Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou

 

Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou
Crapaud fou, aujourd’hui, 14h04

Remy Mumbere Mukweso, militant à la Lucha et… crapaud fou

Né au Kivu il y a 28 ans, Remy Mumbere Mukweso n’a connu que la guerre, les pillages et les viols. Avec ses camarades de la Lucha, « Lutte pour le changement », qui se revendique non violent et sans affiliation politique, il s’engage aujourd’hui pour que les choses changent. Quitte à mettre en jeu sa liberté et sa vie puisque le gouvernement actuel du président Kabila n’hésite pas à recourir à la force pour mater ces jeunes Congolais. Alors pour se donner du courage, il lit Gandhi, Martin Luther King et Alexandre Jardin.

http://www.rts.ch/play/radio/-/audio/remy-mumbere-mukweso-militant-a-la-lucha-et-crapaud-fou?id=7838435

INTERVIEW DU MILITANT DE LA LUCHA Marcel Héritier KAPITENE

 

Marcel, militant congolais en prison : « Je préfère affronter mes bourreaux en face »

Propos recueillis par Fiston Mahamba (contributeur Le Monde Afrique, Kinshasa)

LE MONDE Le 07.07.2016 à 17h10 •

Les autorités congolaises ont libéré plusieurs opposants et militants de la société civile, mercredi 6 juillet, mais pas Marcel Héritier Kapitene. Ce dernier, 27 ans, licencié en économie, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), a été condamné à douze mois de détention. De sa cellule du centre pénitentiaire de Makala, à Kinshasa, il a répondu à nos questions.

Comment avez-vous été arrêté ?

Marcel Héritier Kapitene Le 15 février, Bienvenue Matumo et moi avons été reçus par le sous-secrétaire d’Etat américain aux droits humains. Nous avons plaidé en faveur de la libération de trois collègues arrêtés à Kinshasa, Fred Bauma, Yves Makwambala et Godefroy Mwanabwato.

En sortant de cette réunion, nous avons appris l’attestation de Victor Tesongo, du parti Union pour la nation congolaise (dirigé par l’opposant Vital Kamerhe) avec qui nous travaillions pour organiser la journée « ville morte », le lendemain, qui exigeait le respect du délai constitutionnel quant à l’organisation de la présidentielle. Alors nous avons pris la décision d’entrer dans une clandestinité partielle. Nous avons pris une chambre dans un hôtel peu connu de la commune de Bandalungwa. Cette nuit-là, nous avons été alertés par nos collègues de Goma. La police et les services des renseignement forçaient les domiciles de certains de nos militants et les amenaient vers des destinations inconnues.

Le matin du 16 février, vers 5 heures 30, nous avons été arrêtés par des hommes armés, en tenue civile. Aucun motif ne nous a été signifié. Ils nous ont fouillés au commissariat et ont confisqué nos téléphones. Comme ils ont vu une carte bancaire, ils nous ont proposé de négocier notre libération. Ils nous ont conduits à un distributeur automatique où nous leur avons remis 200 dollars. Mais, au lieu de nous relâcher, ils nous ont amenés au commissariat de Funa puis à l’inspection provinciale de la police de Kinshasa.

Avez-vous été assisté par un avocat ?

Non. Les interrogatoires se sont déroulés sans accès ni à nos avocats, ni à nos familles. Puis nous avons passé deux jours sans manger et sans boire dans une cellule humide. Le matin du 19 février, nous avons été transmis au parquet général de la République, qui nous a à son tour transmis au parquet de grande instance de la Gombe. C’est là que nous avons pu avoir accès à l’un de nos avocats et à nos familles. Le 23 février, nous avons été transmis au centre pénitentiaire et de rééducation de Makala où nous sommes toujours détenus et condamnés à douze mois de prison pour « incitation à la désobéissance civile » et « propagation des faux bruits ». Durant les audiences, la cour peinait à démonter ces infractions, mais elle n’a pas pu nous acquitter, craignant peut-être les représailles de l’exécutif.

« J’APPARTIENS À UNE GÉNÉRATION QUI N’A JAMAIS CONNU LA PAIX. UN MOMENT, J’AI PENSÉ QUE LA PRISON ÉTAIT MON DESTIN. MES AMIS Y ÉTAIENT DÉJÀ » MARCEL HÉRITIER KAPITENE

J’ai été maltraité. Mais l’important n’est pas de sauver sa peau. Dans un combat, il n’y a rien d’autre qui compte que le combat lui-même.

