366 ième jour de Fred Bauma et Yves Makwambala en prison, c’est TROP

Une militante a écrit une lettre à Fred Bauma pour ses 366 jours en prison

Incisa e Figline Valdarno, 14 mars 2016FB_20150824_20_13_10_Saved_Picture (1)

Mon cher ami

Comment tu vas? Comment étaient tes jours quand tu étais détenu en secrets à agence nationale de renseignement ? Comment tu distribues ton temps sur tes journées et tes nuits en prison? Il y a certainement des détenus violents, comment tu te défends, comment tu te protèges ? J’ai tellement des questions à te poser. On aura des longues conversations quand tu vas être hors des prisons. C’est pour bientôt.

Depuis le premier jour de ton arrestation, ta détention en secret, quand tu es apparu devant les tribunaux de Kinshasa et ton transfert à Makala,  je me dis que ta libération est pour bientôt, car mon espoir, personne ne saura me l’ôter. C’est cet espoir qui ne fait vivre.

Cette aventure difficile vient de durer une année mais l’usure du temps n’a pas affecté ni mes convictions, ni mon engagement que je partage avec toi et avec tous les autres militants.  Ta force de résistance, tu la transmets à moi et à des milliers des jeunes du monde. Ces peines de te savoir en prison pour avoir essayé d’être un bon citoyen, me  forment à devenir forte pour affronter ces injustices que toi tu es obligé de devenir le symbole. Ton courage est exceptionnel car tu marches aujourd’hui sur le sentier de la mort, et tu ne lâches pas.

La petite phrase que tu m’as envoyée de ta cellule de Makala m’est enfin parvenue … je la répète pour toi et pour moi et pour tous les militants qui acceptent encore de risquer leurs vies pour que les valeurs et le bien remplacent l’inacceptable et l’anormal qui sont devenus la règle du système congolais.

« Si vous ne pouvez plus marcher, ramper. Mais à tout prix continuer d’avancer!! »

Nous avançons, certains dans les prisons et d’autres hors des prisons. Moi je ne suis pas autant libre dans cette Europe qui s’enferme dans ses propres murs. La vie intense de chez nous me manque, nos discussions avec vos voix hautes et les idées surprenantes me manquent beaucoup. Goma me manque, mon pays me manque. Tu me manques. Je compte revenir bientôt pour voir en face la beauté et la misère de mon peuple, c’est la thérapie ultime après ces jours hors de mon pays, loin de ma mission. Rire avec ceux qui rient, pleurent avec ceux pleurent, luttent avec ceux qui luttent,

Tu sais, je n’imaginais pas que les actes loyales conduiraient en des prisons pour des longues durées alors que des chefs des groupes armés qui ont tué et qui tuent nos pères, nos mères, nos frères, nos frères sont toujours récompensés par des postes politiques et des grades militaires. Des militaires affairistes, des politiciens détourneurs des fonds publics circulent librement.

Je n’imaginais pas que toi tu serais emprisonné et accusé des si grandes choses et risquerais la plus grande sentence. Tu ne sais pas mesurer l’angoisse que j’avais eu en écoutant les charges montées en une grosse pièce mensongère contre toi. C’est incroyable qu’un état, notre état soit devenu si oppresseur envers nous, sa propre jeunesse.

Maintenant une longue année vient de se boucler. On ne rêve que de ta libération. C’est trop petit comme rêve, mais je suis condamnée à cela. Nos rêves étaient splendides ! L’écologie, la santé, l’entrepreneuriat, le changement du système, je n’y pense plus comme avant. Avec toi en prison, on ne rêve que de ta libération. On rêve petit pour être réaliste.

Maintenant que les mandats électoraux sont en train de s’épuiser, ils n’ont pas honte de vouloir changer les règles du jeu et de se maintenir au pouvoir. Et voilà tout notre combat se réduit à exiger des libérations et demander l’alternance politique ; des dispositions claires de la constitution, la liberté et la démocratie.

Toi, malgré toi, tu es en première ligne sur tous les fronts.

Nous exigeons inlassablement ta libération pure et simple et voilà une année qu’on a encore rien reçu. Ça ne devrait pas se passer comme ça, ils ne devraient pas t’enlever, ils ne devraient pas t’emprisonner. Tout était faux dès le départ. C’est dur de lutter pour la libération quand les accusations sont fausses et fabriquées même l’arrestation de la personne a été injuste et gratuite.

La  non-violence, la dignité de la personne, la responsabilité, le fameux « Assumer sa lutte » et « risquez ensemble » et encore notre amour inconditionnel pour notre pays sont autant des motivations et des principes qui nous poussent à lutter pour construire le Congo qui nous ressemble, ils les piétinent.

