans des conditions très troubles pour la plupart de nos concitoyens ?

  3. En hommage aux victimes de ces massacres, mais aussi pour rappeler aux autorités que nous on n’oublie pas nos frères et soeurs de Beni; que nous (contrairement peut-être à la plupart de ces autorités) on ne dort pas tranquillement tant qu’il y a quelque part des Congolais qui meurent et qui souffrent, la LUCHA a organisé plusieurs actions citoyennes (marches, sit-in, deuils, …). Dans toutes ces actions, notre but était de demander aux autorités de 1) mobiliser tous les moyens de l’Etat pour arrêter ces massacres le plus vite possible; 2) assister les familles des victimes au nom de la solidarité nationale 3) identifier de façon incontestable, trouver et éliminer ou juger les responsables de ces massacres, qu’ils soient auteurs directs, commanditaires, ou complices. C’est dans ce même ordre d’actions que ce samedi 28 novembre 2015 nous avions organisé un « deuil populaire » en plein air à Majengo (un quartier populaire au nord de la ville de Goma).

  4. CE QUI S’EST PASSE à Majengo le samedi 28 novembre 2015: Le deuil devait déibuter à 8h00 du matin. Depuis plusieurs jours, des militants de la LUCHA avaient sillonné les avenues, marchés et ruelles du quartier Majengo pour appeler les habitants à participer massivement à ce moment de recuillement et d’appel à l’action des autorités par rapport à la tragédie de Beni. La Mairie de Goma avait été régulièrement informée par écrit de cette manifestation pacifique (voir accusé de réception parmi les photos ci-jointes). Le Maire de Goma, Dieudonné Malere Ma-Micho, s’était même entretenu personnellement avec une délégation du mouvement citoyen LUCHA la veille de la manifestation. Bien qu’il avait proféré des menaces insensées, il avait quand même été informé conformément à la constitution, et n’avait pas interdit que la manifestation se tienne (encore que constitutionnellement il n’en a aucun pouvoir).

  5. La manifestation a donc commencé à 8h00 comme prévu. Plus de 500 personnes (femmes, enfants, hommes, vieux, jeunes) s’étaient rassemblés le long de la route dite « Kibarabara » dans un esprit de recueillement, et dans une grande dignité. Des messages étaient inscrits sur quelques banderoles pour dire « Massacres de Beni, pourquoi ce silence? » ou encore « Tunataka amani iruye Beni haraka » (ce qui signifie « Nous voulons que la paix soit rétablie rapidement à Beni »). Un feu était allumé au milieu de la foule en signe de deuil, comme le veulent nos coutumes. Des témoignages et autres messages étaient donnés par les participants à tour de rôle. Soudain, vers 8h45, une centaine de policiers et militaires, dont la plupart étaient armés d’armes à feu, vont faire irruption au lieu de la manifestaion. Ils sont venus certains à pied dans de longues files indiennes, d’autres par des jeeps de la police et de l’armée. Ils vont se positionner le long de la route et, sans aucune sommation, commencer à tirer des bombes lacrymogènes et des balles réelles dans la foule. Les gens vont alors courir dans tous les sens, pendant que les militants de notre mouvement qui étaient chargés de veuiller au bon déroulement de la manifestation essaient de raisonner le commandant de la police déployée sur place, sans succès.