Qui sont vos codétenus ?

Dans ma cellule, nous sommes trois. Je suis avec un général de l’armée congolaise arrêté dans une affaire immobilière et un jeune garçon condamné pour viol.

La prison a-t-elle radicalisé vos engagements ?

La prison n’est pas pire que ce qui se passe au Congo. J’ai perdu des amis d’enfance, des anciens collègues et des voisins dans les massacres de civils à Béni. J’ai perdu un ami dans le sud du territoire de Lubero. C’est cela qui me radicalise, les Congolais qu’on tue chaque jour dans ma région. J’appartiens à une génération qui n’a jamais connu la paix. Un moment, j’ai pensé que la prison était mon destin. Mes amis y étaient déjà. Je savais que j’étais suivi. Lorsque j’ai dénoncé le silence du premier ministre face aux massacres de Béni en 2015, un député m’a conseillé de quitter le pays. Mais je préfère affronter mes bourreaux en face.

Combien de temps en prison avant d’être condamné ?

J’ai dû attendre trois mois pour être fixé sur ma peine. J’espère que ce temps sera pris en compte. Je n’ai jamais pris possession de mon jugement écrit. La procédure est longue. Je me concentre plutôt sur l’appel qui sera probablement fixé ce mois.

Votre famille vous reproche votre engagement ?

J’ai toujours eu des ennuis avec certains membres de ma famille et de ma communauté. Mais il m’arrive de penser que la cause globale transcende nos individualités et nos appartenances. C’est à moi de prêcher le bon exemple. Un engagement est d’abord personnel. J’appartiens à ma famille oui, mais aussi à mon pays. Je lis Martin Luther King et Nelson Mandela. Vu la manière dont chacun est parti vers les étoiles, il m’arrive parfois de croire que le destin existe.

Que faites-vous en prison ?

Je passe mon temps à lire et à écrire. La prison a bloqué la sortie de mon premier livre, mais c’est aussi un tournant décisif dans ma vie. Je ne pense plus comme avant. J’ai appris à vivre au-delà des simples questions physiques. J’ai dû faire une pause dans la mise à jour de mon blog. Chaque jour, j’essaie de sacrifier une partie de moi-même pour le plus grand nombre. J’aimerais demander à tout Congolais de contribuer à sa manière et à sa mesure à l’avènement d’un nouveau pays, potentiellement riche mais avec une population très pauvre suite à la mauvaise gouvernance depuis plusieurs décennies.

Que ferez-vous en sortant ?

J’ai dû interrompre mon master en économie, c’est à cela que je me consacrerai en premier. Mais il n’est pas question d’arrêter le combat pour la démocratie. La prison ne m’a pas ébranlé.

Article du journal: @lemonde

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/07/07/marcel-militant-congolais-en-prison-je-prefere-affronter-mes-bourreaux-en-face_4965710_3212.html

NUIT AFRICAINE A OTTIGNIES POUR RAPPELER LA SITUATION DE FRED & YVES

Ottignies
Ottignies

 

Le Samedi 25 juin 2016, nous étions présents au festival Nuit Africaine à Ottignies en Belgique, en collaboration avec Amnesty Belgique et Filimbi pour sensibiliser l’opinion publique sur la détention illégale de Fred Bauma, Yves Makwambala mais aussi de tous les jeunes activistes emprisonnés à travers la République Démocratique du Congo. ‪#‎FeeLucha‬

C’était aussi pour nous une occasion d’échanger avec nos compatriotes congolais qui résident en Belgique et d’autres citoyens du monde désirant en apprendre davantage sur le mouvement Lucha.

En marge de ce festival de la culture africaine qui connaît chaque année la participation de milliers de curieux et d’artistes africains, nous avons rencontré différentes personnes de différents horizons, et les avons entretenues sur nos actions, notre lutte, et la vision que nous avons pour notre pays.

Ceux qui essaient de nous faire taire, de nous dissuader de poursuivre notre lutte, devraient comprendre que nous ne cèderont à aucune menace puisque notre détermination est sans faille. Ils devraient plutôt concentrer leur énergie à la préparation des élections et à la résolution des nombreux problèmes des congolais.