Mon cher ami,

Ton sacrifice bien qu’il te l’impose a beaucoup de significations. Ton emprisonnement a donné un sens profond à notre histoire. Il dévoile l’animosité de la classe dirigeante actuelle. Tu es le témoignage vivant de la dictature qui était caché sous des institutions aux façades démocratiques. Ceux qui animent les institutions n’avaient pas compris que la génération du président-à-vie a vieilli et que nous sommes maintenant en République DEMOCRATIQUE du Congo. Que la démocratie est la règle. La constitution est le guide. Tu portes les souffrances de cette douloureuse transition de la dictature à la démocratie.

Pour la classe dirigeante, les discours contradictoires des différentes autorités frôlent parfois l’humour. J’ai une impression qu’ils sont touchés par le courage et par la détermination des jeunes bien qu’ils ne sont pas encore en mesure de vaincre leurs avarices. Je les inviterais à te rendre visite pour te connaitre davantage. Je pense que s’ils te rencontraient, s’ils prenaient le temps de t’écouter, et de discuter avec toi, ils s’excuseraient de t’avoir jugé de terroriste, ils te demanderaient pardon pour ces jours qu’ils volent à ta vie.

De loin, quand je fixe mon regard vers le Congo, je vois tes prédateurs agités comme des passagers qui sont sur un bateau qui est en train de couler. Leurs discours incendiaires sur nous, sonnent sur mes oreilles comme des cris de détresse lancés par des individus un peu grossiers. Et je me dis toujours, on ne doit pas les laisser mourir, on doit faire notre part pour leur faire prendre conscience de leur égoïsme démesuré. Du coup, les discours des politiciens m’encouragent à assumer davantage ma lutte.

Ton emprisonnement a mis en lumière sur le rôle des services de sécurité et ceux des renseignements congolais qui ne se mobilisent que lorsqu’ils soupçonnent que les intérêts des certaines personnes sont en danger. Leurs intuitions le trompent souvent. Car pour le cas précis de notre mouvement, ce sont les intérêts des citoyens qui comptent.

Ton emprisonnement a déchainé les langues : les questions liées au changement de la constitution sont devenues l’actualité constante et toi l’eternel bouc émissaire qui est tiré par des pour et des contre la démocratie. Je ne sais plus compter les nombres des conférences de presse du gouvernement sur toi ! Et les condamnations et préoccupations des États et des organisations des défenses des droits de l’homme sur la situation de la démocratie dans notre pays.

Ton emprisonnement a ouvert une série des arrestations des jeunes de notre mouvement. J’ai pris conscience que nous sommes dans les viseurs de ceux qui te gardent en prison, ils veulent nous détruire. Ils veulent décourager les jeunes à prendre en main l’avenir du pays. Ils prennent jour pour jours des mauvaises décisions contre nous et malheureusement contre eux-mêmes. Si j’étais à leur place, je ne me féliciterais pas. Ils utilisent trop d’énergies pour nous détruire alors que nous sommes trop petits, des simples jeunes gens. Pour nous anéantir il suffirait qu’ils respectent la constitution du pays et nous laissent tranquilles. Mais quand ils mêlent injustement toutes les institutions du pays pour leurs intérêts, ils mobilisent le peuple en la lutte, ils attirent envers nous tous les media et les organisations des droits de l’homme. En un mot, ils s’occupent trop bien de notre publicité et en notre formation en la démocratie. Par exemple, en matière de jugements sur la justice congolaise je me fiais aux juristes, mais là, sans demander avis aux juristes, je peux donner des cas concrets et personnalisés pour prouver que le pouvoir justicière, la mère du peuple « la justice » n’est plus indépendante. Elle est devenue une arme à destruction massive au service du pouvoir exécutif. C’est énervant mais c’est cela.

Pour nous, les conséquences sont lourdes : Trésor Akili, Gentil Mulume, Sylvain Kambere et Vincent Kasereka ont fait plus des mois en prison. Ils ont été condamnés à des peines de 6mois avec sursis pour avoir mobilisé les personnes à sifflets en soutien à toi et en la cause de la démocratie. Ensuite l’emprisonnement ignoble de Juvin Kombi et Pascal Byumanine et leurs 7 compagnons pour avoir participé aux cérémonies de deuil aux massacrés de Beni et leurs condamnations injuste. Et malgré toutes leurs citoyennetés responsables, Serge Sivyavuha, Justin Kambale, Ghislain Muhiwa, Mike Kamundu et John Assyenda et Rebecca Kavugho sont en train de subir la prison et des condamnations injustes. Et Bienvenu Matumo et Thierry Kapitene ont été enlevés et t’ont rejoint à Makala sans n’avoir rien organisé, ni rien dit, rien fait de mal. Et Mon ami Yves, comment il va? Je ne le connaissais pas avant qu’il soit arrêté, aujourd’hui je le porte dans mon cœur. J’ai hâte de le rencontrer. Tu sais qu’avec eux, vous êtes mes héros.

