SCANDALE « PRESIDENTIEL » A GOMA :  

Olive Lembe détourne la construction de la voirie urbaine de Goma

C’est depuis plusieurs mois que les travaux de construction et d’asphaltage de la route Sake sont interrompus pour une Nième fois. Le premier lancement des travaux a été fait il y a maintenant plus de 4ans. Depuis lors, la population de Goma est déjà condamnée à inhaler des milliers des mètres cubes de poussière par jour. La ville est semblable à un grand chantier dans lequel personne n’est protégée contre les poussières, les boues, les grosses pierres, des trous et parfois même grands engins qui bloquent la route.

Après une forte pression de notre mouvement, LUCHA « Lutte pour le Changement » qui avait eu son pic en entre avril 2013 et février 2014 et avec l’implication significatives des plusieurs forces vives de la société civile ville de Goma, les travaux avaient repris et la construction des routes figurent au budget tant nationale que provinciale. Jusque là quelques 10 km ont déjà été construits sous financement national et provincial. Ce qui reste à faire est incommensurablement trop et la lenteur qui caractérise les prestations de la société Traminco alourdi les problèmes.

un des calicot, apposé au rond point signers. juin 2013
un calicot, apposé au rond point signers. juin 2013

Mais apparemment, c’est seulement la population de Goma qui vit quotidiennement ce calvaire qui a la conscience que c’est un manquement au bien commun. la Femme du président de la République, elle, voit les choses autrement, elle ne voit que le bien-être  personnel et celui de ses invités le jour de la fête de son anniversaire.

Madame Olive Lembe di Sita dicte ses règles a la société traminco et l’impose de travailler sur son avenue pour préparer le décor de son anniversaire. Sa fête est prévu pour le 19 juillet. ainsi les machines de la Traminco travaillent sur l’avenue autour de la résidence de la « première dame » située au le quartier Himbi au lieu de continuer les travaux sur la route Sake, la rue commerciale la plus importante reliant l’Est à l’Ouest, et séparant les deux grandes communes de la ville de Goma.

Révoltant ! Insultant ! Honteux ! Scandaleux ! Nous n’avons pas les mots assez justes pour exprimer ce qu’une telle chose peut inspirer chez toute personne sensée.

Quand l’intérêt général du peuple n’est plus considéré, que l’intérêt d’une seule personne prime sur celui d’un million des congolais, cela est révoltant. Surtout que ceux qui devraient le représenter sont des grands absents, des silencieux ou pire des clameurs des leurs chefs.

Notre enquête

Nous avons voulu savoir pourquoi les travaux étaient à l’arrêt depuis plusieurs mois, alors que des tas de gravier et des stères de béton y étaient entassés par la société Traminco. Notre enquête a révélé qu’en fait, la Traminco avait été en quelque sorte réquisitionnée par la famille Présidentielle pour effectuer « en toute urgence » des travaux d’asphaltage sur une ruelle devant la propriété privée de la Première Dame Mme Olive Lembe di Sita Kabila, qui doit fêter son anniversaire à Goma le 29 juillet prochain, et qui ne voudrait pas que son demi-millier de convives y arrivent par une rue banale, sans asphalte.

en plein contruction a cote de la clorture de la resdience de Olive LEMBE a Goma
en plein contruction a cote de la clorture de la resdience de Olive LEMBE a Goma

Traminco effectue ces travaux jour et nuit depuis plusieurs mois maintenant, et, comme le montre ces photos que nous avons prises discrètement le 10 et le 11 juillet 2015, les travaux semblent avancer très bien. Sauf que pendant ce temps, à Katindo, par cette saison sèche qui bat son plein, les milliers d’usagers de la route n’ont pas où mettre la tête (ni les pieds). La poussière toxique des graviers d’origine volcanique est cancérigène et mortelle, d’après les spécialistes. Mais cela apparemment n’a donné à notre Première Dame et à notre cher Gouvernement aucun scrupule.

Ceci est, ni plus ni moins, un crime contre la population de Goma. Ce n’est pas juste une faute, ou une erreur d’appréciation. Si la Première Dame veut faire asphalter toutes les rues devant leurs nombreuses propriétés, c’est son droit (et apparemment ils en ont tous les moyens). Cependant, pas de manière aussi cruelle contre la population. Ils auraient pu trouver une autre société pour le faire…

Nous exigeons ce qui suit:

– La reprise immédiate des travaux sur la route de Sake et leur conduite rapide cette fois-ci jusqu’à leur achèvement;

– Des excuses publiques de la Première Dame Mme Olive Lembe Kabila à la population de Goma pour avoir mis en avant ses intérêts privés au détriment de l’intérêt général;

– Des excuses publiques du Gouvernement Congolais à l’endroit de la population de Goma pour toutes les souffrances qu’il lui fait endurer alors que la Présidence a des moyens et fait de la pression quand il s’agit de leurs intérêts privés.

