La violence des étudiants est une expression de leurs frustrations

L’incendie de bâtiments au Campus du Lac dans un nouvel affrontement entre étudiants de l’UNIGOM (Université de Goma) et ceux de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliquées) est l’expression brutale des frustrations des étudiants. Ils sont tantôt instrumentalisées, tantôt incomprises par les autorités académiques et politiques. Face à la répression systématique de toute action non-violente, ou à l’indifference et au silence des ceux qui sont sensés être les responsables, les jeunes se tournent vers la violence pour s’exprimer !kinyumba

On ne compte plus les affrontements, souvent sans vraie raison, entre les étudiants de ceux deux institutions universitaires publiques, l’Université de Goma et l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées. Ces tensions récurrentes ont déjà causé des blessés, des emprisonnements, des exclusions, des destructions d’un bâtiment qui est pourtant un bien public d’intérêt général, et maintenant ils ont carrément mis le feu ! N’eût été l’intervention (brutale, comme presque toujours) de la Police, tout le bâtiment principal serait parti en cendres. Si l’on y prend pas garde, il y aura bientôt des morts, et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer…

Plusieurs étudiants de l’UNIGOM et de l’ISTA sont militants de la LUCHA. Mais quand il y a déchaînement de la violence, souvent c’est incontrôlable. La LUCHA va réfléchir sur la possibilité de nous impliquer pour comprendre les raisons derrière ces affrontements récurrents, et proposer des solutions idoines aussi bien aux étudiants, aux autorités académiques qu’aux autorités urbaines et provinciales. Pourvu que l’on nous laisse faire…

L’irresponsabilité des autorités est pour beaucoup dans tout ceci. Nous espérons qu’elles finiront par comprendre l’importance de promouvoir les moyens d’expression non-violents de la part des jeunes, comme ce que la LUCHA fait, si elles veulent éviter que la violence soit la seule façon pour les étudiants (et les jeunes en général) d’exprimer leurs frustrations, de faire entendre leurs revendications, et de défendre leurs droits légitimes. Le gouverneur Julien Paluku devrait comprendre que la LUCHA est une solution à encourager pour les jeunes, non pas un problème ni un ennemi à combattre.

En attendant, nous lançons un vibrant appel aux camarades étudiants de Goma de cesser avec de tels actes qui les déshonorent et qui détruisent le patrimoine commun. Ce n’est pas de cette façon que nous allons changer ce pays. Ce n’est pas de cette façon que nous les jeunes Congolais serons différents de la classe politique irresponsable qui nous dirige aujourd’hui ! Suivez l’exemple des Luchéens : exprimez-vous sans violence, car la violence est l’arme des faibles. Ca vaut mieux pour tout le monde !

RETOUR SUR L’ARRESTATION DE 18 MILITANTS DE LA LUCHA A GOMA EN DATE DU 15 Mars 2016

Les militants après leur libération
Les militants après leur libération

Nous avons organisé à Goma une action, en date du 15/3/2016, date à la quelle Fred BAUMA et  Yves MAKWAMBALA ont été arrêtés arbitrairement à Kinshasa une année plus tôt pour avoir participé à une rencontre internationale sur la bonne gouvernance organisée par Filimbi, un collectif des mouvements d’éducation à la citoyenneté, non partisan et non violent.

En cette occasion, on a souhaité célébrer l’ « Anniversaire Triste » à savoir 1 an de détention de Fred & Yves, et par la même occasion demander leur libération.

Lors de cette manifestation, nous avons décidé que tous les participants auront  la bouche bandée en signe de musèlement, et les mains liées en signe d’emprisonnement. Tout en ayant les mains liées, les manifestants portaient une chandelle (bougie) allumée, en signe d’espoir pour la liberté et la justice pour Fred, Yves, et pour toutes les personnes détenues arbitrairement dans notre pays. Ces bougies symbolisaient aussi la flamme de notre espoir qui brille encore aujourd’hui malgré les arrestations arbitraire et malgré les menaces dont nous sommes victime.

Lors de cette même journée devait être organisé une messe d’action de grâce mais malheureusement la veille, le curé nous a informé qu’il ne pouvait plus dire cette messe pour des raisons qu’il a préféré garder pour lui même!

Et donc, c’est ainsi que ce mardi 15/3, que nous avons entamé une marche silencieuse, mais au bout de quelques minutes, la police nationale congolaise a interrompue la marche en embarquant les militants dans des pick-up .

L'arrestation des militants le 15 mars 2016
L’arrestation des militants le 15 mars 2016

 

Ils ont passés une nuit à la police des renseignements, dans une cellule de 3mètres sur 4, plus de 30 personnes dont nos 18 militants ( on vous laisse vous même imaginez ces conditions de détention inhumaine que nous dénonçons avec vigueur ). Ces vaillant militants ont aussi subit des tortures lors de leur interrogatoire.

Le jour suivant ils ont été transférés au parquet des grandes instances de Goma où ils ont passé trois autres jours. Et après avoir été auditionné, le parquet n’ayant rien à reproché aux militants, les juges ont demandé le payement d’une amande transactionnelle de 100 000 FC ( 108$  par personne). Nous avons estimé que c’était une forme de rançon déguisée pour que nos camarades soient libéré, et nous rappelons que  normalement cette amande transactionnelle se paie dès qu’on se reconnait coupable.

De plus le parquet a jugé l’infraction bénigne, ce qui veut dire que l’amande transactionnelle devait être fixé au franc le moins valeureux et donc 50 FC.