Je pourrais écrire à tous mes amis pour leur exprimer mon unité et assumer avec eux ces moments difficiles. Mais, ça va attendre un peu.

Ton emprisonnement m’a aussi appris qu’on n’est pas seule. Que des jeunes  du Congo et du monde entier sont avec nous, sur la page facebook ouvert pour la solidarité à toi et à Yves Makwambala, on a vu des photos de jeunes de toutes les races, de tous les continents griffonner sur leur corps  le fameux hashtag #FreeFred #FreeYves, sur twitter, on voit naitre des #FreeLucha populaires! C’est encourageant de se sentir soutenir! Je sais que nous allons nous en sortir bien que la lutte nous impose trop des sacrifices pour construire notre pays à notre image. Le mal est entré trop loin, le changement des régimes ne nous suffirait plus…

Mon cher ami, tu dois savoir que devant mes yeux, tu es un homme libre même en prison. Et promets-moi que même là tu lutteras au moins pour ta survie. La lutte semble dure et longue. Prends toujours soin de toi. Lutte au moins pour ne pas mourir. N’acceptes pas de mourir ni physiquement, ni intellectuellement, ni moralement.

Avant de finir, laisse-moi te raconter une joie : Fred, nous sommes le peuple que nous rêvons, nous sommes des jeunes qui construisons, à mains nues, l’avenir de notre pays, au prix de notre sang. Nous sommes en train de bâtir douloureusement et dignement le pays de notre rêve sans aucune protection, sans aucun soutènement en profondeur. Dorénavant, notre démocratie ne sera plus le copié-collé des systèmes exportés des quelques lobbyings politiques. Nous sommes ces témoins et acteurs de notre œuvre. Certes, nous sommes au niveau trop bas de l’échelle que nous devons escalader mais le cœur chaud, nous y allons… quelque soit le temps que ca prendra, on y arrivera. La voie que nous avons choisi, celle de la non-violence, des respects de la dignité de la personne, celle de la responsabilité et de l’indépendance, de l’amour, de l’éducation à la citoyenneté responsable est la plus longue mais elle est la plus efficace. On y arrivera… La fierté de notre peuple, un jour elle sera noblement retrouvée. J’en suis maintenant sure car nous existons, car tu le prouves en bravant la plus grande peur, celle de la mort. Tous les militants de notre mouvement risquent la mort en restant au pays par ce que le pouvoir actuel ne veut pas simplement s’occuper des soucis les plus élémentaires du peuple et au lieu de se prendre à ses propres obligations, nous prend pour cible à éliminer. Nous sommes ces fils et filles dignes! C’est vrai, en plus…

Bon, il faut du Courage pour poursuivre la lutte et pour survivre, soit courageux et exprimes-le comme tu le penses. J’essayerai aussi de l’être. Tu as le soutien de beaucoup des personnes qui sont fatiguées des injustices.

Je suis contente de t’avoir rencontré grâce à la LUCHA et de d’avoir comme ami. Je suis contente que grâce à la lutte, j’aie rencontré cette personne spéciale que tu es, un jeune Congolais qui a la grandeur en la mesure des défis qu’il relève.

Nous sommes nombreux qui t’attendons à l’extérieur de ces murs de la prison Makala. La justice triomphera, le peuple gagnera…

Dans quelques jours sera ton anniversaire de naissance, pour cet événement spécial pour ta famille et pour tes amis et pour tous ceux qui t’aiment, je t’offre mon soutien et je te confirme que tu peux encore compter sur moi. Je prie pour toi et pour notre lutte.

Un câlin patriotique

A bientôt !

Micheline Mwendike

 

 

 

Nous créons le Congo de notre rêve !

Qu’est ce que la Lucha, qui sont les militants, pourquoi ils luttent et quelles sont leurs visions pour le futur de leuluchar pays ?
Voici quelques réponses reconstruites dans un documentaire réalisé par la BBC.
Pour rappel, nous ne nous voilons pas la face, chaque militant assume sa présence au sein du mouvement et chacun de nous donne de son temps, de son énergie, de ses compétences pour construire le pays de nos rêves. Les critiquez ou les injures aux politiciens ne suffisent pas, il faut proposer des solutions et être le premier à les transformer en actions civiques. C’est ainsi que nous créons le Congo de nos rêves.