Affiche pour signer la PETITION pour Fred et Yves
Affiche pour signer la PETITION pour Fred et Yves

Nous continuons à réclamer au gouvernement la libération immédiate et sans condition de tous nos camarades détenus à Kinshasa et à Goma.

Les vrais hommes d’Etat, lorsqu’ils sont à la fin de leur mandat, ils n’essayent de se maintenir au pouvoir contre vents et marrées. Surtout lorsque leur bilan est jugé médiocre. Quand bien même le bilan serait positif, ils ne paniquent pas parce que ce le peuple se charge de reconduire quelqu’un de leur parti afin de poursuivre ce qui a été commencé…

En son article 64, la constitution de notre pays dispose : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. »

Et dans la deuxième partie de l’article il est noté que: « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi. »

Raison pour laquelle nous respectons le mandat de l’actuel chef de l’état qui prend fin le 19 décembre 2016 à minuit.

Autrement le peuple prendra ses responsabilités pour faire échec à n’importe quel individu qui tenterait de se maintenir en place par la force.

Mais, mieux vaut tard que jamais, ce 30 juin 2016 le président de la république va s’exprimer, et en cette date symbolique, s’il lui reste encore un peu de bonne foi et de bon sens, il pourra calmer les esprits et annoncer solennellement qu’il partira le 19/12/2016 sans condition, mais aussi libérer les prisonniers politiques pour détendre les esprits en ce temps où la situation politique dans notre pays reste tendue.

Peut-être alors, en posant pareil acte, la population congolaise pourra-t-elle lui pardonner.

A la LUCHA !

le 29 Juin 2016

KABILA NE SERA PLUS PRESIDENT DE LA RDC APRES LE 19 DECEMBRE 2016

Image de la cour constitutionnelle tirée de Google
Image de la cour constitutionnelle tirée de Google

Mais pour qui roule la cour constitutionnelle de notre pays? pour le peuple congolais? ou pour Kabila ? La question mérite d’être posée.

En effet, selon un arrêt rendu par la cour constitutionnelle  ce mercredi 11 Mai 2016, KABILA pourra rester au pouvoir au de-la de la limite du délais constitutionnel si les élections ne sont pas organisées à temps. Le motif invoqué est qu’il faut éviter un vide à la tête de l’état.

Bien sur qu’il n’y aura pas de «  vide » puisque les élections doivent être organisées comme le stipule notre constitution. Si Kabila reste président au delà du 19 Décembre 2016, ce sera une violation totale et délibérée de notre constitution.

Depuis le début de son second mandat en 2011, Kabila a eu assez de temps pour préparer les élections, et malheureusement c’est à la dernière minutes que le gouvernement nous dit qu’il n’a pas assez de temps et d’argent pour organiser les élections. Tout semble avoir été fait, ou du moins tout est entrain d’être mis en place pour que les élections ne puissent pas se dérouler comme prévu et que le peuple congolais puisse s’exprimer librement et avoir un nouveaux président le 19 décembre 2016.

L’article 75 de notre constitution dit ceci: «  en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou pour toute autre cause d’empêchement définitif, les fonctions de Président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 78, 81 et 82 sont provisoirement exercées par le Président du Sénat » donc KABILA ne peut et ne doit en aucun cas resté le président de la RDC au delà se son mandat qui s’achève en décembre.

Ceux qui sont au pouvoir sont au service du peuple, et seul le peuple pourra décider de son propre destin. Nous prônons le respect de la constitution puisqu’elle est sacrée, et nous ne permettrons à personne de modifier le pilier de notre nation pour son intérêt privé.

Aujourd’hui plus ce que jamais, nous devons dire «  NON », non à tout ceux qui, au lieu de se préoccuper des massacres de nos compatriotes de #BENI, et de la souffrance en général de notre peuple dû à différent problèmes ( manque d’eau, électricité, soin médiaux, etc) , s’occupent à savoir comment faire pour rester encore plus longtemps au pouvoir, ou tout simplement comment il faut faire taire les opposants politique et les défenseurs de droits de l’homme.