  6. BILAN provisoire :

Dans la foulée, la répression extrêmement violente de la « Police des Polices » commandée par un certain Colonel Job Alisa, a fait :
– Au moins deux personnes ont été blessées par les balles de la police, dont une fille de 14 ans répondant au nom de Furaha qui a reçu une balle dans la jambe gauche. La jeune fille est actuellement soignée dans un hôpital de la place. Nous ne savons pas encore où le second blessé par balle a été amené.
– 12 personnes violemment arrêtées et conduites au cachot de la Police des Polices de Goma (Virunga, non loin de la prison Munzenze), dont 2 militants de la LUCHA Juvin Kombi (diplômé en droit de l’Université de Goma) et Pascal Byumanine (étudiant à l’ULPGL). Ces 12 personnes ont été battues pendant leur arrestation, leur transfert au cachot, et même pendant leur audition, en plus d’être dépouillées de tous leurs biens. Parmi elles il y a aussi deux élèves, dont un jeune mineur de 17 ans.
– De l’argent, des téléphones et autres biens des participants à la manifestation pacifique et de simples passants volés par les policiers dans leur incroyable furie.
– Le soir de ce même samedi, alors qu’il apportait un peu de nourriture aux 12 personnes arrêtées, le militant Ghislain Muhiwa a été à son tour violemment interpellé par les policiers, passé à tabat, ses vêtement déchirés, puis il a été interrogé pendant près de 45 minutes, avant d’être jeté à l’extérieur du petit enclos.
– Les policiers de garde exigent systématiquement une rançon de 500 Francs Congolais à chaque fois que quelqu’un veut voir un des détenus ou lui remettre quelque chose à manger.
– A part la jeune FURAHA hôspitalisée, les 12 autres détenus ont tous besoins d’être soignés. Certains ont des douleurs aux membres, d’autres des brûlures. Juvin Kombi a la lèvre inférieur gonflée et des douleurs à la tête à cause des coups qu’il a reçus. De plus ils ont besoin d’être assistés par des avocats (droit qui ne leur a pas été signifié lors de l’arrestation ni avant les auditions).
  1. ACCUSATIONS RIDICULES DES AUTORITES (Police et Mairie de Goma) pour essayer de se dédouaner de cette violente répression : Contrairement aux allégations ridicules de certaines autorités entendues dans certains médias,

– La manifestation était pacifique. Dans près de 4 ans d’existence du mouvement citoyen LUCHA, jamais nous n’avons fait recours à la violence sous quelque forme que ce soit. Nous prêchons les actions non-violente comme alternative à la violence qui n’a fait que trop de mal à notre pays et notre peuple depuis des décennies. a LUCHA est et restera toujours un mouvement citoyen non-violent, pacifique, et non-partisan.
– Les autorités avaient été régulièrement informées par écrit (la preuve ci-annexée). Une délégation de notre mouvement a même été reçue la veille de la manifestation par le Maire Dieudonné Malere en personne pour un échange à ce sujet. Les policiers qui ont intervenu pour réprimer ont vu l’accusé de réception de l’avis de manifestation paciffique, et l’ont déchiré au vu de tout le monde. Heureusement que nous avions pris le soin de garder une photo.
– Le commandant de la Police des Police, Colonel Alisa Job, a même, dans un entretien avec une délégation de Human Rights Watch, osé affirmer qu’il y avait parmi les manifestants quelqu’un qui portait une arme et qui a été le premier à tirer avant la police; que cette personne aurait été identifiée comme « Pitchou » par les habitants. Cette allégation est complètement fausse et ridicule. C’est clairement une tentative de nous faire porter la responsabilité de la violence, et, au-delà, de présenter notre mouvement citoyen comme un mouvement subversif et violent comme les autorités ont déjà tenté de le faire, sans succès hélas car l’histoire et les faits parlent toujours pour nous.
  1. CE QUE NOUS DEMANDONS :