Cliquez sur cette photo pour voir la video ou sur ce lien http://www.bbc.com/news/world-africa-35746177

 
A la Lucha

Relation Homme Femme dans la Lutte pour le Changement

alineLe Congo a besoin de tout ses fils et de toutes ses filles pour écrire son histoire, façonner son présent et construire son futur. Il est impossible, de penser qu’on peut vivre dans une société paisible sans la participation active des femmes et des hommes.

Entre nous, c’est la relation de parfaite complémentarité.

Dans notre mouvement, les femmes sont respectées et assument autant des responsabilités que les hommes. Les « lucheennes et les lucheens » contribuent au changement selon leurs compétences et leurs capacités. Entre nous, c’est la relation parfaite de complémentarité. Homme ou femme, nous avons tous une même charge: contribuer à la construction de ce Congo Nouveau. Nous sommes appelés à être ces nouveaux types de citoyens et citoyennes fronts dressés. L’essor de la démocratie dans notre pays, son développement politique, économique et culturel dépend de nous TOUS et TOUTES.

Nous sommes conscients que les stéréotypes sur les femmes sont trop nombreux

Un jeune homme qui ne respecte pas la femme reçoit une bonne leçon d’éducation en devenant militant car il se voit obligé de travailler avec des femmes sans les discriminés et est obligé de les respecter comme ses paires. »

En effet, quand on parle de changement dans le secteur de la démocratie, de liberté, de paix, etc. la première question qu’on se pose n’est pas liée aux genres et aux sexes mais c’est : Quel est mon rôle, moi M/Mlle X dans tout ça? Qu’est ce que je fais pour que ça change ? Ou encore, que puis-je faire encore? »

Nous sommes conscients que les stéréotypes sur les femmes sont trop nombreux dans nos sociétés et nous devons aussi y travailler. Les femmes qui sont engagées dans notre lutte reçoivent beaucoup de pression sociale de leurs familles, de leurs amis pour les risques de répressions que nous courront au quotidien et malheureusement, il y a aussi les pressions sociales de tous ces hommes sexistes qui n’arrêtent leurs regards que sur les différences physiques qui existe entre eux et elles.

Nous pensons que pour que la femme soit épanouie, il est indispensable que les hommes changent. En effet, le comportement des hommes peut favoriser ou défavoriser l’engagement citoyen des femmes. Les hommes doivent comprendre qu’une femme est tout aussi capable de réaliser n’importe quelle tâche qu’un autre homme. Le savoir-faire c’est une question d’éducation et d’opportunités. D’ailleurs, les femmes congolaises font preuve de beaucoup de courage malgré les traitements qu’elles subissent. Le changement que nous prônons, n’est pas seulement politique, mais il est aussi le changement des idées, des mentalités, des habitudes, et des croyances sociales.

Lors des nos rassemblements, on a l’habitude de voir une majorité d’hommes et trop peu des femmes. Mais on doit savoir que le nombre des garçons de la LUCHA est trop bas par rapport aux défis à relever et à la crise à laquelle nous répondons. Nous en appelons donc en la mobilisation de plus des hommes et des femmes. Dans notre mouvement, il y a de la place pour tout le monde.

Toi qui pense que les femmes sont inférieurs aux hommes, ouvrent tes yeux, regarde autour de toi.

Aujourd’hui, personne ne peut en douter, la femme est belle et bien le pilier de la société et son potentiel est incontestable sur tous les plans. Ici et ailleurs les femmes ont prit leur destin en main, surtout du point de vu économique. Il suffit de faire un tour dans les villes et villages de notre pays pour voir combien les femmes se débrouillent pour nourrir leurs familles et subvenir aux besoins des leurs enfants et de leurs maris. Mais, nous voulons aussi qu’elles prennent part au débat citoyen pour le développement et l’émergence du Congo fort, libre et démocratique. Toi qui pense que les femmes sont inférieurs aux hommes, ouvrent tes yeux, regarde autour de toi.

Les hommes qui nous dirigent en majorité sont-ils dignes de le faire ?

Il faut que les femmes aussi participent à l’élaboration des décisions. Nous avons un pays immense, et les challenges auxquels nous devons faire face sont autant titanesques que notre cher grand et beau pays. La patrie a besoin de tous ses enfants, de tout horizon, ceux du nord, du sud, du centre, de l’est et d’ouest.

Nous avons besoin de leur courage, de leurs idées, et de leur persévérance

Si on veut lutter contre les malentendus, les stéréotypes, la meilleure façon de le faire est d’incarner ses souhaits en ses propres actes. Quand, on souhaite changer les injustices liées au genre, on doit le prouver par nos actes : Nous devons écouter les femmes, discuter avec elles, considérer leurs points de vue et leurs avis, leurs courages et les implications dans nos projets tant personnels que collectifs.

