BAROMÈTRE DE SUIVI DE L’ACTION DE L’EXCUTIF PROVINCIAL

Mise en ligne le 12 octobre, 22 à 06:50


BULLETIN N°001 :  LES 100 JOURS D’UN GOUVERNEUR DANS L’OMBRE DE SES PROPRES PROMESSES DE CAMPAGNE : ENTRE TATONNEMENTS ET PROCRASTINATION.

  1. CONTEXTE

Depuis le 23 Juin 2022, le Gouverneur Patrick Mathias Kabeya Matshi a pris officiellement ses fonctions au cours d’une cérémonie de remise et reprise avec la vice-gouverneur honoraire et Gouverneur ai, Jeannette Longa Musuamba.

Le Gouverneur et son vice ont été élus à l’unanimité par l’assemblée provinciale dans un contexte tendu marqué par des pressions politiques persistantes et des menaces contre les élus. Il faut préciser que cette élection est aussi intervenue au terme d’une gestion non rassurante menée par la précédente administration qui venait d’être déchue pour insuffisance des résultats.

La mobilisation citoyenne avait joué un rôle de premier plan dans ce tournant politique en province. A la suite de la campagne « Maweja doit partir » dont notre mouvement a été un fer de lance, les associations des jeunes et des personnalités s’étaient levés pour demander le départ de l’ancien Gouverneur qui avait réussi à installer une gouvernance catastrophique au moment où il y avait des urgences dans tous les secteurs.

L’élection du gouverneur Patrick Mathias Kabeya Matshi Abidi a inauguré une nouvelle ère d’une gouvernance de rattrapage, certes pour achever le quinquennat entamé 3 ans plus tôt par sa famille politique, mais aussi pour corriger ce qui se doit de l’être dans le temps qui reste. Les défis à relever sont innombrables et la volonté de les relever a été aussi manifestée ; le nouveau gouverneur s’est engagé solennellement à travers son discours programme à résoudre le problème qui se posent avec acquitté principalement dans les domaines des infrastructures ; agriculture, pêche et élevage ; mines et carrières ; Reformes administratives et les Finances Publiques.

Dans ce premier bulletin du baromètre de suivi de l’action gouvernementale, nous confrontons les engagements pris par le gouverneur aux réalisations sur terrains. Nous n’avons pas la prétention de voir tout être fait en 100 jours de gestion ; néanmoins il est de coutume de dégager les indices de la gouvernance au bout d’une certaine période à travers une évaluation citoyenne rigoureuse et objective. Les 100 premiers jours sont symboliques et déterminants pour dégager les indices d’un engagement sincère à traduire les vœux en actes par des actions ou tentatives d’actions prévues.

  1. MÉTHODOLOGIE DU TRAVAIL

Nous avons utilisé la méthodologie discursive, documentaire et l’observation participante. Les sources médiatiques et les réseaux sociaux ont été analysées afin de dégager une évaluation et un contrôle objectifs.

L’observation participante des décisions, actions, discours, déplacements, nominations, et réactions ou non à différents évènements survenus en province et en dehors au regard des axes sur lesquels le gouverneur a posé son programme nous a permis d’apprécier les actions posées étant donné que nous sommes acteurs et citoyens bénéficiaires des probables changements.

Il est à noter que des audiences, des cérémonies, ateliers réunions ainsi que des rencontres entre le gouverneur et les tiers non suivies par des actions tangibles n’ont pas été retenus parmi les actions dans cette évaluation.

Pour plus d’objectivité, nous mettons en annexe de ce baromètre citoyen le discours programme du gouverneur.

Cette analyse citoyenne sera axée sur quelques plans dont :

1. Politique, justice et Droits humains

2. Les infrastructures

3. Les mines et carrières

4. Les Finances Publiques et bonne gouvernance

5. Agriculture, Pêche et Élevage

6. Sécurité

7. Économie et sociale

  1. TABLEEAU SYNOPTIQUE DE QUELQUES REALISATIONS ET ACTIONS PENDATES

Axes

Réalisations

Actions pendantes (Possible d’être lancer dans les 100 premiers jours)

Politique, justice et Droits humains.

Les libertés publiques des citoyens et organisations sont respectées, les débats publics dans les radios n’ont pas fait l’objet de censure.

Le gouvernement provincial a été publié dans un délai relativement court afin d’implémenter la vision du gouverneur.

Les conditions de détention continuent à faire planer une deshumanisation des détenus à la prison de Mbuji-Mayi demeure, pas de nourriture suffisante, assemblage des adultes et enfants voire les détenus militaires. Pas d’actions amorcées pour améliorer leurs conditions.

Pas de suivi sur un dossier glaçant impliquant son prédécesseur des révélations graves des détournement des deniers.

Les engagements pris par le gouverneur dans ce chapitre n’ont toujours pas été lancées.

Les infrastructure

Pas d’actions tangibles à signaler

Pas toujours d’initiatives dans ce sens par le gouvernement provincial ; Malgré les actions du pouvoir central et des programmes de la présidence, le gouvernement provincial n’a pas amorcé ses chantiers prévus dans son programme de gouvernance, les comptes rendus des conseils des ministres jusqu’ici rendu public n’en font même pas cas ;

Les mines et carrières

Pas d’actions tangibles à signaler

Les engagements du gouverneur sur les questions minières et de carrières reposent essentiellement sur l’engagement du pouvoir central qui se doit de prendre « des décisions courageuses en tenant compte des aspirations profondes des populations Est-kasaïennes qui ne souhaitent que vivre mieux, vivre des richesses que regorge leur espace. » Malheureusement à ce jour, aucune action de lobbying n’a été entreprise dans ce sens y compris sur la question de la MIBA par le gouvernement provincial. Les comptes rendus du conseil des ministres et les différentes communications officielles en font cas.

