Lettre ouverte de la Lucha à Monsieur Badibanga Ntita Samy, Premier Ministre nommé en RDC

 

 

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capture d’écran d’un des multiples messages militants de @SamyBadibanga sur Twitter.

 

Monsieur Badibanga,

Nous venons d’apprendre votre nomination par ordonnance présidentielle en tant que nouveau Premier Ministre de la République Démocratique du Congo.

Nous aurions aimé vous en féliciter, et nous en féliciter nous-mêmes, d’autant plus que vous avez toujours dénoncé les manœuvres intentionnelles pour ne pas organiser les élections, les atteintes aux libertés publiques, les crimes incessants et impunis contre les congolais (Beni, Maluku, Tshimbulu, …), etc., du moins publiquement. Hélas, comme vous n’avez cessé vous-même de le rappeler, le second et dernier mandat constitutionnel du président de la République de qui vous tenez la nomination prend fin le 19 décembre 2016. C’est dans 32 jours seulement ! Même avec toutes les compétences et toute la volonté du monde, vous auriez à peine le temps de composer un cabinet et d’élaborer un programme de gouvernement. Vous le savez très bien, le prétendu « accord politique » du 18 octobre 2016 n’a aucune valeur supra-constitutionnelle pour vous donner éventuellement plus de temps.
Si vous tenez toujours au bien de la RDC et des Congolais ; si vous croyez toujours aussi fortement aux vertus de la démocratie et de l’alternance politique pacifique ; si vous n’avez pas hypothéqué la nuit dernière votre dignité et votre probité au nom de nous ne savons quel appât ; alors renoncez à cette nomination ! Dites poliment au président de la République : « Merci de votre confiance, mais la trentaine de jours qu’il vous reste au pouvoir c’est bien trop insignifiant pour me permettre de former un gouvernement et de réaliser une quelconque mission en tant que Premier ministre ! »

Par ce geste simple, vous aurez beaucoup réalisé pour la RDC. La
postérité – la vôtre tout comme celle du Congo en général – retiendra votre nom comme l’une des personnalités politiques qui auront défendu les valeurs républicaines et se seront rangées du côté du peuple, y compris en résistant à la tentation du pouvoir et des avantages qui vont avec !

Fait à Kinshasa, le 17 novembre 2016.

La Lutte pour le Changement (Lucha) – mouvement citoyen non-partisan et non-violent des jeunes de la République Démocratique du Congo.

15 jours déjà depuis que 3 militants de la Lucha sont injustement détenus à Goma.  Communiqué nº Lucha/03116

Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.
Nos 6 camarades, les mains entrecroisées en signe de force et de dignité, lors de leur présentation à la parade de la Police le 25 octobre 2016, un jour après leur arrestation et leur torture sur ordre de certains officiers. En partant de la gauche vers la droite, Faustin Dunia est le 5ème, Glody Ntambwe le 6ème, et Jacques Muhindo le deuxième.

 

Goma, 8 novembre 2016 – Quinze jours se sont écoulés depuis l’arrestation à Goma de plusieurs militants du mouvement citoyen la Lutte pour le Changement (Lucha). Si la plupart ont été relâchés depuis, trois d’entre eux ont été inculpés et transférés à la prison centrale de Goma où ils croupissent encore à ce jour.

Il s’agit de :
1. Faustin Dunia, 24 ans, licencié en communication, et travaillant comme marketeur dans un super marché de Goma;
2. Glody Ntambwe, 23 ans, étudiant en troisième année à l’Institut Supérieur d’Informatique de Goma (ISIG) et animateur à une radio local;
3. Jacques Muhindo, 26 ans, ingénieur agronome.

Faussement accusés d’être rentrés à l’Institut Supérieur de Commerce (ISC) de Goma sans autorisation et d’avoir tenté d’y administrer le cours d’Education à la Citoyenneté aux nouveaux étudiants en lieu et place des enseignants habilités – ce qui est totalement faux -, nos trois camarades ont été inculpés de « violation de domicile », « usurpation de fonctions » et « menaces de mort ». Ils encourent jusqu’à 2 ans de prison ferme.