Vu toutes ces irrégularités, nous avons refusé de payer( parce que de toute façon nous n’avions pas  nous n’avons pas cet argent, et puisque c’est une forme de rançon déguisée) . Nous tenons a précisé que tout nos camarades détenus avaient choisi unanimement qu’on ne puisse pas payer cette rançon malgré les conditions inhumaine et inacceptable dans lesquelles ils étaient détenus dans le cachot du parquet de Goma.

Et malgré les menaces du parquet d’envoyer nos camarades en prison, nous avions refusé de céder au chantage. Mais à un moment,  pour atténuer les pressions de la part de certaines familles de nos camarades, nous avons finalement accepté de payer 30 000 FC par militant après que le parquet ait revu à la baisse cette amande.

En tout, nous avons donc déboursé 500$, sur fonds propre de la Lucha constitués par vos contributions à vous tous et non d’un financement étranger comme le pensent certains.

Avant la libération des militants, le parquet leur a demandé de signer un document selon lequel ils ne voudraient plus être membres du mouvement LUCHA , et naturellement tout le monde a refusé de signer.

Les militants ont scandé quelques slogans devant le parquet «  #FreeLucha, #FreeFred » et ont entonnés quelques chansons avant d’aller rejoindre leur famille respective.

 

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Vive la Lutte non violante

Vive la LUCHA

A la Lucha==>

Fait par Evergreen

Lutte pour le Changement

Goma, le 22 Mars 2016

Julien Paluku reconnaît publiquement sa résponsabilité directe dans la répression systématique

URGENT ! Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, reconnaît publiquement sa résponsabilité directe dans la répression systématique de nos actions, sous couvert de la « Justice » qui agit donc sous ses ordres. Mais au-delà, il reconnaît que la restriction systématique des libertés publiques dans le pays est une politique délibérée du gouvernement pour anéantir tout éveil citoyen de la jeunesse, au moment où les manœuvres pour maintenir Joseph Kabila au pouvoir en violation de la constitution se poursuivent. Suivez attentivement cet enregistrement des propos de Julien Paluku ce vendredi 18 février 2016 à son retour à Goma, après un long séjour à Kinshasa, et ses entretiens privés avec le president Joseph Kabila : https://m.youtube.com/watch?v=MR909pCV20g&feature=youtu.be. Suivez jusqu’au bout svp !

Quand nous disions que toutes les arrestations arbitraires et les condamnations des jeunes à Goma étaient l’œuvre de Julien Paluku, certains en avaient douté. Ses aveux tombent à propos !

Les dernières victimes en date de Julien Paluku sont nos 18 camarades arrêtés depuis mardi dernier pendant une marche silencieuse, et qui viennent de passer une troisième nuit au misérable cachot du parquet de grande instance. Otages d’une Justice aux ordres, leur liberté nous est proposée au prix de 100.000 francs congolais la tete, exactement comme dans les cas de kidnapping qui sont devenus courants au Nord-Kivu. Un ranconnage aussi honteux qu’indécent d’autant plus qu’il n’émane pas de bandits « non autrement identifiés », mais des pouvoirs publics !

En vue de montrer que nous n’avons pas peur et témoigner de notre solidarité envers ces 18 braves jeunes, retrouvons nous très nombreux au parquet de grande instance ce samedi à partir de 7h30. Informez vos amis et faites circuler l’information aussi loin que possible afin que nous disions haut et fort au monde que nous, les jeunes congolais, n’allons renoncer à notre liberté pour rien au monde !

A la Lucha !

 

 

POINGS LIES ET BOUCHE COUSUE, LES MILITANTS DE LA LUCHA ARRETES A GOMA

Hier matin, nous avons choisi de marcher pour dénoncer la détention arbitraire de notre camarade Fred Bauma  et Yves Makwambala depuis maintenant un an.

Fred & Yve
Marche de Soutien à Fred BAUMA et Yves MAKWAMBALA

Comme nous l’autorise la constitution de la République Démocratique du Congo, nous avons rédigé une lettre d’information que nous avons envoyé à toutes les autorités compétente pour les tenir au informé de notre manifestation.

Cette marche pacifique( ici ), qui devait se dérouler dans le calme avec des amis, des militants et des membres de la famille de Fred Bauma a été réprimée par la police.

En effet, nous avions prévu une messe de Prière pour la libération de Fred & Yves et l’avènement de la liberté et la Justice dans notre pays à l’église Saint Esprit situé au Centre ville de Goma, mais malheureusement le curé de cette paroisse nous a informé la veille qu’il ne pourra plus célébré la messe, et cela sans aucune explication. Mais on se demande s’il a du subir des pressions de nos autorités pour annuler cette messe, et si tel est le cas, nous dénonçons avec force cette manipulation.

Déjà, très tôt le matins, une forte présence policière était visible dans plusieurs points de la ville de Goma. C’est à croire que les autorités n’ont toujours pas compris que nous sommes des jeunes paisible, patriotes et qui n’ont aucun projet négatif contre le pays. Au contraire, nous souhaitons le changement, la justice, le travail, et l’évolution de notre pays.

Malgré cette mobilisations d’une police armée jusqu’au dent, nous n’avons pas renoncé à notre manifestation.

Notre manifestation est légale et légitime. Et donc comme prévu, nous nous sommes réuni  au lieu de rendez-vous pour entamer notre marche pacifique. Mains liés, bouche cousue, nous nous sommes mis en fil indienne et nous avons tout fait pour éviter de gêner la circulation sur la voix publique. Nous avons soigneusement éviter les artères de la ville qui étaient encadré par les forces de l’ordre, mais 30 minutes après le début de notre marche de soutien et de demande de libération de Fred et Yve, une Jeep rempli des policier est venue nous interrompre et a embarqué une dizaine des militants qui n’ont opposé aucune résistance. D’autres militants qui étaient déjà à l’église Saint Esprit pour qu’on puisse se réunir dehors et prier ensemble quelques minutes, ont aussi été interpelés par la police.