– Nous condamnons fermement cette Nème atteinte au droit constituellement reconnu à tout congolais de manifester pacifiquement, de penser et de s’exprimer librement.
– Nous demandons la libération pure et simple de toutes les personnes arrêtées, y compris les jeunes militants Juvin Kombi et Pascal Byumanine, nos deux camarades de lutte.
– Nous exigeons la suspension immédiate du Colonel Job Alisa de la Police des Polices et son déféremment devant la justice militaire pour qu’il réponde des infractions commis par son Unité;
– Nous demandons au Commaissaire Provincial de la PNC le Général Awashango Vital, au Maire Dieudonné Malere et au Gouverneur Julien Paluku de veiller personnellement à ce que la vie, l’intégrité physique et les droits des personnes arrêtées soit sauvagardés. Autrement ils en seraient tenus personnellement responsables devant la loi.
– Nous demandons à ce que la Justice militaire puisse enquêter rapidement sur ce qui s’est passé et punir les policiers qui ont fait un usage disproportionné et inutile de la force (armes à feu, bombes lacrymogènes, …) ainsi que leus donneurs d’ordre;
– Nous demandons à ce que l’Etat puisse prendre en charge les soins de santé des personnes blessées et les indemniser pour les préjudices subis;
– Nous demandons la convocation par le gouvernement d’un forum populaire pour expliquer à la population ce qui se passe à Beni, qui sont les responsables, et quand est-ce qu’on va y mettre fin
– Nous réitérons enfin notre appel aux autorités pour respecter les droits et les libertés fondamentales des Congolais, surtout en cette période pré-électorale
  1. CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE en tant que citoyen face à cet événement :

Envoyer un SMS ou appeler les autorités (police, Mairie, Gouverneur, ministres, députés, …) pour leur demander de libérer immédiatement les personnes arrêtées.

Voici quelques coordonnées :

> Gén. Awashango Umia Vital, Commissaire Provincial PNC Nord-Kivu : +243 99 99 52 617

> Malere Dieudonné, Maire de Goma : +243 81 53 07 230

> Colonel Job Alisa, Commissaire Supérieur Police des Polices pour la ville de Goma : +243 840 302 051.

Par ailleurs, vous pouvez :

– Changer votre photo de profil sur Facebook par une bannière « #FreeLucha #AmaniBeni et partager cette information avec vos amis, contacts, …
– Diffuser cette information et d’autres de nos publications sur les radios, les télés, ou sur vos réseaux sociaux
– Envoyer une contribution pour donner de la nourriture et des médicamenets aux blessés et aux personnes arrêtées via notre numéro +243 99 4645 977 (par exemple par Airtel Money) ou nous contacter à ce numéro pour d’autres fins
– Si vous êtes avocat, défenseur judiciaire ou défenseur des droits de l’Homme, vous porter volontaire pour assister les personnes détenues

Mais surtout, vous pouvez REJOINDRE LA LUCHA et faire partie de cette nouvelle jeunesse Congolaise déterminée à défendre les droits et la dignité de son Peuple face à toute dérive dictatoriale et aux injustices.

En tout cas, pour la nous, la lutte continue…

Car le Congo ne sera sauvé que par ses filles et fils.

A la Lucha !

 

 

Notre déclaration citoyenne

Retour sur le meeting de « soutien à Joseph Kabila » ce mercredi à ‪#‎Goma‬ : Notre déclaration citoyenne.

A l’instar des manifestations organisées dans tout le pays depuis la fronde du « G7 », le gouverneur du Nord-Kivu, Monsieur Julien Paluku Kahongya, a organisé ce mercredi 7 octobre 2015 un « meeting populaire de soutien à Joseph Kabila ».

Après une marche de quelque 4km depuis l’aéroport de Goma, le gouverneur s’est adressé pendant deux heures à quelque 2.000 sympathisants et autres curieux rassemblés sur la voie publique sur la Place de la République (ex Esplanade de l’ONC), en plein centre-ville de Goma. Le meeting s’est terminé vers 13 heures locale.