Le lundi 24 octobre 2016, Faustin, Glody et Jacques faisaient partie des militants de la Lucha qui sensibilisaient la population de Goma à participer au sit-in devant le quartier général de la Monusco/Goma les mercredi 26 et jeudi 27 octobre, afin de protester contre le soutien de l’Union Africaine et des Nations-Unies au coup d’Etat constitutionnel résultant de l’accord signé à la Cité de l’OUA à Kinshasa le 18 octobre 2016. Ces manifestations pacifiques étaient prévues pour coïncider avec la tenue du sommet de Luanda sur la RDC. Ils étaient 6 à etre arrêtés le 24 octobre, torturés en plein air au bureau de la police (P2), avant d’être transférés au parquet de grande instance 48 heures plus tard. Trois d’entre eux furent libérés le soir du 26 octobre 2016, en même temps que 9 autres militants arrêtés le 25 et le 26 octobre dans le même cadre de ces manifestations projetées.

Ces trois braves camarades sont aujourd’hui comme des otages pris pour payer à la place de tous les autres, le péché d’être des citoyens engagés pour le respect de la constitution et la défense de la démocratie.

La Lucha dénonce un N-ième cas d’instrumentalisation de la Justice à des fins de répression des droits et libertés fondamentales des citoyens, et spécialement des activistes pro-démocratie.

La Lucha exige leur libération immédiate, l’abandon des poursuites infondées à leur encontre, et la fin du harcèlement policier et judiciaire contre ses militants, à Goma et ailleurs en République Démocratique du Congo.

La Lucha rappelle le Communiqué de la Rapporteure spéciale de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples du 29 octobre 2016 et ses recommandations pertinentes à l’endroit des autorités congolaises (https://t.co/gSbFD90PR1), et demande à cette dernière de faire le suivi en vue de leur mise en œuvre effective.

Nous continuons à encourager la jeunesse congolaise et les citoyens en général à ne pas baisser les bras pour autant; à imiter le courage et la détermination des militants de la Lucha qui, malgré les arrestations et le harcèlement, continuent à se battre pacifiquement pour la liberté et la dignité de notre peuple.

Fait à Goma, le 8 novembre 2016.

Pour la Lucha,
La Cellule de communication.

 

COMMUNIQUÉ LUCHA N°03016 LA LUCHA N’EST PAS MEMBRE DE LA PLATEFORME DÉNOMMÉE  »FRONT POUR LE RESPECT DE LA CONSTITUTION »

 

En date du 29 Octobre dernier, la LUCHA a reçu l’invitation de madame Ève BAZAIBA, Secrétaire Générale du parti politique Mouvement de Libération du Congo (MLC), pour prendre part à la cérémonie du lancement officiel d’une nouvelle plateforme politique initiée par le MLC en collaboration avec d’autres politiques et sociales.

La Lucha salue toutes les actions et initiatives sincères et non-violentes pour faire respecter la constitution, y compris en ce qui concerne l’alternance politique pacifique au sommet de l’Etat le 19 décembre 2016. Elle tient cependant à faire la mise au point suivante :

1. Contrairement aux informations qui ont circulé dans certains médias, la Lucha dément catégoriquement faire partie de la plateforme « Front pour le respect de la constitution » et de toute autre plateforme politique, y compris le « Front Citoyen 2016 », le « Rassemblement » etc.

2. La Lucha réitère son ouverture et sa disponibilité à prendre part à toute discussion constructive pour faire avancer la cause du Congo, pour autant que son indépendance et ses caractères non-partisan et non-violent sont strictement respectés. C’est à ce titre qu’elle a par le passé participé à des rencontres et discussions, au pays ou à l’étranger, avec plusieurs partis politiques, plateformes et personnalités politiques, toutes tendances confondues.

3. Désabusé par l’inconstance, l’inconséquence et la mauvaise foi qui caractérisent la classe politique congolaise en général, la Lucha tient à réaffirmer son indépendance, sa liberté d’action et son approche non-partisane; à éviter tout amalgame nuisible à son combat purement citoyen et désintéressé.

4. La Lucha reste profondément attachée au respect de la constitution de la République. Nous restons ouverts à toute discussions sincères, sans arrières-pensées politiciennes, afin d’épargner à la RDC une N-ième effusion de sang tout en préservant l’ordre constitutionnel, suivant la feuille de route du 21 octobre 2016 des mouvements citoyens et des organisations de la société civile congolaise.

5. Pour la Lucha, ce qui importe aujourd’hui à la RDC c’est davantage la convergence des actions concrètes et crédibles pour sauver la démocratie, que la multiplication de plateformes et d’annonces de tous genres.

Fait à Kinshasa, le 06 Novembre 2016

Pour la Lucha
La cellule de communication