Arrestation des militants pacifiques à Goma
Arrestation des militants de la Lucha ce Mardi 15 mars 2016

Nous tenons à préciser qu’aucun de nos militants n’a opposé de résistances « aux forces de l’ordre » , ou force du désordre si on peut les appeler comme ça. Au total, 19 de nos militants ont été arrêté aujourd’hui par la police.

Comment peut on s’en prendre au silence? Est-ce un crime de marcher en silence? La répression a atteint un tel niveau que ça en devient ridicule. Que vont-ils encore inventé comme délit que nous aurions commis? Le peuple est de notre coté, et la vérité aussi.

Nous dénonçons avec vigueur cette énième arrestation arbitraire et nous demandons la libération immédiate de nos camarade qui ont été arrêté aujourd’hui, et la libération de Fred et Yve qui sont détenu depuis un an maintenant à Kinshasa sans même avoir pu bénéficier d’un procès juste et équitable.

Depuis hier, Fred et Yve ont entamé une  grève de la faim pour dire « ASSEZ » et demander qu’ils soient traité comme des citoyens responsable et non comme des terroristes. Leur seul crime est d’avoir jouer leur rôle de patriotes, en se dévouant pour leur pays. 5 des six militants de la Lucha incarcérés à la prison centrale de Goma ont choisis d’entamer eux aussi une grève de la faim.

Fred et Yves HRW
Fred BAUMA et Yve MAKWAMBALA

Cette répression sans précédent devrait incité les congolais à se réveiller et à dire non à ceux qui ne cessent de violer notre constitution. Le monde entier nous regarde et nous n’avons plus droit à l’erreur. L’objectif de ces arrestations est de nous faire peur, et nous dissuader de continuer la lutte. Aujourd’hui, des milliers des congolais se joignent à notre mouvement, alors montrons-leur qu’on est une nouvelle jeunesse, consciencieuse, et soucieuse de son avenir et de son indépendance. Alors, soyez les bienvenus, le Congo nous appartient à tous.

Jugez par vous-même: Cette video montre la marche pacifique de notre mouvement qui a été subitement interrompue par la police congolaise qui a arrêté plus de 19 militants. En ce moment même, ils sont entrain d’être torturé et interrogé dans les bureaux Police à Goma. De quoi vont-ils encore nous accuser ? #Telema

 

Vive la liberté pour Fred et Yve

Vive la liberté pour tout nos militants emprisonné

Vive la Lucha ( #FreeFred , #FreeYves , #FreeLucha , #FaimDeLiberte )

Fait à Goma le 16/03/2016

Par Amani.

Lucha RDC

 

Communiqué de presse sur la grève de faim

les prisonniersFred Bauma et YveCommuniqué de presses Makwambala ont entamé dans la nuit du 14 au 15 mars une grève de faim qui a deux objectifs : La libération des prisonniers d’opinions et la garantie d’un espace public d’expression libre.

Notre mouvement soutien leur action courageuse. Fred et Yves assument les responsabilités qui pourront découler de leur auto-privation de nourriture. Cette grève de faim est leur unique moyen d’expression citoyenne et non violente.

Aujourd’hui est les 366 ièmes jours qu’ils ont passé en prison sans n’avoir commis aucun crime, aucun délit. On se souviendra qu’ils ont été arrêtés avec plusieurs autres personnes qui ont été libérés les semaines qui ont suivi l’arrestation.

Nous exigeons leurs libérations sans conditions, la libération de tous les militants de notre mouvement ainsi que tous les prisonniers politiques injustement emprisonnés.

#FaimDeLiberté

366 ième jour de Fred Bauma et Yves Makwambala en prison, c’est TROP

Une militante a écrit une lettre à Fred Bauma pour ses 366 jours en prison

Incisa e Figline Valdarno, 14 mars 2016FB_20150824_20_13_10_Saved_Picture (1)

Mon cher ami

Comment tu vas? Comment étaient tes jours quand tu étais détenu en secrets à agence nationale de renseignement ? Comment tu distribues ton temps sur tes journées et tes nuits en prison? Il y a certainement des détenus violents, comment tu te défends, comment tu te protèges ? J’ai tellement des questions à te poser. On aura des longues conversations quand tu vas être hors des prisons. C’est pour bientôt.

Depuis le premier jour de ton arrestation, ta détention en secret, quand tu es apparu devant les tribunaux de Kinshasa et ton transfert à Makala,  je me dis que ta libération est pour bientôt, car mon espoir, personne ne saura me l’ôter. C’est cet espoir qui ne fait vivre.

Cette aventure difficile vient de durer une année mais l’usure du temps n’a pas affecté ni mes convictions, ni mon engagement que je partage avec toi et avec tous les autres militants.  Ta force de résistance, tu la transmets à moi et à des milliers des jeunes du monde. Ces peines de te savoir en prison pour avoir essayé d’être un bon citoyen, me  forment à devenir forte pour affronter ces injustices que toi tu es obligé de devenir le symbole. Ton courage est exceptionnel car tu marches aujourd’hui sur le sentier de la mort, et tu ne lâches pas.

La petite phrase que tu m’as envoyée de ta cellule de Makala m’est enfin parvenue … je la répète pour toi et pour moi et pour tous les militants qui acceptent encore de risquer leurs vies pour que les valeurs et le bien remplacent l’inacceptable et l’anormal qui sont devenus la règle du système congolais.