Principales observations :

1. Grave abus d’autorité :

A travers des communiqués diffusés à la radio publique et sur d’autres médias privés de la place, la Mairie de Goma et le service du Protocole d’Etat (cabinet du gouverneur) ont exigé la fermeture de tous les marchés, commerces, services publics, entreprises et établissements publics, banques, etc. « jusqu’à la fin du meeting du gouverneur ». S’il est légitime pour le gouverneur, comme tout citoyen, de soutenir qui il veut, comme il veut, et de le manifester publiquement, il est par contre inadmissible d’user de sa position et des moyens de l’Etat dans cette démarche privée et partisane. En l’occurrence, le gouverneur Julien Paluku n’aurait pas dû recourir aux moyens de l’Etat (y compris les agents et fonctionnaires de l’Etat qui ont été enjoints de fermer leurs services pour aller l’attendre à l’aéroport depuis le matin, et ensuite participer à son meeting). Le gouverneur n’avait aucun droit d’ordonner ou faire ordonner la fermeture des activités privées et des marchés publics afin d’aller participer au meeting de son camp politique. C’est non seulement une violation grave du principe de la neutralité politique de l’administration publique, mais aussi une atteinte aux droits reconnus aux particuliers et une négation de la liberté d’opinion. Cela rappelle les tristes décennies du Parti-Etat et de la pensée unique.

2. Gaspillage des ressources de l’Etat et manques à gagner :

Toute cette mobilisation coûte de l’argent, et de l’argent du Trésor Public, alors que la province et le pays font face à de multiples problèmes et vivent sous perfusion internationale sur pratiquement tous les plans. Le projet de budget de l’Etat congolais pour 2016 est estimé à 8 milliards de dollar américain, soit autant que le budget annuel d’une seule université américaine ! Quant aux commerçants et autres « débrouillards » forcés de stopper leurs activités, leur manque à gagner est énorme. Ce qui implique là encore un manque à gagner pour l’Etat en termes de taxes et redevances sur les activités économiques. Tout cela pour une réunion partisane d’un camp politique !

3. Deux poids deux mesures :

Les rassemblements et manifestations pacifiques des organisations de la société civile comme notre mouvement citoyen ou encore ceux des partis d’opposition sont constamment « interdits » ou réprimés par les autorités. Celles-ci prétextent toujours des « raisons de sécurité » ou « l’ordre public ». En réalité, elles ne tolèrent pas, ou très rarement, toute opinion différente de la leur ni toute voix critique, et utilisent tous les moyens à leur disposition pour les étouffer ou les réprimer. Mais là, comme il s’agissait d’une manifestation de la coalition au pouvoir, qui défend une certaine idée à sa convenance, la police et les services de sécurité étaient tous en alerte maximum pour assurer un déroulement sans faute du meeting. Ils ont même fermé des voies entières à la circulation.

4. Une mobilisation très faible malgré tout :

En dépit de toutes les pressions exercées par les autorités et les services de sécurité sur la population ; en dépit des offres d’argent, de cadeaux, de transports gratuits pour inciter les gens à venir participer à la manifestation, il n’y avait que quelque mille cinq-cents personnes à ce meeting. Parmi eux des centaines de badauds payés pour tenir les drapeaux des partis politiques et donner une impression de « masse », et des simples curieux. Une présence remarquée, tout de même : une délégation et des drapeaux du CNDP (Congrès national pour la Défense du Peuple), la funeste rébellion, ancêtre du M23. Ces deux rébellions ont, dans un passé très récent, endeuillé la province du Nord-Kivu, et leurs actions étaient présentées par Julien Paluku comme la raison principale de la non-tenue des promesses électorales de Joseph Kabila et sa « majorité » à la population congolaise.