L’histoire retiendra les efforts de ceux et celles qui mettent tout en œuvre pour rendre nos vies meilleures. Et au sein de notre mouvement, nous avons besoins des femmes conscientes et déterminées ainsi que les hommes qui ont les mêmes caractéristiques. Nous avons besoin de leur courage, de leurs idées, et surtout de leur persévérance.

La Lucha compte sur les femmes pour porter haut les couleurs de notre mouvement, et la noblesse de nos revendications.

On sait très bien comment nos sœurs, nos mères, nos tantes, et nos cousines ont souffert pendant des décennies du ravage des viols dans l’est de la RDC, et aujourd’hui encore. Alors il est plus légitime de dénoncer ces faits avec les femmes elles-mêmes. Les injustices faites en défaveur de la femme nous concernent tous. C’est une affaire des congolais et des congolaises.

rebecca32016; Rebecca Kavugho, la militante de l’année ! Fred Bauma le militant de l’année !

En janvier de chaque année, un militant et une militante reçoivent des honneurs de tous membres de notre mouvement. Cette année Rebecca Kavugho a été nominée militante de l’année. A son coté, Fred Bauma est le militant de l’année. Rebecca a reçu ce titre pour sa présence, sa disponibilité dans le mouvement, elle a contribué par ses idées, dans l’élaboration et l’accomplissement des actions. Ses actes sont reconnus comme particuliers par les autres. Fred Bauma fait preuve de force psychologique, il continue d’inspirer des jeunes à l’intérieur et à l’extérieur du mouvement.

Aujourd’hui Rebecca Kavugho, une militante de 21 ans croupis dans la prison centrale de Goma, elle est la preuve que les femmes sont courageuses et capables de changer le cours de l’histoire de notre peuple.

 

Nous invitons les femmes à nous rejoindre. Nous invitons aussi tous ces hommes qui ne croient pas en la femme de venir dans notre mouvement pour sentir la beauté de la complémentarité qui existe entre tous les militants. Nul n’est supérieur, nul n’est inférieur. Par leur courage, les femmes ont montré qu’elles ne voulaient pas être absentes sur cette belle page d’histoire qui est entrain de s’écrire avec les dignes filles et les dignes fils du Congo, et celle qui symbolise cette mobilisation et cette prise de conscience sans précédent est sans doute Rebecca Kavugho, une militante de 21 ans qui croupis dans les cellules de la prison centrale de Goma est la preuve, Prison Munzenze.

 

Les forces des uns couvrent des faiblesses des autres.

 

La lutte c’est aussi au Féminin

ceci vous concerne

cliquez ici pour faire un don

Notre mouvement effectue actuellement des multiples depenses pour differentes charges. Nous comptons beaucoup sur vos dons et nous vous promettons de les utiliser avec conscience pour le bien de notre pays.

Pour rappel, notre mouvement est non violent donc l’argent recolté ne servira pas pour des actions de violences.

Nous comptons sur Vous

Ceci te concerne

Notre mouvement effectue actuellement des multiples depenses pour differentes charges. Nous comptons beaucoup sur vos dons et nous vous promettons de les utiliser avec conscience pour le bien de notre pays.

Pour rappel, notre mouvement est non violent donc l’argent recolté ne servira pas pour des actions de violences.

Pour effectuer un don CLIQUEZ ICI

8 mars 2016 est dédié à Rebecca Kabuo ! Saluez son courage

rebeccaAujourd’hui, le monde entier, et les congolais en particulier sont en train de  découvrir ce visage d’une fille déterminée à changer les choses dans son pays. Avec son regard innocent, et sa détermination intacte, elle est une source d’inspiration pour toute la jeunesse congolaise et au-delà. Elle n’a jamais douté une seule fois du bien fondé de son engagement malgré les risques que comportent notre noble lutte. Elle a choisi de servir notre pays et ainsi participer à la construction d’un Congo nouveau, fier et prospère qu’avait rêvé Patrice Lumumba.

En dépit de son jeune âge, 21 ans, Rebecca n’a jamais hésité avant de participer à une manifestation. Elle a été sur tous le fronts, et aujourd’hui elle l’est encore plus. Elle est detenue à la prison Munzenze à Goma.

Comme vous le savez, six militants de notre mouvement on été brutalement enlevés la nuit du 16 février et ils ont été condamnés de 6 mois de prison ferme. Et parmi les eux, figure une femme courageuse : Rebecca Kavugho.