Monsieur Kabila a eu assez de temps pour nous prouver ce qu’il peut nous apporter en terme de sécurité, d’emplois, de santé, …et nous l’avons vu. Alors son temps est presque achevé, et nous lui souhaitons bonne chance pour sa vie après la présidence. Nous ne le demandons pas de partir maintenant, il faut qu’il finisse son mandat en paix, et qu’il aille au bout des reformes qu’il a promit ( 5 chantier lors de son premier quinquennat, ensuite pour le second,  la Revolution de la modernité), et Dieu seul sait si on en a vu la couleur. Les chantiers sont restés des chantiers, et encore… et la révolution, et bien, elle est toujours en marche…

Kabila doit certainement être fier d’être le premier président de la RDC qui va quitter pacifiquement le pouvoir suite à la fin de ses deux mandats après avoir fait passation du pouvoir avec celui ou celle que le peuple congolais aura choisit pour nous diriger pendant les 5 prochaines années.

Ici, l’article de Jeune Afrique

 

 

Vive la République Démocratique du Congo

Vive la constitution

A la Lucha

Par Amani

Goma, le 11 mai 2016

« Nous avons gagné la Coupe d’Afrique, nous gagnerons la démocratie »

Nous demandons la libération sans condition des luchéens

Signez la pétition pour demander la libération sans condition de Serge Sivya, Justin Croco, Ghislain Muhiwa, John Anipenda, Rebecca Kabuo et Melka Kamundu.

Ils ont été arretés d’une maniere arbitraire ensuite condamnés injustement à 6 mois de prison ferme pour avoir écrit « Nous avons gagné la Coupe d’Afrique, nous gagnerons la démocratie »

Votre signature à cette pétition est un signe de soutien et en même temps un plaidoyer pour leurs libérations

Pour signez la pétition, cliquez sur ICI

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Qui sont Pascal BYUMANINE et Juvin KOMBI après 103 jours de prison

Pascal BYUMANINE ( à Gauche) et Juvin KOMBI ( à Droite)

Ils sont deux, Pascal BYUMANINE et Juvin KOMBI, deux de nos camarades, qui avaient été arrêté illégalement le 28 Novembre 2015 par la police nationale congolaise pour avoir participé à une manifestation d’hommage aux victimes des massacres de #BENI, qui était organisé sous forme d’un deuil public. Ces massacres qui se répètent sans qu’aucun criminel ne soit interpelé, montre l’absence de volonté des autorités à mettre fin à l’impunité dans notre pays. Raison pour laquelle  nous continuerons toujours à dénoncer ces actes de barbarie mais aussi à interpeler les autorités jusqu’à ce qu’ils agissent et punissent les responsables de ce mal dont souffre la population.

En effet ce jour là, nous nous étions réuni pour faire un deuil ensemble pour nos compatriotes de #BENI qui avaient été massacrés sauvagement par des personnes que la police n’a pas encore identifié jusqu’aujourd’hui.

Ainsi, nous pensons que ce qui s’est déroulé dans ce territoire, et ce qui s’y déroule jusqu’aujourd’hui devrait interpeler nos autorités pour qu’ils prennent enfin conscience que la sécurité est nécessaire dans cette région et en général sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.

C’est justement lors de cette manifestation que Pascal et Juvin avaient été interpellé avec 7 autres personnes qui assistaient tout simplement au deuil de nos compatriotes de #BENI. Notons que nos deux camarades et les 7 autres personnes étaient poursuivi par le tribunal pour trois infractions, à savoir : « association de malfaiteurs, provocation à la désobéissance aux lois de la République, et outrage aux autorités ». Des accusations farfelus et infondé vu que nos camarade n’avaient rien à se reprocher et n’avaient commis aucun acte répréhensible.

Apres 3 mois passé en prison, ils ont été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme et à payer une amande. Aujourd’hui, nos deux camarades sont libre car ils ont déjà purgé leurs peines, quoique injuste.

Mais, qui sont vraiment ces deux vaillants militants, soucieux de voir leur pays s’émanciper et assumer sa grandeur? 

Pascal BYUMANINE et Juvin KOMBI pendant leur détention
Pascal BYUMANINE et Juvin KOMBI pendant leur détention

Pascal BYUMANINE est un jeune de 23 ans, étudiant en faculté de droit à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs ( ULPGL) à Goma. Militant du Mouvement citoyen Lutte pour le Changement ( LUCHA) depuis novembre 2014. Il a choisi de se joindre à nous pour contribuer au développement de son pays et à son émancipation. Il dit avoir été révolté par les souffrances de la population et surtout de l’injustice qui prévaut actuellement dans notre pays.