5. Un discours purement politicien et irresponsable :

Le discours du gouverneur Julien Paluku, comme les autres membres de la « majorité » qui ont pris la parole, n’a consisté qu’en des accusations et des insultes contre les membres du « G7 », ainsi qu’en des louanges envers le président Joseph Kabila qui serait un « grand patriote qui a refusé la balkanisation du pays », un « grand démocrate qui a permis l’organisation d’élections dont les opposants se prévalent aujourd’hui », etc. Alors que des bombardements des hélicoptères de la Monusco près de Pinga (territoire de Walikale, Nord-Kivu) ont fait lundi et mardi plusieurs victimes parmi la population civile, aucun mot pour elles. Aucun mot non plus pour les compatriotes de Beni massacrés sauvagement et continuellement depuis un an déjà, sans que les responsables de ces massacres soient clairement identifiés, traqués, et empêchés de poursuivre leur sale besogne. Aucun mot sur la psychose en cours dans plusieurs parties de la province, à la suite d’allégations persistantes d’une possible nouvelle invasion de l’armée rwandaise sur le sol Congolais, avec la bénédiction du gouvernement. Aucun mot sur l’insécurité récurrente à Goma qui fait chaque nuit de nouvelles victimes, ou encore sur les problèmes d’eau, d’électricité, de routes de la province, etc. Enfin, aucun mot concret pour ce « messager du président de la République » pour rassurer la population de la tenue effective d’élections transparentes dans le respect des délais constitutionnels, et sans Joseph Kabila qui est à la fin de son dernier mandat constitutionnel. Un signe non seulement de mépris pour ses administrés, mais aussi et surtout une preuve d’inconséquence et d’irresponsabilité.

Au regard de tout ce qui précède, nous :

1. Dénonçons la dérive autoritaire digne des régimes de parti et de pensée uniques, et demandons au gouverneur ainsi qu’aux autres autorités à tous les niveaux (y compris au niveau national) de mettre fin à de tels agissements anti-démocratiques, surtout en cette période pré-électorale.

2. Félicitons la population de Goma pour sa maturité et son comportement digne, et l’encourageons à continuer à être première garante de ses droits et libertés si méprisés par les politiciens.

3. Constatons que les « soutiens » à Joseph Kabila exprimés jusqu’ici tentent d’opposer la loyauté à sa personne à une loyauté supérieure et non-exclusive à la constitution de la République. A notre connaissance (et loin de nous l’intention de prendre fait et cause pour eux), les membres du G7 et Monsieur Moïse Katumbi ont juste demandé des garanties que le président Kabila respectera la constitution, et dénoncé un certain nombre de faits faisant croire qu’il existe une stratégie de réviser ou de ne pas respecter la constitution. Leurs inquiétudes, partagées par un grand nombre de Congolais, mériteraient des réponses sans ambiguïté, plutôt que des exclusions et des attaques.

4. Regrettons le gaspillage des ressources de l’Etat et la corruption qui l’accompagne, au nom d’intérêts partisans et égoïstes, alors que le pays a besoin de faire des économies pour notamment financer ses élections.

5. Exhortons le président Joseph Kabila, « garant de la Constitution », à honorer son serment en mettant un terme à toutes ces dérives faites pour et en son nom, et en assurant publiquement le Peuple Congolais de sa détermination de quitter pacifiquement et à temps le pouvoir. Ca ne lui coûte rien de s’exprimer solennellement et clairement. Par contre son silence et ses demi-mots risquent de coûter trop cher à cette Nation, qui a déjà payé un lourd tribut pour s’aligner sur le rail encore fragile de la démocratie.

Fait à Goma le 7 octobre 2015.

Pour la LUCHA,
Parfait Muhani et Phoïbe Kahambu
Militants.

Un auteur congolais dédie son livre à Fred Bauma et au Lucha

Un auteur congolais dédie son livre à Fred Bauma et au mouvement citoyen @luchaRDC. Merci pour ce signe de reconnaissance, cher Félicien Maisha.

Fred, Yves, votre sacrifice n’est pas vain. Vous continuez d’inspirer et de servir de modèles à des millions de jeunes Congolaises et Congolais. Vous pouvez être fiers de vous ! Quant à la liberté, vous la recouvrirez bientôt, c’est une certitude…

Pour le Congo, luttons par nos voix, nos bras, nos cœurs, nos plumes, notre sang ! Le Congo n’a que nous, ses filles et ses fils, pour se relever et se dignifier.