« Si vous ne pouvez plus marcher, ramper. Mais à tout prix continuer d’avancer!! »

Nous avançons, certains dans les prisons et d’autres hors des prisons. Moi je ne suis pas autant libre dans cette Europe qui s’enferme dans ses propres murs. La vie intense de chez nous me manque, nos discussions avec vos voix hautes et les idées surprenantes me manquent beaucoup. Goma me manque, mon pays me manque. Tu me manques. Je compte revenir bientôt pour voir en face la beauté et la misère de mon peuple, c’est la thérapie ultime après ces jours hors de mon pays, loin de ma mission. Rire avec ceux qui rient, pleurent avec ceux pleurent, luttent avec ceux qui luttent,

Tu sais, je n’imaginais pas que les actes loyales conduiraient en des prisons pour des longues durées alors que des chefs des groupes armés qui ont tué et qui tuent nos pères, nos mères, nos frères, nos frères sont toujours récompensés par des postes politiques et des grades militaires. Des militaires affairistes, des politiciens détourneurs des fonds publics circulent librement.

Je n’imaginais pas que toi tu serais emprisonné et accusé des si grandes choses et risquerais la plus grande sentence. Tu ne sais pas mesurer l’angoisse que j’avais eu en écoutant les charges montées en une grosse pièce mensongère contre toi. C’est incroyable qu’un état, notre état soit devenu si oppresseur envers nous, sa propre jeunesse.

Maintenant une longue année vient de se boucler. On ne rêve que de ta libération. C’est trop petit comme rêve, mais je suis condamnée à cela. Nos rêves étaient splendides ! L’écologie, la santé, l’entrepreneuriat, le changement du système, je n’y pense plus comme avant. Avec toi en prison, on ne rêve que de ta libération. On rêve petit pour être réaliste.

Maintenant que les mandats électoraux sont en train de s’épuiser, ils n’ont pas honte de vouloir changer les règles du jeu et de se maintenir au pouvoir. Et voilà tout notre combat se réduit à exiger des libérations et demander l’alternance politique ; des dispositions claires de la constitution, la liberté et la démocratie.

Toi, malgré toi, tu es en première ligne sur tous les fronts.

Nous exigeons inlassablement ta libération pure et simple et voilà une année qu’on a encore rien reçu. Ça ne devrait pas se passer comme ça, ils ne devraient pas t’enlever, ils ne devraient pas t’emprisonner. Tout était faux dès le départ. C’est dur de lutter pour la libération quand les accusations sont fausses et fabriquées même l’arrestation de la personne a été injuste et gratuite.

La  non-violence, la dignité de la personne, la responsabilité, le fameux « Assumer sa lutte » et « risquez ensemble » et encore notre amour inconditionnel pour notre pays sont autant des motivations et des principes qui nous poussent à lutter pour construire le Congo qui nous ressemble, ils les piétinent.

Mon cher ami,

Ton sacrifice bien qu’il te l’impose a beaucoup de significations. Ton emprisonnement a donné un sens profond à notre histoire. Il dévoile l’animosité de la classe dirigeante actuelle. Tu es le témoignage vivant de la dictature qui était caché sous des institutions aux façades démocratiques. Ceux qui animent les institutions n’avaient pas compris que la génération du président-à-vie a vieilli et que nous sommes maintenant en République DEMOCRATIQUE du Congo. Que la démocratie est la règle. La constitution est le guide. Tu portes les souffrances de cette douloureuse transition de la dictature à la démocratie.

Pour la classe dirigeante, les discours contradictoires des différentes autorités frôlent parfois l’humour. J’ai une impression qu’ils sont touchés par le courage et par la détermination des jeunes bien qu’ils ne sont pas encore en mesure de vaincre leurs avarices. Je les inviterais à te rendre visite pour te connaitre davantage. Je pense que s’ils te rencontraient, s’ils prenaient le temps de t’écouter, et de discuter avec toi, ils s’excuseraient de t’avoir jugé de terroriste, ils te demanderaient pardon pour ces jours qu’ils volent à ta vie.

De loin, quand je fixe mon regard vers le Congo, je vois tes prédateurs agités comme des passagers qui sont sur un bateau qui est en train de couler. Leurs discours incendiaires sur nous, sonnent sur mes oreilles comme des cris de détresse lancés par des individus un peu grossiers. Et je me dis toujours, on ne doit pas les laisser mourir, on doit faire notre part pour leur faire prendre conscience de leur égoïsme démesuré. Du coup, les discours des politiciens m’encouragent à assumer davantage ma lutte.

Ton emprisonnement a mis en lumière sur le rôle des services de sécurité et ceux des renseignements congolais qui ne se mobilisent que lorsqu’ils soupçonnent que les intérêts des certaines personnes sont en danger. Leurs intuitions le trompent souvent. Car pour le cas précis de notre mouvement, ce sont les intérêts des citoyens qui comptent.

Ton emprisonnement a déchainé les langues : les questions liées au changement de la constitution sont devenues l’actualité constante et toi l’eternel bouc émissaire qui est tiré par des pour et des contre la démocratie. Je ne sais plus compter les nombres des conférences de presse du gouvernement sur toi ! Et les condamnations et préoccupations des États et des organisations des défenses des droits de l’homme sur la situation de la démocratie dans notre pays.