Après avoir approché quelques militants de la LUCHA, et discuté longuement avec eux, il a été convaincu de notre engagement et c’est ainsi qu’il a choisi de se joindre au mouvement qui ne cesse d’attirer de plus en plus des jeunes congolais de la RDC, et ceux de la diaspora et qui suscite aussi l’interêt et l’admiration d’autres jeunes du continent africain et du monde entier.

Quant à lui, Juvin KOMBI est aussi un jeune militant de 26 ans. Il a fait ses études à l’université de Goma et il est détenteur aujourd’hui de la licence en droit économique. Cet économiste de formation, mais surtout un citoyen amoureux de la RDC a choisi de se joindre à nous après plusieurs rencontres avec nos militants. C’était en 2012, lorsque nous n’étions qu’une poignée des jeunes révoltés.

Il était avec nous avant même que notre mouvement ait adopté son nom que tout le monde connait aujourd’hui «  LA #LUCHA ». Nous ne pouvons qu’admirer le courage de ce jeune qui a toujours été de toutes les manifestations et n’a jamais hésité avant de nous rejoindre. Son engagement est totale et il est passionné par ce qui nous anime tous «  l’engagement citoyen dans la non violence »

Ces deux militants n’auraient jamais dû se retrouver en prison car ils n’ont jamais commit un acte illégal.

Aujourd’hui, ils sont heureux d’être sortit de cet enfer carcéral, et de reprendre le cours de leur vie, mais aussi de continuer leur engagement dans le mouvement citoyen.

Ils nous ont expliqué que les 3 mois passés en prison leur ont permit de comprendre la complexité et la nécessité de notre lutte, notamment que c’est maintenant avec une autre dimension et une determination sans faille qu’ils sont sorti du geôle de leur bourreaux.

En intégrant la Lucha, Ils ne se pensaient pas capable d’endurer autant des jours d’injustice et d’emprisonnement sans craquer, disent-ils. Et surtout sans se décourager et sans renoncer à ses convictions. Ils racontent qu’a aucun moment, même pendant le moment le plus sombre dans cette prison de Munzenze, ils n’ont eu envie de faire machine arrière ou d’abandonner, c’était plutôt l’envie de se battre, de lutter qui prédominait.

Même en dormant à même le sol pendant 103 jours, cela n’a pas altéré leur moral, car ils savaient que notre combat à tous, est que tout cela cesse, que la justice joue pleinement son rôle, qu’elle juge les criminels et protège les innocents.

Cette justice qui devrait d’ailleurs trouver les coupables des meurtres et des massacres de nos concitoyens à Beni pour qui nous nous étions réunis pour honorer leur mémoires.

Nos camarades nous ont dit que chaque matinée quand le soleil se levait pendant leur incarcération, c’était pour eux une journée d’espoir, et un chemin de plus pour l’émergence d’un Congo nouveau, fort et uni. Pascal a l’habitude de nous dire, je le cite: « Je crois au Congo de #LUMUMBA et seule ma lutte m’y conduit ».

Pour eux, le séjour à Munzenze n’a pas été vain. Ils ont eu suffisamment de temps pour réfléchir et méditer sur la lutte.

Malgré les mauvaises conditions de vie que nous dénonçons dans cette prison construite préalablement pour 150 détenus au plus, mais qui en compte aujourd’hui environ 2000, nos camarades ont passé des beaux moments à parler de notre lutte aux autres prisonniers et surtout aux sept autres avec qui ils ont été arrêté.

Pascal et Juvin avec leur 7 codétenus le jour de leur libération

Ces sept, qui ont épousé aujourd’hui notre mouvement et qui sont fier de porter notre engagement pour élever les couleurs de notre grande et digne nation.

Nous sommes fiers de tous nos militants, car à travers eux, un nouveaux souffle patriotique souffle sur notre pays et la jeunesse et toute la population en général prend conscience des enjeux du réveil citoyen.

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Pascal BYUMANINE
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Juvin KOMBI

Nous pensons à tout nos compatriotes militants qui sont encore emprisonnés injustement, nous saluons leur forces et leur engagement. Par leur humilité et leur dévouement totale à ce pays que nous aimons tous. Ils sont source d’inspiration et de motivation supplémentaire pour tout ceux qui hésitent encore à nous rejoindre.

Vous êtes tous le bienvenue dans notre mouvement citoyen non violent.