A la Lucha !

dedication

Il vaut mieux tard que jamais: après les Kamitatu, Lumbi… Moïse Katumbi…

Il vaut mieux tard que jamais : après les Kamitatu, Lumbi…, Moïse Katumbi rejoint (en actes) les « loyaux » à la Raison et aux Principes, et prend définitivement ses distances avec les « loyaux » à leur ventre (prétendument « loyaux » à un homme).

Moïse KatumbiTout en reconnaissant un certain courage dans ces prises de position et cette vague inédite de démissions des collaborateurs du président Kabila, il va falloir qu’ils démontrent qu’ils ne quittent pas seulement un camp (pour sauver leur « avenir politique »), mais qu’ils quittent surtout une manière de concevoir et de gérer l’Etat, dont notre Peuple ne veut plus. (Corruption, culte de la personnalité, détournements, opacité, irresponsabilité, arbitraire, violence, etc.). S’ils sont sincères, ils doivent présenter des excuses à la Nation, et cesser de se présenter comme des héros tout faits. Quant aux « opposants », c’est pareil pour la plupart d’entre eux. Ils cherchent leur tour de saigner la République. Eh bien, le Peuple ne leur donnera pas carte blanche non plus. Il faut que « l’alternance » cesse d’être le départ de Kabila, mais vraiment une alternance fondamentale dans la conduite et la gestion des affaires publiques. Le départ de Kabila ne peut pas être en soi un projet de société. Il faut que ce soit bien plus qu’un changement d’hommes, ou de régime, mais un retour aux valeurs qui font la grandeur des Nations démocratiques.

Le Peuple congolais est historiquement un Peuple clément. Mais il ne le sera pas indéfiniment. Soutenir le président Kabila, lui être loyal, etc., c’est un choix libre que nous respectons. Ce qui est inacceptable, c’est cette impression que certains donnent que ce soutien et cette loyauté au président est au-dessus du respect que tout le monde doit aux principes démocratiques et à la Loi Fondamentale de la République. Ceux qui persévèrent dans cette erreur doivent savoir qu’il y aura un moment de non-retour (voyez le sort des « loyaux » à Blaise Compaoré au Burkina, quand il voulait changer la constitution à tout prix, pour se maintenir au pouvoir).

Nous espérons encore que le président Kabila lui-même finira par prendre sa distance avec les petits flatteurs autour de lui. De toutes façons le Peuple ne lui laissera pas le choix !

Vive le changement !

MOBILISONS NOUS POUR LA DEMOCRATIE

Du 5 au 15 avril 2015, pendant 5 minutes, entre 19h00-19h05 heure de Goma (18h00-18h05 heure de Kinshasa), nous appelons toute la population à faire du bruit, avec des sifflets, des klaxons, des casseroles, des bidons, des tôles, … pour envoyer aux autorités les trois messages clés suivants :

  • filimbi 1Libérez les jeunes activistes que vous détenez encore au secret, depuis leur arrestation le 15 Mars 2015 à Kinshasa, car être un citoyen engagé dans son pays n’est pas un crime;
  • Garantissez aux citoyens le libre exercice de leurs libertés publiques (liberté d’expression, d’association, de rassemblement pacifique, …), en particulier à cette période où nous attendons la première alternance démocratique à la tête de l’Etat, et des élections démocratiques, libres et transparentes;
  • Le peuple Congolais ne va jamais accepter des méthodes qui tendent à le ramener à la dictature et à la pensée unique; nous sommes déterminés à défendre nos droits et nos libertés, de grâce laissez-nous le faire sans violence.

Nous espérons que dans les 10 jours , les autorités auront répondu au cri de la population. Sans quoi l’action pourra être prolongée, et d’autres actions envisagées.

Nous tenons à nous exprimer par tous les moyens, mais toujours dans la non-violence et le respect des lois. Les armes et la violence ont fait beaucoup trop de dégâts dans notre pays, il ne faut pas que les autorités donnent l’impression que c’est le seul langage qu’elles peuvent entendre.