S’il y a une quelconque contre-vérité dans ce que nous disons ici, nous mettons à défi les concernés de prouver :

1. Que Traminco n’effectue pas des travaux devant la propriété privée des Kabila à Goma; 2. Que le 29 juillet ce n’est pas la fête d’anniversaire de Mme Olive Lembe à Goma; 3. Que les travaux sur la route de Sake ne sont pas à l’abandon par la Traminco qui les exécutait. (NB: La Traminco avance que l’arrêt des travaux sur la route de Sake serait dû à des pannes sur ses machines, mais cela est faux. Sinon comment expliquer qu’elle continue quand même à travailler sur l’avenue Bunagana?).

Nous reprenons le risque de dire la vérité : C’est notre devoir.

Pour le moment nous nous en tenons là. Il est presque certain que l’ANR et les services de la Présidence vont encore chercher à nuire aux militants de la Lucha, plutôt pour les concernés de reconnaître leurs fautes et de s’amender si possible. Nous prenons l’opinion publique à témoin. Nous ne nous laisserons pas intimider par quoique ce soit, parce que notre lutte pour la dignité due à notre Peuple est noble. Nous n’avons rien contre Mme Olive Lembe ou la Présidence, mais nous taire devant de telles injustices serait les cautionner.

Congolais, ensemble nous pouvons agir dans la non-violence pour que ceux qui ont la prétention de nous diriger aient du respect envers nous et envers nos droits élémentaires !

A la Lucha !

 

RDC: Une trentaine de personnalités du monde entier signent une lettre ouverte demandant la libération de deux jeunes militants détenus à Kinshasa depuis plus de trois mois

A qui de droit

Libérez Fred Bauma et Yves Makwambala.

Ne laissez pas mourir les aspirations démocratiques de la jeunesse congolaise

Le 15 mars 2015, Fred Bauma et Yves Makwambala ont été arrêtés à Kinshasa. Ils appartiennent aux mouvements citoyens La Lucha (Fred) et Filimbi (Yves). Ces deux mouvements de jeunes mettent la bonne gouvernance au centre de leur action et souhaitent conscientiser la population sur les droits et les obligations de toutes les parties concernées dans une démocratie. Ils exigent des autorités qu’elles disent ce qu’elles font et fassent ce qu’elles disent. Ils encouragent la population à exiger ses droits. Ils mettent la redevabilité au centre et ils utilisent leur propre génération comme levier : une jeunesse qui est démographiquement importante mais qui est marginalisée dans le processus démocratique.
Le crime de Fred et Yves : se réunir avec une trentaine d’activistes pro-démocratie venus de différents pays d’Afrique pour un échange d’expériences sur le thème « Jeunesse et Citoyenneté ». La réunion avait pourtant été autorisée par les services étatiques compétents et bénéficiait du soutien de l’ETATS-UNISID, l’agence de développement américaine.
Aujourd’hui, plus de trois mois plus tard, Fred et Yves sont toujours en prison. Ils ont été transférés à la prison centrale de Makala à Kinshasa début mai, après avoir passé presque deux mois au secret dans des cachots de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Durant cette période ils ne purent être visités par leurs avocats.


Leur procès s’est finalement ouvert le 26 juin. Ils sont inculpés d’appartenance à une association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux biens ; d’avoir comploté contre la vie ou contre la personne du Chef de l’Etat ; et d’avoir tenté de détruire ou de changer le régime constitutionnel, ou d’avoir incité des personnes à s’armer contre l’autorité de l’Etat. Les autorités ont aussi accusé Fred d’avoir troublé l’ordre public, et Yves d’avoir publiquement offensé le chef de l’Etat.
Fred et Yves n’ont jamais comploté contre le président en place. Ils n’ont trahi personne, et certainement pas la nation congolaise, à laquelle ils sont profondément attachés. Fred et Yves sont des jeunes congolais engagés pour une citoyenneté active. Comme nous, ils sont profondément attachés aux valeurs démocratiques. Ils symbolisent les espoirs de changement vers plus de paix, de démocratie et de développement en RDC.
A ce titre, nous, citoyens congolais et non-congolais qui tenons la démocratie en RDC au coeur, considérons leur détention comme arbitraire, injuste et indigne. Elle constitue une violation grave de la liberté d’expression, d’association et de réunion prônée par la constitution de la RDC et la déclaration universelle des droits de l’homme dont la RDC est signataire. Nous soutenons dès lors l’Assemblée nationale de la RD Congo qui, selon des membres du parlement qui ont assisté au débat sur la question, a recommandé une « solution politique » pour libérer ces deux activistes. Nous demandons ainsi que Fred et Yves soient immédiatement libérés, sous aucune condition, et qu’ils soient autorisés à continuer leurs activités civiques dans le cadre de leur mouvement respectif, sans être inquiétés.