La lutte continue

A la #LUCHA 

Fait par Amani

Goma, le 07 Avril 2016

La violence des étudiants est une expression de leurs frustrations

L’incendie de bâtiments au Campus du Lac dans un nouvel affrontement entre étudiants de l’UNIGOM (Université de Goma) et ceux de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliquées) est l’expression brutale des frustrations des étudiants. Ils sont tantôt instrumentalisées, tantôt incomprises par les autorités académiques et politiques. Face à la répression systématique de toute action non-violente, ou à l’indifference et au silence des ceux qui sont sensés être les responsables, les jeunes se tournent vers la violence pour s’exprimer !kinyumba

On ne compte plus les affrontements, souvent sans vraie raison, entre les étudiants de ceux deux institutions universitaires publiques, l’Université de Goma et l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées. Ces tensions récurrentes ont déjà causé des blessés, des emprisonnements, des exclusions, des destructions d’un bâtiment qui est pourtant un bien public d’intérêt général, et maintenant ils ont carrément mis le feu ! N’eût été l’intervention (brutale, comme presque toujours) de la Police, tout le bâtiment principal serait parti en cendres. Si l’on y prend pas garde, il y aura bientôt des morts, et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer…

Plusieurs étudiants de l’UNIGOM et de l’ISTA sont militants de la LUCHA. Mais quand il y a déchaînement de la violence, souvent c’est incontrôlable. La LUCHA va réfléchir sur la possibilité de nous impliquer pour comprendre les raisons derrière ces affrontements récurrents, et proposer des solutions idoines aussi bien aux étudiants, aux autorités académiques qu’aux autorités urbaines et provinciales. Pourvu que l’on nous laisse faire…

L’irresponsabilité des autorités est pour beaucoup dans tout ceci. Nous espérons qu’elles finiront par comprendre l’importance de promouvoir les moyens d’expression non-violents de la part des jeunes, comme ce que la LUCHA fait, si elles veulent éviter que la violence soit la seule façon pour les étudiants (et les jeunes en général) d’exprimer leurs frustrations, de faire entendre leurs revendications, et de défendre leurs droits légitimes. Le gouverneur Julien Paluku devrait comprendre que la LUCHA est une solution à encourager pour les jeunes, non pas un problème ni un ennemi à combattre.

En attendant, nous lançons un vibrant appel aux camarades étudiants de Goma de cesser avec de tels actes qui les déshonorent et qui détruisent le patrimoine commun. Ce n’est pas de cette façon que nous allons changer ce pays. Ce n’est pas de cette façon que nous les jeunes Congolais serons différents de la classe politique irresponsable qui nous dirige aujourd’hui ! Suivez l’exemple des Luchéens : exprimez-vous sans violence, car la violence est l’arme des faibles. Ca vaut mieux pour tout le monde !

RETOUR SUR L’ARRESTATION DE 18 MILITANTS DE LA LUCHA A GOMA EN DATE DU 15 Mars 2016

Les militants après leur libération
Les militants après leur libération

Nous avons organisé à Goma une action, en date du 15/3/2016, date à la quelle Fred BAUMA et  Yves MAKWAMBALA ont été arrêtés arbitrairement à Kinshasa une année plus tôt pour avoir participé à une rencontre internationale sur la bonne gouvernance organisée par Filimbi, un collectif des mouvements d’éducation à la citoyenneté, non partisan et non violent.

En cette occasion, on a souhaité célébrer l’ « Anniversaire Triste » à savoir 1 an de détention de Fred & Yves, et par la même occasion demander leur libération.

Lors de cette manifestation, nous avons décidé que tous les participants auront  la bouche bandée en signe de musèlement, et les mains liées en signe d’emprisonnement. Tout en ayant les mains liées, les manifestants portaient une chandelle (bougie) allumée, en signe d’espoir pour la liberté et la justice pour Fred, Yves, et pour toutes les personnes détenues arbitrairement dans notre pays. Ces bougies symbolisaient aussi la flamme de notre espoir qui brille encore aujourd’hui malgré les arrestations arbitraire et malgré les menaces dont nous sommes victime.

Lors de cette même journée devait être organisé une messe d’action de grâce mais malheureusement la veille, le curé nous a informé qu’il ne pouvait plus dire cette messe pour des raisons qu’il a préféré garder pour lui même!

Et donc, c’est ainsi que ce mardi 15/3, que nous avons entamé une marche silencieuse, mais au bout de quelques minutes, la police nationale congolaise a interrompue la marche en embarquant les militants dans des pick-up .

