15 jours déjà depuis que 3 militants de la Lucha sont injustement détenus à Goma.  Communiqué nº Lucha/03116

Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.

Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.

 

Goma, 8 novembre 2016 – Quinze jours se sont écoulés depuis l’arrestation à Goma de plusieurs militants du mouvement citoyen la Lutte pour le Changement (Lucha). Si la plupart ont été relâchés depuis, trois d’entre eux ont été inculpés et transférés à la prison centrale de Goma où ils croupissent encore à ce jour.

Il s’agit de :
1. Faustin Dunia, 24 ans, licencié en communication, et travaillant comme marketeur dans un super marché de Goma;
2. Glody Ntambwe, 23 ans, étudiant en troisième année à l’Institut Supérieur d’Informatique de Goma (ISIG) et animateur à une radio local;
3. Jacques Muhindo, 26 ans, ingénieur agronome.

Faussement accusés d’être rentrés à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC) de Goma sans autorisation et d’avoir tenté d’y administrer le cours d’Education à la Citoyenneté aux nouveaux étudiants en lieu et place des enseignants habilités – ce qui est totalement faux -, nos trois camarades ont été inculpés de « violation de domicile », « usurpation de fonctions » et « menaces de mort ». Ils encourent jusqu’à 2 ans de prison ferme.

Le lundi 24 octobre 2016, Faustin, Glody et Jacques faisaient partie des militants de la Lucha qui sensibilisaient la population de Goma à participer au sit-in devant le quartier général de la Monusco/Goma les mercredi 26 et jeudi 27 octobre, afin de protester contre le soutien de l’Union Africaine et des Nations-Unies au coup d’Etat constitutionnel résultant de l’accord signé à la Cité de l’OUA à Kinshasa le 18 octobre 2016. Ces manifestations pacifiques étaient prévues pour coïncider avec la tenue du sommet de Luanda sur la RDC. Ils étaient 6 à etre arrêtés le 24 octobre, torturés en plein air au bureau de la police (P2), avant d’être transférés au parquet de grande instance 48 heures plus tard. Trois d’entre eux furent libérés le soir du 26 octobre 2016, en même temps que 9 autres militants arrêtés le 25 et le 26 octobre dans le même cadre de ces manifestations projetées.

Ces trois braves camarades sont aujourd’hui comme des otages pris pour payer à la place de tous les autres, le péché d’être des citoyens engagés pour le respect de la constitution et la défense de la démocratie.

La Lucha dénonce un N-ième cas d’instrumentalisation de la Justice à des fins de répression des droits et libertés fondamentales des citoyens, et spécialement des activistes pro-démocratie.

La Lucha exige leur libération immédiate, l’abandon des poursuites infondées à leur encontre, et la fin du harcèlement policier et judiciaire contre ses militants, à Goma et ailleurs en République Démocratique du Congo.

La Lucha rappelle le Communiqué de la Rapporteure spéciale de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples du 29 octobre 2016 et ses recommandations pertinentes à l’endroit des autorités congolaises (https://t.co/gSbFD90PR1), et demande à cette dernière de faire le suivi en vue de leur mise en œuvre effective.

Nous continuons à encourager la jeunesse congolaise et les citoyens en général à ne pas baisser les bras pour autant; à imiter le courage et la détermination des militants de la Lucha qui, malgré les arrestations et le harcèlement, continuent à se battre pacifiquement pour la liberté et la dignité de notre peuple.

Fait à Goma, le 8 novembre 2016.

Pour la Lucha,
La Cellule de communication.

 

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