En emprisonnant cette militante passionnée par son pays, le gouvernement a cru muselé la lutte. Mais cela aura juste l’effet contraire. Rebecca semble encore plus déterminée à se battre et à dénoncer les injustices (pacifiquement) comme on l’a toujours fait. Les répressions sur des militants non violents réveillent la révolte de plus en plus des jeunes.

rebecca1

Rebecca fut arrêtée pour la première fois le 17 mars 2015 et torturée par l’ANR (Agence Nationale de Renseignement) lors d’une manifestation pour la libération de Fred Bauma et les jeunes congolais, sénégalais et burkinabé enlevés et détenus dans les bureaux de l’ANR à Kinshasa près avoir organisé des ateliers sur la citoyenneté responsable des jeunes le 15 mars 2015.

Rebecca nous a prouvé que rien, ni personne ne peut lui faire renoncer à cette lutte. On ne peut qu’être admiratif de la détermination de cette étudiante en troisième année de la faculté de psychologie de l’université libre des pays des grands-lacs (ULPGL). Elle nous a prouvé qu’il n’y a rien qui limite une femme/fille à faire bouger les lignes, changer les dogmes et servir son pays. Les femmes contribuent au changement dans notre pays..

Ceux qui persécutent la jeunesse auraient dû comprendre une fois pour toute que ce n’est pas les arrestations arbitraires, les menaces, et les tortures qui vont anéantir le courage et la détermination de la jeunesse engagée et avide du changement.

Cette journée mondiale de la femme, il nous semble évident de la dédier à Rebecca Kabuo.

Dans notre mouvement, les femmes sont les bienvenues. Celles qui hésitent encore, suivez l’exemple de celles qui ont déjà choisit d’agir au lieu de subir.

Bonne  journée mondiale de la femme à Rebecca et à toutes les militantes

Rapport scandaleux de l’ANR sur la rencontre dite « de Gorée »

 

Yves Makwambala et Fred Bauma sont les symboles d’une jeunesse qui s’assume!

FreeYves_duegoodFreeFred_duegood

 

Veuillez trouver en pièce jointe les copies d’une note de 5 pages, avec 6 annexes, datées du 12 décembre dernier, signée par l’Administrateur Général de l’ANR, avec pour titre : « Consolidation d’une coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar, au Sénégal, sous la supervision de parrains étrangers. »

Ces documents scandaleux à plus d’un titre, sont la preuve supplémentaire, s’il en fallait une, qu’en RDC, l’ANR est devenue une véritable police politique au service d’un régime, voire d’un homme. Mais surtout, ils démontrent à suffisance l’amateurisme avec lequel l’ANR fonctionne, la manière dont la délation est utilisée contre tous ceux qui sont gênant aux yeux du pouvoir, et un plan manifestement mis en œuvre pour les éliminer ou leur nuire, dans la perspective des questions politiques en 2016.

En partageant ce document, obtenu grâce au courage et au patriotisme de certains compatriotes qui réprouvent les méthodes de leur propre maison, nous entendons rétablir la force à la vérité et interpeler l’opinion publique sur les méthodes de l’ANR et de ceux qui s’en servent comme outil de délation, de répression et de propagande.

 

Plusieurs remarques doivent être faites à propos de cette note :

1. Elle contient un nombre important d’erreurs factuelles si pas de mensonges :

– Elle invente l’existence de bailleurs et en attribue d’autres faussement;

– Elle invente des participants : Gaïus Kowene n’a jamais été à Gorée, Serge Bambara, l’un des porte-
paroles du « Balai citoyen », n’a pas pris part à la rencontre;

– Elle invente des noms aux participants figurant sur les photos;

– Elle invente des organisateurs/comploteurs étrangers. Aux yeux de notre police politique, l’organisation de tout ceci ne pouvait qu’être le fait d’étrangers complotant, africains ou non;

– Elle s’invente une compétence qu’elle n’a pas. La source de tous ces renseignements semble vraisemblablement être… Internet, et plus particulièrement Facebook, d’où sont tirées toutes les photos librement publiées par les participants eux-mêmes …

2. Certaines parties de cette note ont été lues à la tribune de l’Assemblée Nationale par l’Honorable Aubin Minaku, Président, le jour de la clôture de la session parlementaire. Cependant l’Honorable Minaku s’est bien gardé d’en citer la source et a escamoté les recommandations scandaleuses de prise en charge des participants à leur retour et d’infiltration du groupe pour le faire éclater.

3. Il est à noter avec tristesse que le travail effectué par l’ANR se caractérise par un grand amateurisme et, en définitive, ne contient aucune espèce d’analyse. Aucun véritable travail de recherche n’a été effectué. Car en effet, la simple lecture de la légende des photos sur Facebook même aurait permis d’identifier effectivement les participants à cette activité. Aucun ne se cachait.