L'arrestation des militants le 15 mars 2016
L’arrestation des militants le 15 mars 2016

 

Ils ont passés une nuit à la police des renseignements, dans une cellule de 3mètres sur 4, plus de 30 personnes dont nos 18 militants ( on vous laisse vous même imaginez ces conditions de détention inhumaine que nous dénonçons avec vigueur ). Ces vaillant militants ont aussi subit des tortures lors de leur interrogatoire.

Le jour suivant ils ont été transférés au parquet des grandes instances de Goma où ils ont passé trois autres jours. Et après avoir été auditionné, le parquet n’ayant rien à reproché aux militants, les juges ont demandé le payement d’une amande transactionnelle de 100 000 FC ( 108$  par personne). Nous avons estimé que c’était une forme de rançon déguisée pour que nos camarades soient libéré, et nous rappelons que  normalement cette amande transactionnelle se paie dès qu’on se reconnait coupable.

De plus le parquet a jugé l’infraction bénigne, ce qui veut dire que l’amande transactionnelle devait être fixé au franc le moins valeureux et donc 50 FC.

Vu toutes ces irrégularités, nous avons refusé de payer( parce que de toute façon nous n’avions pas  nous n’avons pas cet argent, et puisque c’est une forme de rançon déguisée) . Nous tenons a précisé que tout nos camarades détenus avaient choisi unanimement qu’on ne puisse pas payer cette rançon malgré les conditions inhumaine et inacceptable dans lesquelles ils étaient détenus dans le cachot du parquet de Goma.

Et malgré les menaces du parquet d’envoyer nos camarades en prison, nous avions refusé de céder au chantage. Mais à un moment,  pour atténuer les pressions de la part de certaines familles de nos camarades, nous avons finalement accepté de payer 30 000 FC par militant après que le parquet ait revu à la baisse cette amande.

En tout, nous avons donc déboursé 500$, sur fonds propre de la Lucha constitués par vos contributions à vous tous et non d’un financement étranger comme le pensent certains.

Avant la libération des militants, le parquet leur a demandé de signer un document selon lequel ils ne voudraient plus être membres du mouvement LUCHA , et naturellement tout le monde a refusé de signer.

Les militants ont scandé quelques slogans devant le parquet «  #FreeLucha, #FreeFred » et ont entonnés quelques chansons avant d’aller rejoindre leur famille respective.

 

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Vive la Lutte non violante

Vive la LUCHA

A la Lucha==>

Fait par Evergreen

Lutte pour le Changement

Goma, le 22 Mars 2016

POINGS LIES ET BOUCHE COUSUE, LES MILITANTS DE LA LUCHA ARRETES A GOMA

Hier matin, nous avons choisi de marcher pour dénoncer la détention arbitraire de notre camarade Fred Bauma  et Yves Makwambala depuis maintenant un an.

Fred & Yve
Marche de Soutien à Fred BAUMA et Yves MAKWAMBALA

Comme nous l’autorise la constitution de la République Démocratique du Congo, nous avons rédigé une lettre d’information que nous avons envoyé à toutes les autorités compétente pour les tenir au informé de notre manifestation.

Cette marche pacifique( ici ), qui devait se dérouler dans le calme avec des amis, des militants et des membres de la famille de Fred Bauma a été réprimée par la police.

En effet, nous avions prévu une messe de Prière pour la libération de Fred & Yves et l’avènement de la liberté et la Justice dans notre pays à l’église Saint Esprit situé au Centre ville de Goma, mais malheureusement le curé de cette paroisse nous a informé la veille qu’il ne pourra plus célébré la messe, et cela sans aucune explication. Mais on se demande s’il a du subir des pressions de nos autorités pour annuler cette messe, et si tel est le cas, nous dénonçons avec force cette manipulation.

Déjà, très tôt le matins, une forte présence policière était visible dans plusieurs points de la ville de Goma. C’est à croire que les autorités n’ont toujours pas compris que nous sommes des jeunes paisible, patriotes et qui n’ont aucun projet négatif contre le pays. Au contraire, nous souhaitons le changement, la justice, le travail, et l’évolution de notre pays.

Malgré cette mobilisations d’une police armée jusqu’au dent, nous n’avons pas renoncé à notre manifestation.