Signataires :
1. Arnaud Zacharie, Secrétaire Général du Centre National de Coopération au Développement (CNCD-11.11.11) – Belgique
2. Bart Staes, Eurodéputé – Belgique
3. Bob Kazadi Kabamba, Professeur à l’Université de Liège (ULG) – RDCongo
4. Christiane Kayser, Consultante internationale spécialisé dans la Région des Grands Lacs – Allemagne
5. Christoph Vogel, Chercheur spécialisé dans la Région des Grands Lacs – Allemagne
6. Claudy Siar, Journaliste et panafricaniste – France
7. Clément Boursin, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, ACAT/France – France
8. David Van Reybrouck, Chercheur et écrivain, auteur du livre « Congo une Histoire » – Belgique
9. Devon Curtis, Professeur en Politique Internationale à Cambridge University – Royaume Uni
10. Dirk Van der Maelen, Parlementaire Belge – Belgique
11. Dominic Johnson, Journaliste – Allemagne
12. Elizabeth Barad, New York City Bar Association – Etats-Unis
13. Emanuela Baio Dossi, Sénatrice italienne, Membre de la Commission spéciale pour la protection et la promotion des droits de l’homme – Italie
14. Flaubert Djateng, Coordonateur de Zenü Network – Cameroun
15. Herbert Weiss, Professeur émérite à la City University of New York – Etats-Unis
16. Isabelle Durant, Députée bruxelloise – Belgique
17. Jason Stearns, Chercheur et écrivain, Directeur du Programme Oussalama – Etats-Unis
18. Jean Claude Willame, Professeur et écrivain, Spécialiste de l’Afrique centrale – Belgique
19. Juvénal Munubo Mubi, Député national RDCongo – RDCongo
20. Kris Berwouts, Consultant et analyste indépendant sur la sécurité, les conflits et la démocratie en Afrique Centrale – Belgique
21. Letieia de Torre, Parlementaire italienne, Chambre des députés – Italie
22. Mark Demesmaeker, Eurodéputé – Belgique
23. Maria Pia Garavaglia, Sénatrice italienne – Italie
24. Micheline Mwendike Kamate, Militante de la LUCHA – RDCongo
25. Muhindo Butondo Nzangi, Député National RDCongo – RDCongo
26. Mvemba Phezo Dizolele, Ecrivain, analyste sur la politique internationale et journaliste indépendant, professeur à John Hopkins University SAIS de Washington DC – RDCongo
27. Paul Higate, Professeur à Bristol University – Royaume Uni
28. Paul Kirby, Professeur à Sussex University – Royaume Uni
29. Philippe Hensmans, Directeur de Amnesty International Belgique – Belgique
30. Philippe Lamberts, Eurodéputé – Belgique
31. Sabine de Bethune, Sénatrice et ex-présidente du Sénat belge – Belgique
32. Sharath Srinivasan, Directeur du Centre de Gouvernance et de Droits de l’Homme à Cambridge University – Royaume Uni
33. Teresio Delfino, Ancien Député, Sénateur et Ministre italien – Italie

 

 

234 organisations exigent la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala

15 Juin 2015.

234 organisations (dont 14 organisations internationales et 220 organisations Congolaises) ont exigé la libération de nos camarades Fred Bauma et Yves Makwambala, celle de tous les autres activistes de la société civile et acteurs politiques détenus sans motif valable, ainsi que le respect de la liberté d’expression, d’opinion et de rassemblements pacifiques à la veille des élections.

Le 15 juin 2015 marquait 3 mois, jour pour jour, depuis que Fred et Yves ont été arrêtés et détenus d’abord au secret à l’ANR, et ensuite à la prison de Makala à Kinshasa. Samedi 13 juin, le Parlement a adopté une Résolution appelant à une « solution politique » pour leur libération pure et simple, après avoir constaté que cette affaire n’avait rien de judiciaire. Les organisateurs de l’atelier ont tous été libérés, d’autres ont dû s’exiler.

Merci à toutes ces organisations pour leur inestimable soutien. La justice doit triompher !


Lire la déclaration de ces organisations en Français ici, et en Anglais ici.