4. Avec la même tristesse nous constatons que, aux yeux de l’ANR, visiblement, les Congolais sont incapable de réflexion ou d’être mécontents par eux-mêmes.

 

Face à un tel constat, nous souhaitons au plus vite établir les évidences suivantes :

1. Les Citoyens sont au courant des manœuvres du pouvoir et de sa police politique ; ils s’organiseront en conséquence, en conformité avec la Constitution et les lois de la République. Entre la réalité de la nervosité du Pouvoir et les exagérations, voire les inventions de toutes pièces des services, la plus extrême prudence est de rigueur,

2. Nous avons le devoir de partager ce communiqué ainsi que les documents en annexe le plus largement possible car :

– Tout le monde doit savoir de quoi la police politique congolaise est capable;

– Il faut que soit dénoncé haut et fort le scandale des méthodes des services de renseignements congolais;

– Il faut dénoncer haut et fort le fait que les services de renseignements servent à étouffer les libertés;

– Il faut dénoncer l’amateurisme et l’incompétence, caractéristiques de tout un régime;

– Il faut dénoncer le fait que le président de l’Assemblée nationale, le Ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, et bon nombre de soi-disant journalistes, tirent en fait leurs infos et surtout leurs « éléments de langage » des Bulletins d’Information de l’ANR. L’ANR est donc vraiment une police politique et les relayeurs de ses Bulletins d’Inf
ormation sont inqualifiables;

-Il faut saluer le fait que, même au sein de l’appareil répressif du régime, il y a des sympathisants de la cause du peuple.

Le peuple congolais doit connaître ce véritable complot contre lui

Au vu de la recommandation de prendre en charge les participants de Gorée à leur retour, nous encourageons toute personne qui milite pour la promotion de la Démocratie, à communiquer au plus vite toute information pertinente ou toute tentative de poursuite, sous quelque prétexte que ce soit, contre toute personne ayant pris part à la conférence de Gorée ou œuvrant dans le Front Citoyen 2016.

L’Alternance doit avoir lieu en 2016 ! CONGOLAIS TELEMA !!!

FILIMBI- LUCHA

mise au point de la LUCHA au Maire de la ville de GOMA

Mise au point de la LUCHA au sujet de sa prétendue « interdiction » de fonctionner à Goma.

Citant un communiqué du Maire de la ville de Goma daté du 03 décembre 2015, de nombreux médias relayent depuis quelques jours la rumeur selon laquelle le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) serait désormais interdit de fonctionner. Face à l’ampleur prise par cette rumeur, nous nous sentons obligés de faire la mise au point suivante :

  1. Le Maire de Goma n’a pas interdit la LUCHA et n’a aucun pouvoir pour le faire.

Le communiqué dont il est question[1] ne contient aucune interdiction pour le mouvement LUCHA de fonctionner à Goma, encore faudrait-il que le Maire ait une base légale et le pouvoir pour prendre une telle décision. Après avoir énuméré un certain nombre de reproches qui dénotent soit de l’ignorance de la constitution et des lois de la RDC, soit de la mauvaise foi – « pas de statuts, pas d’autorisation de fonctionnement, pas de président,… » –, le Maire demande à la LUCHA de « cesser toutes activités de nature à perturber l’ordre public dans la ville de Goma. » Ce rappel est aussi inutile que malveillant car la LUCHA n’a jamais mené d’activité contraire à la loi ou de nature à perturber l’ordre public. Le fait pour des citoyens de se mettre ensemble pour exiger pacifiquement de l’eau, des routes ; pour demander la sécurité, la justice ; pour faire un deuil des leurs massacrés à Beni… constitue peut-être un trouble à la tranquillité des autorités habituées à ne pas rendre des comptes sur leur gestion de l’Etat, mais pas un trouble à l’ordre public…dans une République digne de ce nom !

 

  1. La législation congolaise consacre la liberté d’association et ne prescrit aucune forme obligatoire pour son exercice.

La constitution (article 37, article 22) et la loi congolaises (loi du 20 juillet 2001 sur les ASBL[2]) consacrent la liberté d’association[3], sans prescrire une forme quelconque sous laquelle cette liberté doit s’exercer, sauf en ce qui concerne les confessions religieuses[4]. Les juristes diraient que la loi congolaise permet implicitement les « associations de fait ». En d’autres mots, les Congolais sont libres de s’associer sans avoir nécessairement à rédiger des statuts, faire enregistrer l’association, adopter une forme quelconque, avoir un président, etc., à la seule condition d’observer le respecter de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. Fonctionner comme une association de fait n’a donc rien d’illégal en République Démocratique du Congo, et nous mettons quiconque au défi d’apporter la preuve contraire, le Maire de Goma et Monsieur Lambert Mende en premier.