Les Finances Publiques et bonne gouvernance

La cessions de deux postes de péages au FONER est une action qui renforcerait plus de productivité tangible sur la construction des routes.

Le gouverneur n’a pas publié la situation patrimoniale de la province à sa prise des fonctions ;

Le contrat cédant la gestion des péages au FONER n’a pas été publié.

Absence de redevabilité qui se caractérise notamment par le manque de publication périodique des recettes provinciales mobilisées par la DGRKOR.

Agriculture, Pêche et Élevage

Lancement de la campagne agricole saison A et l’incitation des membres du gouvernement provincial à avoir un champ ;

Manque d’un plan agricole provincial délimité dans le temps caractérisé par l’absence d’une cartographie pédologique, des intrants agricoles et manque de soutien aux paysans.

Sécurité

Pas d’actions tangibles à Signaler

Banditisme urbain marqué par les visites nocturnes domiciliaires par les hommes armés,

Persistance des barrières illégales dans les différents coins de la province.

Tracasseries routières par les agents de la police de circulation routière (PCR)

Persistance des conflits coutumiers dans nos territoires.

Économie et sociale

Pas d’actions tangibles à signaler

Hausse de prix des denrées alimentaires de première nécessité sur les marchés locaux,

Difficultés de la population pour s’approvisionner en eau potable,

Absence d’une politique provinciale de fixation de prix des biens sur les marchés locaux,

Manque d’une politique provinciale de l’économie,

Reformes Administratives

Absence d’un programme d’action en termes d’objectifs de performance à tous les membres du gouvernement et à d’autres services d’influence tel que la DGRKOR ;

La non effectivité de la mise à jour du job description de chacun des postes d’attache de l’administration du gouvernorat y compris des postes nouvellement créés.

  1. CONCLUSION

En 100 jours de gouvernance, la situation de la province de manière générale n’a pas évolué. Dans une gouvernance d’urgence censée couvrir une dizaine des mois restants du quinquennat entamé par le gouverneur honoraire Jean Maweja, la procrastination ne devrait pas être une option pour une gouvernance responsable.

En évaluant Monsieur Patrick Mathias Kabeya Matshi Abidi sur son programme de gouvernance, il n’a pas fait des progrès considérables dans la mise en œuvre de ses engagements. Le gouverneur s’est beaucoup plus illustré par des visites des chantiers des projets lancés par le pouvoir central au moment où ses propres engagements sur les infrastructures ; l’agriculture, pêche et élevage ; les mines et carrières ; les reformes administratives et les Finances Publiques peinent à se concrétiser. Le gouverneur est resté dans l’ombre de ses propres promesses de campagne que les actions du pouvoir central, initiées avant son avènements au pouvoir, ne pourraient compenser.

Nous  tirons une sonnette d’alarme sur les signaux inquiétants que renvoi la gouvernance mise en place par le gouverneur. Il est préférable d’adopter une gouvernance d’urgence, définir les priorités et définir aussi les résultats à atteindre à court terme car 18 mois de parachèvement du quinquennat ne sauront suffire pour prioriser une multitude de fronts.

Il est important de convoquer un dialogue social avec les acteurs clés de la société civile et politique de la province pour redéfinir une feuille de route d’une gouvernance d’urgence qui élude les priorités et besoins vivement ressentis.

Le tableau est certes sombre, mais notre contre contrôle citoyen s’inscrit dans une approche constructive de voir l’exécutif provincial s’améliorer et accroitre les performances de gestions en initiant des politique publiques locales de développement proportionnellement aux engagement pris devant les élus provinciaux. C’est dans cette optique que nous nous faisons le devoir civique de lui proposer des alternatives suivantes que nous pensons réalisables dans un délai relativement court :

  • Diversifier l’économie en parallèle du secteur traditionnel de mine en investissant dans l’agriculture avec des fonds propres de la province ou en soutenant les initiative privées. Il est inconcevable que la province continue de dépendre de l’extérieur pour son ravitaillement en Maïs au moment où elle regorge des vastes étendus de terres arables.
  • Initier un cadre de gestion d’urgence des secteurs stratégiques de l’énergie et de l’eau en mettant en place un mécanisme de mise à jour régulier qui favorise l’anticipation ou l’intervention du gouvernement sur les pannes et les erreurs de gestion devenue monnaie courante à l’ENERKA et à la REGIDESO en attendant que les projets  pour des solutions pérennes soient initiées.
  • Publier de manière régulière les ressources mobilisées par les services de l’assiette à l’instar de la DGRKOR pour renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques et faire publier tous les documents/accords qui lient la province aux tiers à l’instar du contrat entre la province et le FONER sur la gestion des péages.
  • Adopter une bonne politique fiscale qui encourage les investisseurs locaux et attirent ceux qui ont migrés vers les provinces voisines (principalement Kinshasa et Lubumbashi) et améliorer le climat des affaires afin d’aider les investisseurs disséminés à travers le pays à placer leurs capitaux dans les investissements en province.
  • Veiller à la redynamisation et équipement de la police pour assurer la sécurité de la population qui est la cible dans plusieurs quartiers des cambriolages nocturnes.
  • Amorcer les reformes importantes qui peuvent améliorer la gouvernance locale comme faire signer aux ministres un contrat de performance pour une gouvernance axée sur les résultats.

Fait à Mbuji-Mayi, le 11 Octobre 2022

Pour la LUCHA

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