Notre manifestation est légale et légitime. Et donc comme prévu, nous nous sommes réuni  au lieu de rendez-vous pour entamer notre marche pacifique. Mains liés, bouche cousue, nous nous sommes mis en fil indienne et nous avons tout fait pour éviter de gêner la circulation sur la voix publique. Nous avons soigneusement éviter les artères de la ville qui étaient encadré par les forces de l’ordre, mais 30 minutes après le début de notre marche de soutien et de demande de libération de Fred et Yve, une Jeep rempli des policier est venue nous interrompre et a embarqué une dizaine des militants qui n’ont opposé aucune résistance. D’autres militants qui étaient déjà à l’église Saint Esprit pour qu’on puisse se réunir dehors et prier ensemble quelques minutes, ont aussi été interpelés par la police.

Arrestation des militants pacifiques à Goma
Arrestation des militants de la Lucha ce Mardi 15 mars 2016

Nous tenons à préciser qu’aucun de nos militants n’a opposé de résistances « aux forces de l’ordre » , ou force du désordre si on peut les appeler comme ça. Au total, 19 de nos militants ont été arrêté aujourd’hui par la police.

Comment peut on s’en prendre au silence? Est-ce un crime de marcher en silence? La répression a atteint un tel niveau que ça en devient ridicule. Que vont-ils encore inventé comme délit que nous aurions commis? Le peuple est de notre coté, et la vérité aussi.

Nous dénonçons avec vigueur cette énième arrestation arbitraire et nous demandons la libération immédiate de nos camarade qui ont été arrêté aujourd’hui, et la libération de Fred et Yve qui sont détenu depuis un an maintenant à Kinshasa sans même avoir pu bénéficier d’un procès juste et équitable.

Depuis hier, Fred et Yve ont entamé une  grève de la faim pour dire « ASSEZ » et demander qu’ils soient traité comme des citoyens responsable et non comme des terroristes. Leur seul crime est d’avoir jouer leur rôle de patriotes, en se dévouant pour leur pays. 5 des six militants de la Lucha incarcérés à la prison centrale de Goma ont choisis d’entamer eux aussi une grève de la faim.

Fred et Yves HRW
Fred BAUMA et Yve MAKWAMBALA

Cette répression sans précédent devrait incité les congolais à se réveiller et à dire non à ceux qui ne cessent de violer notre constitution. Le monde entier nous regarde et nous n’avons plus droit à l’erreur. L’objectif de ces arrestations est de nous faire peur, et nous dissuader de continuer la lutte. Aujourd’hui, des milliers des congolais se joignent à notre mouvement, alors montrons-leur qu’on est une nouvelle jeunesse, consciencieuse, et soucieuse de son avenir et de son indépendance. Alors, soyez les bienvenus, le Congo nous appartient à tous.

Jugez par vous-même: Cette video montre la marche pacifique de notre mouvement qui a été subitement interrompue par la police congolaise qui a arrêté plus de 19 militants. En ce moment même, ils sont entrain d’être torturé et interrogé dans les bureaux Police à Goma. De quoi vont-ils encore nous accuser ? #Telema

 

Vive la liberté pour Fred et Yve

Vive la liberté pour tout nos militants emprisonné

Vive la Lucha ( #FreeFred , #FreeYves , #FreeLucha , #FaimDeLiberte )

Fait à Goma le 16/03/2016

Par Amani.

Lucha RDC

 

Communiqué de presse sur la grève de faim

les prisonniersFred Bauma et YveCommuniqué de presses Makwambala ont entamé dans la nuit du 14 au 15 mars une grève de faim qui a deux objectifs : La libération des prisonniers d’opinions et la garantie d’un espace public d’expression libre.

Notre mouvement soutien leur action courageuse. Fred et Yves assument les responsabilités qui pourront découler de leur auto-privation de nourriture. Cette grève de faim est leur unique moyen d’expression citoyenne et non violente.

Aujourd’hui est les 366 ièmes jours qu’ils ont passé en prison sans n’avoir commis aucun crime, aucun délit. On se souviendra qu’ils ont été arrêtés avec plusieurs autres personnes qui ont été libérés les semaines qui ont suivi l’arrestation.

Nous exigeons leurs libérations sans conditions, la libération de tous les militants de notre mouvement ainsi que tous les prisonniers politiques injustement emprisonnés.

#FaimDeLiberté