 

  1. La LUCHA a toujours agi et continuera d’agir dans le respect de la loi et de l’ordre public.

Le mouvement citoyen LUCHA est né depuis plus de trois ans avec un but incontestablement licite, et depuis plus de trois ans elle a toujours mené des actions non-violentes, dans le respect absolu de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. La police et les services « de sécurité » sont régulièrement responsables de troubles à l’ordre public lorsqu’ils interviennent pour réprimer des manifestations pacifiques de la LUCHA, procéder aux enlèvements et aux arrestations arbitraires de ses militants… Paradoxalement c’est aux victimes de ces troubles à l’ordre public commis par la police et les services sous ses ordres (en ce qui concerne la ville de Goma) que le Maire a jugé bon d’adresser une mise en garde !

 

  1. La LUCHA est organisée à sa manière, et probablement mieux que beaucoup d’organisations formelles en RDC. Le mouvement dépasse largement le seul cadre de la ville de Goma.

 

Exister et fonctionner comme une association de fait est un choix libre, conscient et légitime des jeunes militantes et militants de la LUCHA, qui est plus un état d’esprit et une philosophie de vie citoyenne qu’une organisation formelle. En effet, pour nous, le plus important pour la RDC ce n’est pas la capacité des Congolais à créer des ASBL, des ONGs, des partis politiques ; à être des « présidents » et des « coordonnateurs » ; à trouver des financements et rédiger de bons rapports,… Mais leur volonté et leur capacité, au niveau individuel d’abord, et au niveau collectif ensuite, à contribuer concrètement à la construction d’un Congo meilleur, qui a la place et le respect qu’il mérite parmi les Nations ; un pays toujours plus uni, paisible, libre et prospère, dans lequel la dignité de chaque Congolais est une affaire de tous les citoyens et de toutes les institutions. La LUCHA dispose d’un système unique et efficace pour éviter tout abus (notamment pour préserver son caractère non-violent, indépendant et non-partisan). Le mouvement compte et a inspiré à ce jour plusieurs milliers de jeunes Congolais dans tout le pays, de Goma à Kinshasa ; de Bunia à Fizi ; de Kisangani à Lubumbashi ; de Mbuji-Mayi à Bukavu…, et même à l’étranger. Des jeunes de toutes origines, de toutes conditions sociales et de tous courants de pensée, qui n’ont en commun que leur amour passionné du Congo et leur détermination à reprendre leurs droits et leurs libertés confisqués depuis trop longtemps par une classe politique corrompue et surannée. Ceux qui pensent que nous avons besoin pour cela de président et de bureaux n’ignorent pas seulement la loi, ils ont probablement un retard à rattraper sur ce siècle d’Internet et des réseaux sociaux… Nous sommes une nouvelle génération qui pense autrement, s’organise autrement et agit autrement pour réaliser un autre Congo ; un Congo Nouveau !

En conclusion,

Par son communiqué, le Maire a tout simplement cherché à créer la confusion et intimider les jeunes de Goma et d’ailleurs de plus en plus nombreux à adopter la philosophie de la LUCHA en s’engageant dans des actions non-violentes pour revendiquer leurs droits, défendre leur dignité et celle de leurs concitoyens, et à se mobiliser pour préserver la démocratie menacée par les démarches égoïstes de la classe politique. Il n’a pas réussi et, aujourd’hui ou demain, personne ne réussira à entamer notre détermination à poursuivre la noble lutte dans laquelle nous sommes engagés pour le changement dans notre pays. La cause que nous défendons est beaucoup trop importante pour se laisser museler par quelque manœuvre que ce soit.

La LUCHA continuera à fonctionner, à Goma et ailleurs et ses actions demeureront non-violentes et respectueuses de la loi et de l’ordre public.

Il est naturel que ceux qui profitent de la prédation du Congo soient hostiles à toute idée de changement voulu et mené par des citoyens déterminés et échappant aux moyens de contrôle autoritaire habituels (corruption, proposition de postes, décapitation des organisations par l’emprisonnement ou l’assassinat de leurs leaders, …). La LUCHA appelle les Congolaise à ne pas avoir peur de s’engager dans la lutte non-violente pour revendiquer leurs droits, défendre leurs libertés, en particulier en cette période de dure épreuve pour notre fragile démocratie. Ceux qui luttent pour une cause juste auront toujours Dieu, la loi et l’histoire de leur côté !

Fait le 08 décembre 2015, à Goma.