Ton emprisonnement a ouvert une série des arrestations des jeunes de notre mouvement. J’ai pris conscience que nous sommes dans les viseurs de ceux qui te gardent en prison, ils veulent nous détruire. Ils veulent décourager les jeunes à prendre en main l’avenir du pays. Ils prennent jour pour jours des mauvaises décisions contre nous et malheureusement contre eux-mêmes. Si j’étais à leur place, je ne me féliciterais pas. Ils utilisent trop d’énergies pour nous détruire alors que nous sommes trop petits, des simples jeunes gens. Pour nous anéantir il suffirait qu’ils respectent la constitution du pays et nous laissent tranquilles. Mais quand ils mêlent injustement toutes les institutions du pays pour leurs intérêts, ils mobilisent le peuple en la lutte, ils attirent envers nous tous les media et les organisations des droits de l’homme. En un mot, ils s’occupent trop bien de notre publicité et en notre formation en la démocratie. Par exemple, en matière de jugements sur la justice congolaise je me fiais aux juristes, mais là, sans demander avis aux juristes, je peux donner des cas concrets et personnalisés pour prouver que le pouvoir justicière, la mère du peuple « la justice » n’est plus indépendante. Elle est devenue une arme à destruction massive au service du pouvoir exécutif. C’est énervant mais c’est cela.

Pour nous, les conséquences sont lourdes : Trésor Akili, Gentil Mulume, Sylvain Kambere et Vincent Kasereka ont fait plus des mois en prison. Ils ont été condamnés à des peines de 6mois avec sursis pour avoir mobilisé les personnes à sifflets en soutien à toi et en la cause de la démocratie. Ensuite l’emprisonnement ignoble de Juvin Kombi et Pascal Byumanine et leurs 7 compagnons pour avoir participé aux cérémonies de deuil aux massacrés de Beni et leurs condamnations injuste. Et malgré toutes leurs citoyennetés responsables, Serge Sivyavuha, Justin Kambale, Ghislain Muhiwa, Mike Kamundu et John Assyenda et Rebecca Kavugho sont en train de subir la prison et des condamnations injustes. Et Bienvenu Matumo et Thierry Kapitene ont été enlevés et t’ont rejoint à Makala sans n’avoir rien organisé, ni rien dit, rien fait de mal. Et Mon ami Yves, comment il va? Je ne le connaissais pas avant qu’il soit arrêté, aujourd’hui je le porte dans mon cœur. J’ai hâte de le rencontrer. Tu sais qu’avec eux, vous êtes mes héros.

Je pourrais écrire à tous mes amis pour leur exprimer mon unité et assumer avec eux ces moments difficiles. Mais, ça va attendre un peu.

Ton emprisonnement m’a aussi appris qu’on n’est pas seule. Que des jeunes  du Congo et du monde entier sont avec nous, sur la page facebook ouvert pour la solidarité à toi et à Yves Makwambala, on a vu des photos de jeunes de toutes les races, de tous les continents griffonner sur leur corps  le fameux hashtag #FreeFred #FreeYves, sur twitter, on voit naitre des #FreeLucha populaires! C’est encourageant de se sentir soutenir! Je sais que nous allons nous en sortir bien que la lutte nous impose trop des sacrifices pour construire notre pays à notre image. Le mal est entré trop loin, le changement des régimes ne nous suffirait plus…

Mon cher ami, tu dois savoir que devant mes yeux, tu es un homme libre même en prison. Et promets-moi que même là tu lutteras au moins pour ta survie. La lutte semble dure et longue. Prends toujours soin de toi. Lutte au moins pour ne pas mourir. N’acceptes pas de mourir ni physiquement, ni intellectuellement, ni moralement.

Avant de finir, laisse-moi te raconter une joie : Fred, nous sommes le peuple que nous rêvons, nous sommes des jeunes qui construisons, à mains nues, l’avenir de notre pays, au prix de notre sang. Nous sommes en train de bâtir douloureusement et dignement le pays de notre rêve sans aucune protection, sans aucun soutènement en profondeur. Dorénavant, notre démocratie ne sera plus le copié-collé des systèmes exportés des quelques lobbyings politiques. Nous sommes ces témoins et acteurs de notre œuvre. Certes, nous sommes au niveau trop bas de l’échelle que nous devons escalader mais le cœur chaud, nous y allons… quelque soit le temps que ca prendra, on y arrivera. La voie que nous avons choisi, celle de la non-violence, des respects de la dignité de la personne, celle de la responsabilité et de l’indépendance, de l’amour, de l’éducation à la citoyenneté responsable est la plus longue mais elle est la plus efficace. On y arrivera… La fierté de notre peuple, un jour elle sera noblement retrouvée. J’en suis maintenant sure car nous existons, car tu le prouves en bravant la plus grande peur, celle de la mort. Tous les militants de notre mouvement risquent la mort en restant au pays par ce que le pouvoir actuel ne veut pas simplement s’occuper des soucis les plus élémentaires du peuple et au lieu de se prendre à ses propres obligations, nous prend pour cible à éliminer. Nous sommes ces fils et filles dignes! C’est vrai, en plus…

Bon, il faut du Courage pour poursuivre la lutte et pour survivre, soit courageux et exprimes-le comme tu le penses. J’essayerai aussi de l’être. Tu as le soutien de beaucoup des personnes qui sont fatiguées des injustices.

Je suis contente de t’avoir rencontré grâce à la LUCHA et de d’avoir comme ami. Je suis contente que grâce à la lutte, j’aie rencontré cette personne spéciale que tu es, un jeune Congolais qui a la grandeur en la mesure des défis qu’il relève.

Nous sommes nombreux qui t’attendons à l’extérieur de ces murs de la prison Makala. La justice triomphera, le peuple gagnera…

Dans quelques jours sera ton anniversaire de naissance, pour cet événement spécial pour ta famille et pour tes amis et pour tous ceux qui t’aiment, je t’offre mon soutien et je te confirme que tu peux encore compter sur moi. Je prie pour toi et pour notre lutte.

Un câlin patriotique

A bientôt !

Micheline Mwendike

 

 

 

366th day of Fred Bauma and Yves Makwambala in prison — TOO much

My dear friend

How are you? How were your days when you were detained at secret National Intelligence Agency? How you spend your time during your days and nights in prison? There are certainly violent inmates, how you defend yourself, how you protect yourself? I have so many questions to ask you. We will have long conversations when you are out of prison. Coming soon.

Since the first day of your arrest, your secret detention, when you appeared before the courts in Kinshasa and your transfer to Makala, I have kept thinking that your freedom is coming soon. I have hope, and nobody can take it away. It is this hope that gives life.

This challenging adventure is just a year, but the passage of time has not affected my convictions or my commitment that I share with you and all the other activists. The power of your resistance is felt by me and by thousands of young people around the world. This prison sentences for trying to be a good citizen makes me become strong in facing the injustices that you are forced to become the symbol of. Your courage is exceptional because you now walk the path of death, and you will not loose.

The little phrase that you sent me from your cell Makala finally reached me … I repeat to you and to me and to all activists who are still willing to risk their lives for values and to replace the unacceptable and abnormal that have become the rule of the Congolese system.

« If you can not walk, crawl. But at all costs keep going!! »

We move forward, some in prison and others outside prison. I’m not so free in this Europe that is locked within its own walls. The miss the intense life of home, I miss very much our talks with your animated voice and surprising ideas. I miss Goma, I miss my country. I miss you. I plan to come back soon to see across the beauty and misery of my people, this is the ultimate therapy after those days outside my country, away from my mission. Laugh with those who laugh, cry with those weeping, struggling with those who struggle.

You know, I never imagined that loyal acts cold lead to prison for long periods, while leaders of armed groups who killed and who killed our fathers, our mothers, our brothers, are always rewarded with political positions and military ranks. Wheeler-soldiers, and politician embezzlers of public funds circulate freely.

I never imagined that you would you be imprisoned and accused of such great things and venture the biggest award. You do not know measure the anxiety that I had listening to the charges mounted in a big deceitful piece against you. It’s amazing that a state, our state has become so oppressive to us, its own youth.

Now a long year has closed. It dreams of your liberation. It’s too small as a dream, but I am condemned to it. Our dreams were splendid! Ecology, health, entrepreneurship, change the system. I no longer think as before. With you in jail, I dream of your liberation. We dream small to be realistic.

Now that the electoral mandates are being worn away, they are not ashamed of wanting to change the rules of the game and stay in power. Our fight is reduced to requesting releases and seeking political interventions despite clear provisions in the Constitution for freedom and democracy.

You, you are on the front line of all fronts.

We tireless ask for your outright release and at this one year mark, we still have not received anything. It should not happen like that, they should not take you away, they should not imprison you. Everything was wrong from the start. It’s hard to fight for the release when the accusations are false and fabricated and even the arrest of the person was unfair.

Non-violence, dignity, responsibility, the famous « Take up the struggle  » and « risk together » and yet they trampled our unconditional love for our country and all the motivations and principles that drive us to fight to build a Congo that looks like us.

My dear friend,

Your sacrifice imposes many meanings. Your imprisonment gave a deeper meaning to our history. It reveals the animosity of the current ruling class. You are the living testimony of the dictatorship that was hidden under the democratic institutions facades. Those who run the institutions had not understood that the generation of the president-for-life has grown old and we are now in the Democratic Republic of Congo. That democracy is the rule. The Constitution is the guide. You bear the suffering from this painful transition from dictatorship to democracy.

For the ruling class, the contradictory discourse of the different authorities sometimes verges on humour. I have a feeling they are touched by the courage and determination of young people, although they are not yet able to overcome their avarice. I invite them to visit you to know you more. I think if they met you, if they took the time to listen to you and talk to you, they would apologize for having called you a terrorist; they would ask forgiveness for these days they steal from your life.

From a distance when I fixe my gaze to the Congo, I see your predators agitated as passengers who are on a boat that is sinking. Their incendiary speech about us rings in my ears like rather coarse distress calls by individuals. And I always say, we must not let them die, we must do our part to make them aware of their inordinate selfishness. So, the speeches of politicians encourage me to take up the struggle even more.

Your imprisonment has highlighted the role of the security services and those of the Congolese information that will mobilize when they suspect that the interests of some people in danger. Their intuition is often wrong. As for the specific case of our movement, it is the interests of the people that count.

Your imprisonment has unleashed languages: issues related to the change of the constitution have become constant news and you the eternal scapegoat that is pulled by for and against democracy. I no longer count the numbers of press conferences of the government about you! And convictions and concerns of States and organizations in the defense of Human Rights on the situation of democracy in our country.

Your jail has opened a series of arrests of youth of our movement. I realized that we are in the sights of those who keep you in jail, they want to destroy us. They want to discourage young people from taking responsibility for the country’s future. Day by day they take bad decisions against us and unfortunately against themselves. If I were them, I would not celebrate me. They use too much energy to destroy us when we are too small, young single people. To annihilate us it would be enough to respect the country’s constitution and leave us alone. But when they mix unfairly all institutions of the country for their interests, they mobilize the people in the struggle, they attract to us all media organizations and human rights. In a word, they occupy too much of our advertising and our training in democracy. For example, in judgments on the Congolese justice I trusted lawyers, but there, without asking advice to lawyers, I can give concrete and personalized case to prove that the retributive power, the mother of the nation « justice » is no more independent. It became a mass destruction weapon in the service of executive power. It’s annoying but that’s it.

For us, the consequences are severe: Trésor Akili, Gentil Mulume, Sylvain Kambere et Vincent Kasereka have faced months in prison. They were sentenced to 6 months suspended sentences for mobilizing people to join Filimbi to support you and the cause of democracy. Then the despicable imprisonment and unjust convictions of Juvin Kombi and Pascal Byumanine and 7 companions for taking part in mourning ceremonies for slain citizens in Beni. And despite all their responsible citizenship, Serge Sivyavuha, Justin Kambale, Ghislain Muhiwa, Mike Kamundu et John Assyenda et Rebecca Kavugho are being imprisoned on wrongful convictions. And Bienvenu Matumo et Thierry Kapitene were taken and have joined you in Makala prison do without organizing anything or saying anything, or doing anything wrong. And my friend Yves, how is he? I did not know him before he was arrested, but now I carry him in my heart. I look forward to meeting him. You know that with them, you are my hero.

I could write to all my friends to express my feeling and join them in this difficult time. But that will have to wait.

Your imprisonment has also taught me that we are not alone. That young people of Congo and the entire world are with us on the open Facebook page in solidarity with you and Yves Makwambala, we saw young photos of all races, from all continents scribble on their bodies the famous #FreeFred #FreeYves hashtag on Twitter, we see the popular #FreeLucha born! It is encouraging to feel support!

I know we will get through this struggle that imposes extreme sacrifices for building our country in our image. Evil has come too far, the change of regimes does not do enough for us anymore…

My dear friend, you must know that in my eyes, you are a free man even in prison. And promise me that even there you must fight for your survival at least. The fight seems long and hard. Always take care of yourself. Fighting at least not to die. Do not accept dying either physically or intellectually or morally.

Before I finish, let me tell you a joy: Fred, we are the people we dream, we are young people who are building, with bare hands, the future of our country, at the cost of our blood. With pain and dignity, we are building the country of our dreams without any protection, without substantial support. Now, our democracy will no longer be an exported ‘copy and paste’ system of political lobbying. We are the witnesses and actors in our work. While we’re at such a low level on the scale that we have to climb up, but with fire in our hearts, we go … however long it takes, we will get there.

The path we have chosen, that of nonviolence, of respect for the dignity of the person, of responsibility and independence, love, education, of responsible citizenship, is the longest but it is most effective. It will happen… The pride of our people, one day it will be nobly found. I am sure, because we exist, because you prove it by braving the greatest fear, death. All members of our movement risk death by remaining in the country where the current government does not just want to take care of the most basic problems of the people and instead of fulfilling its obligations, it targets us for elimination.

We are the Congo’s worthy sons and daughters! It is true, and more …

It takes courage to continue the fight and to survive, to be brave and express what you think. I also try to be this. You have the support of many people who are tired of injustice.

I’m glad to I met you through LUCHA and have you as a friend. I’m happy that through the struggle, I met a person as special as you, a young Congolese man who has the greatness to bear the challenges that have fallen upon him.

Many of us who are waiting for you outside the walls of the Makala prison. Justice will prevail, the people will win …

In a few days will be your birthday, for this special event for your family and for your friends and for all those who love you, I offer my support and I confirm you that you can still count on me. I pray for you and for our struggle.

A patriotic hug

See you soon !

Micheline Mwendike

Nous créons le Congo de notre rêve !

Qu’est ce que la Lucha, qui sont les militants, pourquoi ils luttent et quelles sont leurs visions pour le futur de leuluchar pays ?
Voici quelques réponses reconstruites dans un documentaire réalisé par la BBC.
Pour rappel, nous ne nous voilons pas la face, chaque militant assume sa présence au sein du mouvement et chacun de nous donne de son temps, de son énergie, de ses compétences pour construire le pays de nos rêves. Les critiquez ou les injures aux politiciens ne suffisent pas, il faut proposer des solutions et être le premier à les transformer en actions civiques. C’est ainsi que nous créons le Congo de nos rêves.

Cliquez sur cette photo pour voir la video ou sur ce lien http://www.bbc.com/news/world-africa-35746177

 
A la Lucha

Relation Homme Femme dans la Lutte pour le Changement

alineLe Congo a besoin de tout ses fils et de toutes ses filles pour écrire son histoire, façonner son présent et construire son futur. Il est impossible, de penser qu’on peut vivre dans une société paisible sans la participation active des femmes et des hommes.

Entre nous, c’est la relation de parfaite complémentarité.

Dans notre mouvement, les femmes sont respectées et assument autant des responsabilités que les hommes. Les « lucheennes et les lucheens » contribuent au changement selon leurs compétences et leurs capacités. Entre nous, c’est la relation parfaite de complémentarité. Homme ou femme, nous avons tous une même charge: contribuer à la construction de ce Congo Nouveau. Nous sommes appelés à être ces nouveaux types de citoyens et citoyennes fronts dressés. L’essor de la démocratie dans notre pays, son développement politique, économique et culturel dépend de nous TOUS et TOUTES.

Nous sommes conscients que les stéréotypes sur les femmes sont trop nombreux

Un jeune homme qui ne respecte pas la femme reçoit une bonne leçon d’éducation en devenant militant car il se voit obligé de travailler avec des femmes sans les discriminés et est obligé de les respecter comme ses paires. »

En effet, quand on parle de changement dans le secteur de la démocratie, de liberté, de paix, etc. la première question qu’on se pose n’est pas liée aux genres et aux sexes mais c’est : Quel est mon rôle, moi M/Mlle X dans tout ça? Qu’est ce que je fais pour que ça change ? Ou encore, que puis-je faire encore? »

Nous sommes conscients que les stéréotypes sur les femmes sont trop nombreux dans nos sociétés et nous devons aussi y travailler. Les femmes qui sont engagées dans notre lutte reçoivent beaucoup de pression sociale de leurs familles, de leurs amis pour les risques de répressions que nous courront au quotidien et malheureusement, il y a aussi les pressions sociales de tous ces hommes sexistes qui n’arrêtent leurs regards que sur les différences physiques qui existe entre eux et elles.

Nous pensons que pour que la femme soit épanouie, il est indispensable que les hommes changent. En effet, le comportement des hommes peut favoriser ou défavoriser l’engagement citoyen des femmes. Les hommes doivent comprendre qu’une femme est tout aussi capable de réaliser n’importe quelle tâche qu’un autre homme. Le savoir-faire c’est une question d’éducation et d’opportunités. D’ailleurs, les femmes congolaises font preuve de beaucoup de courage malgré les traitements qu’elles subissent. Le changement que nous prônons, n’est pas seulement politique, mais il est aussi le changement des idées, des mentalités, des habitudes, et des croyances sociales.

Lors des nos rassemblements, on a l’habitude de voir une majorité d’hommes et trop peu des femmes. Mais on doit savoir que le nombre des garçons de la LUCHA est trop bas par rapport aux défis à relever et à la crise à laquelle nous répondons. Nous en appelons donc en la mobilisation de plus des hommes et des femmes. Dans notre mouvement, il y a de la place pour tout le monde.

Toi qui pense que les femmes sont inférieurs aux hommes, ouvrent tes yeux, regarde autour de toi.

Aujourd’hui, personne ne peut en douter, la femme est belle et bien le pilier de la société et son potentiel est incontestable sur tous les plans. Ici et ailleurs les femmes ont prit leur destin en main, surtout du point de vu économique. Il suffit de faire un tour dans les villes et villages de notre pays pour voir combien les femmes se débrouillent pour nourrir leurs familles et subvenir aux besoins des leurs enfants et de leurs maris. Mais, nous voulons aussi qu’elles prennent part au débat citoyen pour le développement et l’émergence du Congo fort, libre et démocratique. Toi qui pense que les femmes sont inférieurs aux hommes, ouvrent tes yeux, regarde autour de toi.

Les hommes qui nous dirigent en majorité sont-ils dignes de le faire ?

Il faut que les femmes aussi participent à l’élaboration des décisions. Nous avons un pays immense, et les challenges auxquels nous devons faire face sont autant titanesques que notre cher grand et beau pays. La patrie a besoin de tous ses enfants, de tout horizon, ceux du nord, du sud, du centre, de l’est et d’ouest.

Nous avons besoin de leur courage, de leurs idées, et de leur persévérance

Si on veut lutter contre les malentendus, les stéréotypes, la meilleure façon de le faire est d’incarner ses souhaits en ses propres actes. Quand, on souhaite changer les injustices liées au genre, on doit le prouver par nos actes : Nous devons écouter les femmes, discuter avec elles, considérer leurs points de vue et leurs avis, leurs courages et les implications dans nos projets tant personnels que collectifs.

L’histoire retiendra les efforts de ceux et celles qui mettent tout en œuvre pour rendre nos vies meilleures. Et au sein de notre mouvement, nous avons besoins des femmes conscientes et déterminées ainsi que les hommes qui ont les mêmes caractéristiques. Nous avons besoin de leur courage, de leurs idées, et surtout de leur persévérance.

La Lucha compte sur les femmes pour porter haut les couleurs de notre mouvement, et la noblesse de nos revendications.

On sait très bien comment nos sœurs, nos mères, nos tantes, et nos cousines ont souffert pendant des décennies du ravage des viols dans l’est de la RDC, et aujourd’hui encore. Alors il est plus légitime de dénoncer ces faits avec les femmes elles-mêmes. Les injustices faites en défaveur de la femme nous concernent tous. C’est une affaire des congolais et des congolaises.

rebecca32016; Rebecca Kavugho, la militante de l’année ! Fred Bauma le militant de l’année !

En janvier de chaque année, un militant et une militante reçoivent des honneurs de tous membres de notre mouvement. Cette année Rebecca Kavugho a été nominée militante de l’année. A son coté, Fred Bauma est le militant de l’année. Rebecca a reçu ce titre pour sa présence, sa disponibilité dans le mouvement, elle a contribué par ses idées, dans l’élaboration et l’accomplissement des actions. Ses actes sont reconnus comme particuliers par les autres. Fred Bauma fait preuve de force psychologique, il continue d’inspirer des jeunes à l’intérieur et à l’extérieur du mouvement.

Aujourd’hui Rebecca Kavugho, une militante de 21 ans croupis dans la prison centrale de Goma, elle est la preuve que les femmes sont courageuses et capables de changer le cours de l’histoire de notre peuple.

 

Nous invitons les femmes à nous rejoindre. Nous invitons aussi tous ces hommes qui ne croient pas en la femme de venir dans notre mouvement pour sentir la beauté de la complémentarité qui existe entre tous les militants. Nul n’est supérieur, nul n’est inférieur. Par leur courage, les femmes ont montré qu’elles ne voulaient pas être absentes sur cette belle page d’histoire qui est entrain de s’écrire avec les dignes filles et les dignes fils du Congo, et celle qui symbolise cette mobilisation et cette prise de conscience sans précédent est sans doute Rebecca Kavugho, une militante de 21 ans qui croupis dans les cellules de la prison centrale de Goma est la preuve, Prison Munzenze.

 

Les forces des uns couvrent des faiblesses des autres.

 

La lutte c’est aussi au Féminin

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